Atelier Macramé : Eternal Banlieue

Y’a-t-il comme le prétend la pensée dominante d’extrême-droite un problème avec la banlieue en France, et, n’ayons pas peur des mots, un souci structurel avec les noirs et les arabes ? Je me pose la question parce que j’ai récemment vu fleurir des trucs de ce genre, tellement 19è siècle, sur FB, tellement 21è, constatant une nouvelle fois la déchéance de la pensée politique des gens de ma génération, incapable de comprendre que l’agorisme est la seule forme de libéralisme qui vaille la peine (parce qu’au moins elle est drôle). N’oublions pas que le racisme est une pensée libérale en diable, mais ce n’est pas honteux, ton corps change. Mais je m’égare.

Oublions l’extrême-droite et laissons la croupir au pouvoir. Penchons nous sur la pensée de gauche. On a dit et répété cent fois, mille fois, partout, sur tous les tons, juste histoire de ne pas en discuter que non, il n’y avait aucun problème, qu’on avait fait des MJC, et que de supers groupes de slam émergeaient dans les salles de quartier, et que les émeutes de 2005 n’étaient qu’une révolte sociale, et que de toutes façons, les Grands Frères allaient faire la police, et puis maintenant on peut entrer à HEC avec de mauvaises notes* et j’en passe. Je dirais que, pour nier le problème des banlieues, si l’extrême-droite au pouvoir a décidé que « c’est parce que c’est des noirs et des arabes, d’ailleurs on va réduire le nombre de chinois en erasmus pour régler le problème » alors que la gauche a décidé de courir avec les bras écartés en hurlant « Lalala je veux pas en parler on construira des MJC ». Aucune des deux attitudes ne me convient particulièrement.
A l’évidence, dire qu’il y a un problème de délinquance/sécurité en banlieue parce que ses habitants sont majoritairement pas blanc pose un tas de problème, puisque ça consiste à laisser cramer un plat et à accuser les aliments d’être mauvais de nature. Or, que je sache, les noirs et les arabes ne sont pas des panais. Ne nous concentrons que sur les arabes, d’ailleurs, parce que les noirs, avec nos confettis d’Empire, on en a plein depuis longtemps, avant les Lorrains, même, c’est dire. D’où viennent les arabes ?
1) D’arabie ma bonne dame, certes.
2) Des vagues d’immigration (très inférieures en nombre aux italiens et aux polonais sans parler de ces bons vieux portugais, mais ça se voit un peu plus) des années 60-70 en grosse partie.
Ensuite, qu’a-t-on fait des arabes ?
1) Rien.
Voilà. Bon, j’imagine que le dernier des racistes en conviendra : un HLM c’est moche, et être balayeur de nuit pour la mairie, c’est pas cool. Si les arabes étaient génétiquement, morphologiquement ou structurellement destinés à salir des HLM et à retourner des hamburgers en vendant des téléphones pendant que leur père tient une épicerie de nuit, personne n’irait faire de tourisme en Tunisie ou en Egypte. Ils n’auraient ni journaux, ni télévision, ni littérature, ni musique folk, ni comiques drôlatiques, ni révolutions, ni sites internet. Ils se contenteraient d’entasser des pierres pour faire des immeubles en tournant dans la cage d’escalier en disant « salu mademoiselle tavu ? ». Sauf que globalement, c’est ce qui arrive à un individu baignant abandonné dans un jus urbain, un milieu endogame, des écoles moches, des parents parfois analphabètes pas pris en charge, un chômage de masse organisé et j’en passe, grosso-modo un problème qu’on pourrait résumer à « Oh ben restez pauvres, moi ça m’en touche une sans faire bouger l’autre ». Ce n’est pas un problème de mélanine, ça serait tellement simple que la solution aurait été médicalement prophétisée par Mickael Jackson. Les mêmes causes causant les mêmes effets, je vous invite à aller voir dans les quartiers à la ramasse de Boulogne-sur-Mer, qui possèdent à peu près la même configuration mais avec plein de blancs. Même causes, mêmes effets, des mecs à casquette qui réparent des scooters pourris au bas des immeubles. D’accord, au lieu de « salu mademoiselle tavu », ils disent « sôlu môzelle tovu », mais ne débattons pas ici patois.
Je me suis follement égaré. Résumons : bien qu’il qu’il y a un problème avec les enfants d’immigrés, dans les mêmes conditions, vous auriez eu le même problème. Ce n’est pas un problème de multiculturalisme, le multiculturalisme ayant été combattu avec force par la structure urbaine de l’immigration d’Etat. Certes, on est un des pays avec le plus de métis (j’aime bien les métis, c’est un peu comme des bisexuels ethniques, ils peuvent troller tellement facilement tout le monde), mais globalement, dans le prolétariat en haillon, il ne se passe pas grand chose qui rappelle même de loin un modèle multiculturel.
La corrélation entre ethnie et délinquance est un raccourci tellement idiot, qui procède tellement peu de la pensée et qui évacue si bien toute donnée socio-économique qu’elle ne peut être décemment proférée par quelqu’un ayant un niveau supérieur à la maternelle.

Alors, la délinquance des banlieusards, ça vient d’où ?
De la pauvreté, mais pas seulement. Le problème est qu’il y a un vide d’Etat. J’ai vécu en banlieue, et grosso-modo le vide d’Etat, tu le sens dans chaque fibre de ton être. Pas de flics locaux (juste des types à la con envoyé se faire chier à faire chier dans un département qui est pas le leur), politique culturelle pensée uniquement pour les plus pauvres (Yo va faire un atelier graffiti !) ou les plus riches (« moi j’habitait ici avant les bicots alors j’organise un club d’opéra-bridge si je veux -et on était pas si mal que ça en 40-« ), et des bâtiments municipaux tout dégueux.
Or, que se passe-t-il quand on laisse un tel milieu se gérer comme il peut pendant deux-trois générations ? Ca génère deux types d’individus : ceux que ça fait paniquer et qui en font quinze fois plus que les autres pour aller à la Fac et entrer dans l’ascenceur social au pied de biche s’il le faut, et ceux qui n’ont pas cette énergie et qui restent sur place à attendre que le vide se remplit.
Et le vide se remplit. Je ne vais pas parler d’une chose aussi folklorique que la religion, le fondamentalisme n’étant qu’un effet de bord de la frustration, mais bien des médias. Soyons sérieux : dans une société ou l’Etat aurait pris en charge ses habitants les plus indigents, aurait-on vu apparaître quelque chose d’aussi affreux que Skyrock ? Que la TNT ? Que le R’n’B ? Ou que le fait de porter ses chaussettes au dessus de son jogging ? Toutes ces choses s’adressent aux pauvres, elles sont formatées pour leur faire acheter des choses, aux pauvres. Prenons l’exemple du rap.
Le Rap, y’a pas à chier, c’est bien. Y’a des dizaines et des dizaines de groupes de rap vraiment super, et faudrait avoir de la merde entre les oreilles pour les mettre dans le même panier que Booba… Comme les médias mainstream ont institutionnalisé la merde entre les oreilles, que s’est-il passé avec le rap ? De mauvais rappeurs, imitant de mauvais rappeurs américains ont francisé de mauvais textes et des valeurs complètement étrangères à notre société,et ont été déversée comme des camions poubelles dans les oreilles de la jeunesse de banlieue, ce qui n’aurait posé aucun problème si quelqu’un, dans leur éducation défaillante, leur avait fait remarquer que ce n’est pas en devenant Sexxion d’Assaut qu’on arrive à quelque chose dans la vie.
Le cheminement est simple : je suis un analphabète, j’écoute du rap pour analphabète, personne ne me prévient que je suis un analphabète qui écoute des trucs d’analphabète, et vingt ans plus tard je suis un demeuré qui hante les halls d’immeuble en agressant des petites vieilles en demandant du respect, comme si on pouvait avoir du respect pour un pauvre au XXI siècle.

La vraie question est « comment éviter ça » ? Non, parce qu’en laissant les médias continuer à éduquer les populations issues de l’immigration**, non seulement ils vont continuer à se paupériser intellectuellement et physiquement, mais en plus leur seul objectif dans la vie sera de passer dans relooking extrême ou une connerie comme ça.

En France, on a pas de pétrole, mais on a des vieux. PLEIN. A ne plus savoir qu’en faire, à part leur distribuer vaccins contre la grippe et des brumisateurs quand il fait chaud. C’est pourquoi il faut d’urgence engager le Grand Plan Macramé Pour les Banlieues !

De quoi s’agit-il ? Grosso modo, de compléter les structures tenues par des éducateurs fauchés par des GIGASTRUCTURES tenues par de VIEILLES PERSONNE. Le vieux a divers avantages :
1) Il coûte rien.
2) Il y en a plein.
3) Il ne se lasse jamais.
Mon projet est d’inonder les banlieues de vieux travailleurs sociaux, et de rendre obligatoire et impératif le programme suivant pour toute personne déscolarisée -dès le plus jeune âge- et/ou ayant de mauvaises notes. A chaque heure du calendrier, le jeune de banlieue aura le choix, s’il le souhaite, dae retourner à l’école. Si ses notes tombent sous les 10/20 sans motif apparent (stupidité, hndicap…), deux semaines obligatoires de Plan Macramé dans un CVAPBM (Centre pour Vieillards Attaché au Plan Banlieue Macramé), surveillé par des policiers municipaux.

8h00 : Le jeune arrive dans le centre. Petit déjeuner en écoutant des disques de Didier Barbelivien, Frédéric François et C. Jérôme.
9H00 : Séries policières allemandes avec commentaires à voix haute. Peut-être alterné avec des séries françaises (rien issu de canal plus, uniquement du France 3)
10h00 : Atelier Rami et petits chevaux.
11h00 : Atelier Macramé.
12h00 : Repas composé de légumes d’autrefois et de viande beaucoup trop cuite.
13H00 : Atelier souvenir, ou un vieillard raconte pendant une heure l’histoire d’une photo dans un album perso.
14h00 : Musique Classique et Valses.
15h00 : Sieste devant un programme de type Toute une Histoire dont le son est bloqué très haut.
16H00 : sortie au rayon gros caractères de la Bibliothèque Municipale.
17h00 : Deux heures de lecture. La Bibliothèque du centre possède des bandes dessinées, mais uniquement des éditions d’avant 1960. Les jours de fête, la lecture peut se faire en musique, voire même avec du rock ou du Twist (Dick Rivers…)
A partir de 18h30 : un buffet avec de la soupe a volonté ouvre.
19h00 : le jeune de banlieue peut rentrer chez lui.

Les CVAPBM, présente dans toutes les ZUP, seraient obligatoires pour tout jeune déscolarisé et/ou a problème de 6 ans à 18 ans, et serait la garantie de générer par tombereaux, au lieu de rappeurs à casquettes, deux types d’individus :
1) Ceux qui auront tout fait pour y échapper, y compris en utilisant un pied de biche pour forcer l’entrée de l’ascenseur social, même si le passage dans les CVAPBM aura laissé quelques traces étranges


2) Ceux qui, comme avec le rap commercial à la con, se seront laissé absorber par l’ambiance dans laquelle ils auront baigné pendant douze ans. Car, après douze ans à passer six jours sur sept dans un CVAPBM, Atmen le rebelle à casquette fan du 113 ressemble à n’importe lequel de ces messieurs dames.


Ce qui m’amène au seul problème de ce plan génial : le financement d’un grand plan de dépendance pour les jeunes de banlieue dès 5 ou 6 ans après la mise en place du bouzin. Mais faut savoir ce qu’on veut. La paix dans les banlieues, ou bien ?

DES SOLUTIONS, Y’EN A. DONC BON.

* De toutes façons, le commerce ne nécessite aucune forme particulière de culture ou d’intelligence.
** Derrière la « liberté individuelle de chacun » c’est plus ou moins le projet global de la droite. Si t’es pauvre et con c’est ta faute, regardez ma bonne dame ils sont pauvres et cons, on va vous en débarrasser, etc.

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9 réflexions sur “Atelier Macramé : Eternal Banlieue

  1. L’impression subsiste, en vous lisant, d’un nihilisme pur, d’un matérialisme cynique. Cette omniprésence de la dérision, cet usage répété, jusqu’à l’écoeurement, de l’absurde et de l’inepte, sans autre objet que de défendre l’ordre actuel (sans le dire ouvertement, ohla !). C’est là toute la bourgeoisie de votre discours, si satisfait, si content, et pourtant si nul et stérile.

    Pff, je retourne à mes lectures obsolètes, à mes MMO et à ma pensée d’ancien régime. Et pourvu que la mort se hâte. Ce monde m’emmerde mortellement. JE SUIS UN TRISOMIQUE NAIN QUI MANGE SON CACA.

    1. a la place tu pourrais nous parler de l’actualite en Norvege, je suis sur que ton point de vue (bien que fictif) serait tout a fait interessant

        1. Le bonhomme en question est un con. Quand on est en désaccord radical avec le monde, trois solutions s’offre à vous : devenir un psychopathe ; devenir un saint ; se suicider. Il a choisi la première solution, dans l’illusion que ça changerai quelque chose. Une mentalité pardonnable pour un lycéen, mais risible chez un homme de 30 ans.
          Alors que n’importe quel véhicule essence, minus son pot catalytique, devient une excellente barque pour traverser le styx et en finir une bonne fois. Au final, c’est le chemin le plus rapide vers la fin des conneries.

  2. Bonne analyse camarade (bon pour la solution, y ab peut-être moyen d’opposer un ou deux cotre-arguments, mais ce serait juste pour alimenter le débat).

    Sinon, je suis ravi de te retrouver sur la toile (j’avais raté ton retour le mois dernier).

    Longue vie au Dentikistan…

    1. All hail Dentikitned !

      Oui, je traîne moins sur les forums ou tout ces machins depuis que j’ai une vie sexuelle, mais je suis toujours là, quelque part, sur un blog ou un autre à répondre à de gentils trolls.

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