Tokyo Gore Police, le film avec des piñatas sanglantes. ARTICLE NSFW.

Tout est dans le titre.

Je dois dire que je ne suis pas un fan absolu des films gore. J’adore les films d’horreur, mais le gore pour le gore, ça ne m’a jamais amusé plus que ça. Sauf, bien entendu, quand il s’agit d’un nanar japonais cheap en diable avec des mannequins en mousse qui pissent des dizaines de litres de sang.

Pour le synopsis, faisons vite (de toutes façons, il doit y avoir moins de 50 lignes de dialogue pour tout le film) : Dans un Tokyo décadent et futuriste (comprenez : cagoules en cuir et punks qui mangent des insectes dans le métro) où la police a été privatisée, des monstres répugnants et hybrides, les « ingénieurs » sèment la terreur. Ruka, une bombasse qui se bat au katana, est chargée de BLA BLA BLA on s’en fout. Tout ceci n’est qu’un prétexte à montrer de la boucherie-charcuterie de mauvais goût sous toutes les coutures. Du scenar, une seule chose à retenir : à part Ruka, tout le monde est très méchant, et le boss final est bien sur le chef de la police qui veut en fait dominer le monde.

La Tokyo-Police. Manifestement, dans le futur, le carton-pâte a remplacé pas mal d’autres matériaux.

Tout au long des 110 minutes que dure ce film, je me suis demandé si j’avais à faire à un nanar volontaire. Il y a tellement de trucs absolument déments de connerie géniale dans TGP que ça ne peut pas avoir été tourné au simple premier degré. Pourtant, de nombreuses scènes du film semblent quand même habitées par un esprit de sérieux assez perturbant. Disons qu’il faut aborder le visionnage de TGP avec un esprit assez complice vis-à-vis du réalisateur qui a manifestement essayé de combler un manque de moyen évident par, disons, une audace visuelle toute japonaise.

Se propulser en utilisant un bazooka. Ça semble une tellement bonne idée.

Tourné comme un jeu de combat (l’essentiel du film se compose de one vs one entre Ruka et diverses saloperies), TGP est un film qui aligne un roster de créatures grotesques et essentiellement composées de milliers de litres de sang. A défaut d’être bien fait, le gore est extrêmement abondant. Centaines de litres de sang par membre coupé, acide projeté par les nichons, pénis arrachés, cerveaux à l’air, le tout servi par une galerie improbable de figurants monstrueux tout en grimaces et en hurlements bestiaux (à ce propos, la Version Anglaise du film mériterait une fiche de tout ce qu’il ne faut pas faire à distribuer à tous les acteurs du monde). Le film en rajoute tellement dans le registre montagne de tripes, de boyaux et de bile déversés dans tous les sens qu’il en devient presque tout public : la violence des combats est souvent complètement masquée par les flaques de sirop de grenadine qui recouvrent l’objectif de la caméra.
Bien entendu, tout ceci est servi avec un bon goût extrême à base de pénis et de boobs à tous les étages. J’y reviens de suite.

Le Cours Florent n’a qu’à bien se tenir !
Punk’s not dead, mais il vieillit, quand même.
Le chef de la police, qui passe le film à hurler avec la bouche en cul de poule « tuez les tous ! ». A peu près une seconde après son apparition, on comprend que c’est le boss final.
Youhooo !
Durée moyenne d’un saignement-tuyaux d’arrosage à chaque membre coupé : vingt bonnes secondes. De quoi faire un plein de bagnole.

Le film est particulièrement généreux dans tout ce qui a trait au sexe, avec une absence de retenue qui laisse dubitatif quand au fait que le film soit une coproduction avec les USA et qu’il ait été plutôt bien reçu au pays des Mormons Bientôt Présidents. terre de contraste, tout ça.
Bien que très très fauché, le réalisateur a choisi de mettre le paquet sur les scènes « érotiques » (ajoutez autant de guillemets que vous voulez), avec notamment la scène centrale du film se déroulant dans un bordel décadent (au motif qu’un des monstres est un tueur de putes, bon, c’est léger, mais franchement on s’en fout complètement), ou la quasi intégralité du budget costume à du être englouti. Au passage, quand on veut bien montrer qu’un endroit est décadent, des chapeaux-penis sont toujours une bonne idée, de même qu’un siège-humain-vagin-éjaculant.

Moncostumedemariage.jpg
Woooops On ne peut pas montrer ça sur un blog chrétien !
Où es ton Dieu, maintenant, Vagina Dentata ?
Les filles veulent juste avoir de l’amusement.
It’s like saying hello in Japan.

Je n’arrête pas de souligner le côté cheap du film (que vous aurez deviné face à ces captures perturbantes…). Il transparait à chaque seconde dans divers aspect de la réalisation : le très très peu d’acteurs mobilisés, y compris dans les scènes de foule filmées à hauteur de trou de nez, la réutilisation permanente des mêmes plans, les ralentis interminables et pas franchement esthétiques sur des bouts de trucs tranchés et saignants, et surtout, surtout, un festival permanents de mannequins en mousse et en carton : toutes les mutilations sont l’occasion d’un défilé de piñatas grotesques explosant à tout va, de doigts de mannequins de magasins à peine maquillés volant dans tous les sens, de peaux en tissus filmé en si gros plan qu’on voir presque l’étiquette « synthétique » dessus. Comme l’essentiel du film est consacrée à des démembrements sous toutes les coutures, c’est quand même un peu voyant, à terme. Surtout que la première image du film est celle d’une tête très manifestement en papier rempli de peinture rouge avec un pétard pour faire illusion. On sait que la suite sera un délice. Mention spéciale à la scène d’écartèlement avec des voitures, un modèle du genre dont le réalisateur tient absolument à zoomer/rediffuser chaque détail trois ou quatre fois.

Ne faites pas ça chez vous.
« oui, c’était moi le mec avec un cerveau en plastique collé sur la tête dans Tokyo Gore Police »
C’est tellement réaliste que je me suis demandé s’ils n’avaient pas tué un vrai épouvantail.

Et puis, si vous vous demandez qui a bien pu investir dans un tel projet, j’en profite, outre un LOL JAPAN pour signaler le placement de produit sans vergogne omniprésent dans la moitié des plans du film. Je n’avais pas vu aussi voyant depuis Minority Report, je crois. Ce qui est très perturbant, c’est que ça ne fait pas une super publicité aux marques concernées. Je suis ravi de savoir que les enfants meurtriers des rues de Tokyo portent des sweats Puma quand ils massacrent des forcenés, mais ça ne me donne pas spécialement envie d’en porter un. Sans doute un truc de neuromarketing. Ils savent que je sais qu’ils savent que je sais, tout ça tout ça. Ça n’en reste pas moins un des aspects les plus divertissants du film, et ça permet de savoir que dans le Tokyo-Post-Apo-Décadent, il y aura toujours des MacDo partout.

La patrouille nocturne de Ruka : un bon moyen d’avoir de longs plans sur des panneaux publicitaires.
Il doit y avoir des petits plaisantins chez les marketteux de Puma.
HUM C’EST BIEN SUBARU A SA SES UNE BONNE MARQUE DE VEHICULE AH OUI SES SURE.

Bon. Dit comme ça, je sais que le film ne fait pas très envie, mais au final, il n’est pas si mauvais que ça. Comme je le disais, il y a un côté nanar assumé qui, parfois, permet de passer outre le côté complètement foireux de l’ensemble. Déjà, si le casting est essentiellement composé d’affreux cabotins, on signalera quand même que Ruka est jouée par Eihi Shiina, celle qui jouait la tueuse dans l’excellent Audition de Miike. Je ne sais pas si Shiina est capable de jouer autre chose qu’une vierge immobile, silencieuse et potentiellement dangereuse, mais dans ce rôle précis, sa beauté glaciale et la relative retenue de son jeu font plutôt honneur au cinéma (contrairement au monstre-pénis).
Ensuite, le film ne manquent pas d’humour et de folie douce à la japonaise qu’on aurait eu du mal à trouver dans un nanar occidental. fausses publicités insérées entre les plans, eyecatch balancé sans raison au milieu du film, apparition d’un démon-nain quasiment sorti de nulle part, scène de flash-back raconté en kamishibai ou encore scène de génocide avec décor en estampe. Bien sûr, tout ceci est globalement très mal fait, mais on sent que le réalisateur n’est pas un tocard complet, et qu’il a quand même, au final, pris le parti d’en rire au moins un petit peu. Quelques captures, et on passe au trois trucs qui sont quand même absolument INDISPENSABLES dans Tokyo Gore Police.

Scène d’anniversaire complètement WTF.
La fliquette qui fait les briefings et qui fait des danses lascives pendant les massacres. Banal, mais toujours marrant.
Les fausses pubs pour des katanas de seppuku ou des cutters-kawaii pour se scarifier sont marrantes.
Nain.
C’est marrant d’ailleurs, a un moment donné, le film suggère que les ingénieurs ont été créé génétiquement, avant de balancer qu’ils ont été créés par ce nain des enfers. Enfin bref, on s’en fout.
Un film avec de vraies bonnes idées. Mais sans l’argent du beurre, manifestement.

Il y a trois moments absolument indispensables qui font de Tokyo Gore Police un film résolument différent des autres. Pas franchement en bien, d’ailleurs, mais quand même, dans les trois cas, il fallait oser.

1) La scène du Fist-Gun.

C’est un canon. Qui tire des poings. C’EST-UN-CANON. QUI-TIRE-DES-POINGS.
Scène qui donne d’ailleurs lieu à l’effet spécial le plus raté que j’ai eu l’occasion d’admirer, et pourtant j’ai vu Avatar The Last Airbender. Si vous ne devez voir qu’une scène de Tokyo Gore Police, voire qu’une scène de série Z dans votre vie, c’est résolument celle-ci.

Ça a presque l’air bien fait, hein ?

2) LA SCENE RACISTE

Oui, parce que qui dit Police Privée, dit travailleurs étrangers. Et on sait tous que le Japonais est ouvert, tolérant et avare de clichés sur les étrangers. ce qui nous donne une scène absolument incroyable qu’on aurait pu croire issue du cerveau torturé de Pierce Hawthorne ou un soldat Chinois cruel et ce qui semble être un Africain stupide discutent devant un tas de cadavres de citoyens Japonais.

Je ne saurais pas dire à combien de lois morales ou civiles contrevient cette image, mais sans doute plus que j’ai de doigts.
Monsieur Popo à côté c’est la mascotte de SOS Racisme.

3) Et je finirais là-dessus : LE BLOODY-JET PACK

Il arrive à voler et à s’orienter comme ça pendant plusieurs minutes. Voilà ce qui fait du Japon un pays supérieur : personne ailleurs n’aurait pu avoir la même idée, convaincre un producteur de la mettre dans un film, et en faire la quasi scène finale.

Si y’en a qui veulent des spoilers sur la fin du film : à la fin, Ruka tue tous les méchants, et y’a un clifhanger à la con avec le chef des Ingénieurs qui en fait n’était pas mort et « More Gore Coming Soon« 

Yaaay.
Publicités

2 réflexions sur “Tokyo Gore Police, le film avec des piñatas sanglantes. ARTICLE NSFW.

  1. Il est génialement bordélique ce film.
    Mais par contre vire ton image de fin, ça ne se spoil pas un truc pareil.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s