5 techniques de Macro-management : un employé gavé est un employé productif.

Bon, j’apprends ce matin même que des cadres se suicident chez les agitateurs de culture Il semble évident que dans ce monde de décadence morale due à la spéculation du truc-machin -des histoires de gros sous, vous ne comprendriez pas-, l’humain est méprisé à un point tel que la seule méthode d’encadrement envisagée par les R.H tienne en deux points :
1) La peur
2) L’infantilisation (tendance enfance battue).
A une heure ou les politique n’ont que la prodictivité durable à la bouche (en fait non : ils n’ont que les doigts d’honneurs des députés et le décompte des babouches dans les prières de rues, mais c’est pour illustrer mon propos), il convient de rappeller cette vérité première que même le proto-nazi Ford avait bien compris : un salarié moins malheureux à toute les chances de moins se suicider, voire même d’être très vaguement interssé par ce qu’il est en train de faire. La peur et l’infanti-humiliation ne conduisant qu’au suicide et à un turnover rapide de personnel incompétent n’a qu’un seul intérêt détaillé probablement en note de bas d’article*, voyons rapidement comment, dans cette purée libérale, nous pouvons parvenir à des solutions d’encadrement qui rendent le salarié heureux de venir au travail, voire, même, pourquoi pas, heureux de travailler.
Toutes ces méthodes s’inspirent librement du gavage des oies et de la gestion des mécontentements sous l’Empire Romain.

1) Le Food-Management

Offrez de la bouffe aux encadrés. Tout le temps. Du sucre, de préférence, ou des galettes de riz/des graines de tournesol, pour les diabétiques/obèses/hippies. La nourriture, ça empêche de penser. Penser rend malheureux. La perspective de recevoir une bonne dose de galette de riz (c’est presque aussi addictif que le sucre) à la prochaine réunion de travail, voilà qui motive son homme à marcher d’un bon pas le matin. Toute bonne action mérite un croissant. Toute action négative mérite un panais.
Phrase magique : « comme nos résultats sont en baisse, la direction a du remplacer le café gourmand quotidien par du brouet ». Demandez vous ce qui fidélisera le plus le salarié avec son environnement de travail. La crème brûlée (même leader-price, même pas cher, même tiède, c’est le côté addictif du sucre/sel qui compte), ou la menace d’un licenciement et de hurlements.

2) Le Flibuste-Management

Cet homme (femme ?) méprisable porte une mulette, mais ne nous focalisons pas là-dessus, retenons surtout qu’il est malheureux au travail. Les entreprises sont assurées contre le vol, ne l’oublions jamais. Plutôt que de surfliquer des employés malingres parce qu’ils emportent par devers eux leur lot de trombones au domicile branlant de leur vie médiocre, organisez la fraude. Agréez tacitement avec la direction sur une somme annuelle dévouée au pillage discret de l’armoire à fourniture (voire des rayonnages), et, sans faire savoir à vos employés que c’est un plan organisé, laissez-leur entendre que prendre un stylo par jour, ce n’est pas grave, et que se mettre sous le manteau tel ou tel produit périmé la veille et destiné à la poubelle n’est un crime que si on s’y penche de trop près. Usez de la complicité des vigiles pour ne pas harceler le petit personnel. La diminution de la quantité de choses jetées sans raison et la baisse de la vraie fraude (pas besoin de la pratiquer quand on ne risque rien à piller légalement), associée à la hausse du BEB (Bonheur des Employés Brut) devrait complètement compenser les deniers investis.

3 – Le random-management

Faites n’importe quoi, sans raison -mais jamais rien de méchant- en laissant traîner les objectifs réels à portée d’yeux. En pratique, abandonnez complètement tous les employés à eux mêmes pendant que vous faites ledit n’importe quoi (rangement aléatoire de rayons, programmation de réunions sans y inviter personne, séminaires sur des sujets sans rapport avec votre domaine…). Le bonheur d’avoir la paix, couplé à l’impression que pour que tout continue comme ça, il faut que rien ne change -et donc ne pas attirer l’attention- tout le monde essayera d’accomplir les objectifs souhaités.

4) Le No-Management

Variante plus stoïque du précédent. Ne faites rien, ne dites rien, n’agissez que quand vous êtes forcé. Laissez la boîte tourner en n’expédiant que les affaires courantes. Pourquoi pas ? La Belgique fonctionne depuis un an comme ça. Le changement peut tout autant apporter la croissance que l’échec. Dans la plupart des cas, tout fonctionne très bien tout seul si tout le monde fait le minimum vital. De toutes façons, on va tous crever en 2019. Si tout commence à aller mal pour une raison x ou y (un retournement du marché dans votre branche d’activité étant le plus probable, mais rassurez vous, ça arrive moins souvent qu’on veut vos le faire croire), utilisez brièvement une des autres méthodes jusqu’à ce que ça se tasse. Si ça ne se tasse pas, dans le cas improbable ou on vous mettrait en cause, dites que vos employés font du travail formidable, que vous avez fait votre possible mais que « la direction manquait de statégie prospective, ce qui nous a paralysé ». Insistez sur le fait que « votre branche n’a jamais fait de remous », et serrez les fesses, ça passe ou ça casse, mais soyons raisonnables: dans la plupart des cas, le marché aura complètement eu le temps de se re-retourner.

5) Le Heel/Face Turn Management

Agissez de manière horrible pendant un moment, comme si vous étiez un mélange de Galactus et de Morgoth. Quand vous sentez que ça c ommence à sentir la déprime ultime, devenez progerssivement de plus en plus gentil, et ajoutez petit à petit certaines pratiques issues des méthodes précédentes. Tout le monde aime Végéta parce qu’il est devenu gentil, pas parce qu’il voulait détruire la Terre. Soyez le Végéta des open space. Attendez que l’érosion naturelle de la force de travail (mutations, démissions, promotions, décès…) ait suffisament changé votre équipe et recommencez. Tout le monde sera constamment heureux des progrès que vous manifestez pour que le management de l’entreprise devienne plus humain chaque jour.

Le Hooker-Management a été coupé au montage, mais c’est parce qu’il faut d’abord que je prépare les esprits en expliquant pourquoi je pense qu’il est absolument vital de procéder à la nationalisation de la prostitution.

* On pense à tort qu’on peut faire faire n’importe quoi à des salariés précaires et à des stagiaires. C’est vraiment, mais alors vraiment sous-estimer la capacité de l’individu moyen à se dire que, bon boulot ou pas, ça aura une influence sur son embauche finale.

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