That’s Cunning : Grimaces, Fouilles Rectales et Explosions de Magie Scientifique.

C’est bon ? La gauche est passée ? On peut recommencer à parler de films qu’on a pas payé mais que pour sûr avec la riposte graduée on aurait acheté à 79€ sur TF1 Vision quand ils l’auront mis en ligne en 2061 ?

Bien. Je le dis et je l’assume bien fort : je crois bien que That’s Cunning.avi était la copie de sauvegarde d’un fichier que je n’ai jamais eu. En même temps, je ne suis pas persuadé qu’il faut aider certains ayants droit à persister dans l’erreur.

Ta gueule moutte.

Alors, pour évacuer assez brièvement le contexte du film, ça date de 1996, quasiment comme le groupe de rap, et le principal intérêt du machin était de réunir le mec de TOKIO et Namie Amuro. Pour ceux qui ont la flemme de cliquer, et tout, disons que c’est comme si Shy’m et Christophe Mae étaient réunis à l’écran, et pour l’anecdote, Namie Amuro n’a plus jamais rejoué dans aucun film après celui-ci, et pourtant elle était loin d’être la plus mauvaise du casting. Atroce quand même, mais pas la pire.

That’s Cunning, c’est le croisement absolument improbable d’une comédie de type Max Pecas avec une comédie scolaire japonaise et une touche de La colline aux coquelicots. En gros, dans une fac de chimie quelconque, une bande de tricheurs essayent de faire virer un prof sadique et pervers qui veut raser leur dortoir. Au programme : de l’homo-érotisme, des explosions de tubes à essai et des blagues à base de disquettes et de lasers, avec un jeu d’acteur tout en retenue.

Le méchant, dont la capacité à froncer les sourcils dépasse l’entendement.

Ne nous attardons pas sur les méandres du scenario, tellement convenu qu’il semble avoir été écrit par la ligue internationale du manque de rebondissement, et disons le tout net, ce qui fait de That’s Cunning un film absolument mémorable, c’est avant tout son incroyable galerie de mauvais acteurs. Namie Amuro, comme je le disais, n’est pas la pire, mais elle se contente la plupart du temps d’être plantée comme une grue et de sourire bêtement. Dommage qu’en 1996, la chirurgie plastique ne soit pas encore passé par là, disons le tout net, Namie Amuro avait de base le charisme d’une huître morte. A ses côtés, on a donc un héros issu d’un boys band avec systématiquement son pantalon remonté jusqu’au dessus du nombril avec la chemise enfoncée dedans : c’était ça être beau en 1996 (soirée disco, tout ça).

LA PERPLEXITER
安室奈美恵
Pour info : Namie Amuro après 15 ans de bistouri. Different sort of no want. Amusant : à comparer avec la tronche qu’elle avait au début des années 2000, seule moment de sa vie ou, ni boutonneuse ni refaite à mort, elle a été jolie.
Un pote du héros dont la passion est de se muscler, puis de se montrer nu. C’est drolatique.
Les héros sont gratinés, mais les utilités ne manquent pas de piquant.
Le vieux cabotin qui tient le dortoir Sigma, acteur en roue libre absolue extrêmement impressionnant dans sa capacité à faire absolument n’importe quoi.
SAPERLIPOPETTE

Le second point à relever dans That’s Cunning, outre ce côté « les charlots font la Physique-Chimie » C’est l’incroyable manque d’ambition des gags. L’almanach Vermot et les Blagues Carambar unis dans la douleur vous présentent leur rejeton handicapé. Ici, tout est prétexte à la blague pas drôle, essentiellement à base de « LOL TOUT FAIT PENSER A DU SEXE ». Un prof se penche en avant : un plan de dix secondes sur lui en train de baver sur les jambes d’une fille. Un scientifique regarde un ruban de Möbius : mdrrr c’est la même forme qu’un soutif. Le même scientifique forme des lettres avec des cheerleaders (c’est compliqué) : haha, on voit leurs jupes. Sinon, on a droit à une bonne dose bien gratinée de scientifique fous, d’explosions de tubes à essai et de gags basés sur la tricherie aux examens, j’y reviens dans un instant. Le tout baigne dans une atmosphère assez malsaine à force de cheap et de blagues dont on sent qu’elles ont été bricolées sur un coin de table deux secondes avant le tournage.

DES OS QUI BOUGENT TOUT SEUL ! HAHAHA ! A noter que les deux-trois occurences de scènes impliquant de la voyance et des éléments fantastiques ne sont pas du tout exploitées dans l’intrigue, bien que présentée de manière ultra importante au début. C’est pas grave, hein, ça sent juste le truc qu’ils ont oublié de réutiliser.
Vous aviez l’impression que ce plan ne pouvait exister que dans une mauvaise BD. A noter que la scène suivante les dépeint tout nus en train de se battre dans l’eau du bain dont vient de sortir Namie Amuro pour boire sa sueur et son « lait de vierge » pendant que le vieux crie « LAVEZ VOUS LE CUL ».
Au gag « le jetpack décolle et explose » succède bien évidemment le gag du mec couvert de plâtres des pieds à la tête (et qui peut planquer une caméra dans ses bandages, hohoho).
Comment des blagues basées sur du GHB pourraient-elles ne pas être drôle ?

Dans le même ordre d’idée, on retiendra au crédit du film les scènes de triche aux exams de chimie, supposées être le coeur du film. Absolument rien n’est épargné au spectateur : antisèches dans les dreadlocks, codées en nano-caractères dans du vernis à ongles, envoyées sur des ballons collés aux fenêtres, écrites sur le dos et les fesses d’un culturiste, sujets d’exams transmis par une caméra intégrée dans un plâtre… Les personnages se font transmettre les réponses aux questions par des oreillettes très bruyantes et très voyantes, à tel point qu’on finit par se demander si les surveillants sont handicapés mentaux ou simplement aveugles. De plus, absolument TOUTES les techniques de triche du film sont beaucoup plus difficiles à mettre en place que ne serait difficile l’apprentissage des cours pour avoir les examens les doigts dans le nez (tous les sujets semblent comporter deux ou trois questions au max…)

REFOUS AU MOINS TES CHEVEUX PAR DESSUS !
Loucher sur un costume où sont écrite en illusion d’optique les formules de l’examen. Si j’étais les gens qui ont fait That’s Cunning, je ferais le procès du siècle pour plagiat à Prison Break.
La triche aux exams pour les nuls.

Avant d’aborder le dernier point fort, le petit plus qui fait de That’s cunning un grand nanar de choix, signalons quand même que, l’argent n’ayant pas d’odeur, le film bénéficie de quelques placements de produits assez énormes, dont divers plans fixes de plusieurs secondes sur des écrans Sony, ou encore Bande originale d’un quelconque jeu Battletech de plusieurs dizaines de secondes, avec un plan du méchant en train d’y jouer pendant des plombes (dont 5 secondes de gros plan sur le jeu).

Sans doute Mechwarriors 2 ? Si un spécialiste veut corriger….

Bon. C’est très bien tout ça, mais ou est le petit plus ? Tu avais dit qu’il y aurait un petit plus, Robotnik. Le petit plus de That’s Cunning, c’est sa présentation absolument ringarde et cliché du monde de la science.
A chaque instant, une éprouvette fume remplie d’un liquide fluo. Partout, des scientifiques ébouriffés, des hackers jonglant entre quatre écrans, des jetpacks bricolés avec trois boulons et un bout de scotch, des formules absolument délirantes écrites partout et dans n’importe quel ordre, un fusil laser à disquettes pour écrire des formules sur les murs.
Et puis, pour être parfaitement ringard, il faut des explosions. Or, dans la science de That’s Cunning, TOUT EXPLOSE. La chimie consiste littéralement à mettre des liquides les uns dans les autres pour tout faire péter. Et bien sûr, on confie les solutions les plus dangereuses à des étudiants de première année. Et on laisse ça traîner sur le rebord des tables. TOUT DOIT EXPLOSER. TOUT DOIT ETRE FLUO, FAIRE DE LA FUMEE, FAIRE DES LASERS ! LES ORDINATEURS FONT DES BIP BIP A CHAQUE FOIS QU’ON APPUIE SUR LE CLAVIER. PUTAIN OUAIS.

L’acteur qui joue le vieux scientifique joue particulièrement mal, surtout quand on lui fait tirer la langue (REFERENCE SUBTILE)
Le hacking : des fenêtres qui apparaissent à toute vitesse sur fond de sphères rouges qui tournent.
ATOM III, l’avenir de la science en collaboration avec le cuistot du coin.
LA SCIENCE CA EXPLOSE, PUTAIN OUAIS
Un bon liquide chimique fume, est fluo, et explose à la fin.
Mon préféré : le fusil laser à disquettes 3.5″ pour écrire en direct sur les murs.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur That’s Cunning, qui ne manque pas de petits détails croustillants (diverses blagues sur le caca, scène « érotiques » à base de secrétaire salopes et de grimaces de scientifiques puceaux, apparition d’un varan auquel un des personnages roule des pelles, faux raccords, incohérences et erreurs de montage en folie…). Le côté effroyablement décousu de la réalisation, qui ne souhaitait manifestement qu’enchaîner les gags sans le moindre souci d’en faire un ensemble cohérent rend That’s Cunning quand même un poil long, mais en se permettant quelques avances rapides sur l’histoire d’amour entre Namie Amuro et le mec de Tokio, qui sont sans doute les moment les plus inintéressants du film (mais soyons justes, il y en a vraiment très peu). Par contre, il faut quand même savoir être un chouilla réceptif aux nanars japonais pour passer un bon moment devant ce machin.

Parce que bon, quand même, c’est pas très bien.

Dans une coquille de noix.
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2 réflexions sur “That’s Cunning : Grimaces, Fouilles Rectales et Explosions de Magie Scientifique.

  1. A lire ta description, les clichés sur la science et la technologie ça ressemblerait presque à un Parker Lewis à la japonaise… mais j’avoue que le peu de production nippone des années 90 que j’ai vue était particulièrement gratinée.

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