El Monstro del Mar – ou Comment les Aussies ont appris à aimer les films de merde et à s’en foutre.

Ahh l’Australie. Source inépuisable de lulz sur les animaux tueurs, le racisme et le résultat de l’expérience malheureuse de milliers d’anglais consanguins laissés à eux-même pendant trois siècles. J’avoue que la fascination des jeunes occidentaux pour cet affreux bouts de désert rempli de barbecues et de surfeurs bas-du-front m’a toujours plongé dans une certaine forme de perplexité. J’ai un peu de mal à quantifier l’apport des Aussies à l’Humanité, à part Crocodile Dundee, Mad Max, ACDC, Nathalie Imbruglia, Tame Impala, The John Butthurt Trio, le Diable de Tasmanie, les Koalas, Julia Gillard, l’art aborigène, le Temps du Rêve, la culture Surf, l’Opéra de Sydney, Harley Coeurs à Vif, Mark Atkins, Nick Cave, INXS et l’IDH le plus élevé après la Norvège. Ok, d’accord, ça fait PAS MAL DE TRUCS. Mais quand même, l’Autralie, quoi.
En tout cas, El Monstro Del Mar ne sera malheureusement pas à ajouter à cette liste, ce qui confirme, sur un échantillon statistique certes faible, ma tendance à ne pas être complètement emballé par le film de genre australien contemporain. Même si y’a des exceptions.

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Pourtant, tout ne partait pas si mal. Le pitch de départ possède même un semblant d’originalité. Sur une autoroute déserte quelque part dans le Bush, trois pseudo Suicide-Girls, braqueuses et meurtrières assassinent sauvagement des pervers de passage, avant de leur voler leur voiture et d’aller faire une virée dans un cabanon au bord de la plage, sur une côte isolée et abandonnée fréquentée par quelques pêcheurs consanguins. Là, elles font la rencontre d’une jeune fille timide et d’un vieillard sénile qui leur défend de s’approcher de la plage, sans leur en dire beaucoup plus. Nos trois rebelles rockabillo-pouffes n’écoutant qu’elles-même, elles se baigneront quand même dans les eaux turbides, après une fête mélangeant homo-érotisme lesbien, alcool et coke…

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« Je ne suis pas consanguin, j’ai un problème de glandes »

Et, curieusement, malgré ce pitch assez hasardeux, les 40 premières minutes de ce film fonctionnent plutôt bien. Les actrices, que le réalisateur filme sous toutes les coutures avec une certaine frénésie masturbatoire, ne s’en sortent pas trop mal. La bande son, mêlant de la soul rauque et du rockabilly cradingue, est à la hauteur. L’ambiance mi gore, mi consanguine de ce coin perdu au fin fond de ce grand pays vide distille une ambiance juste assez étrange pour intriguer le spectateur, au milieu de cet océan de bière et de mort que constitue les vacances sanglantes de Snowball, Blondie et Beretta. Vu la brièveté du métrage (1H12 au compteur) on finit par se dire qu’on tient peut-être quelque chose de pas si mal. Et puis soudain, El Monstro Del Mar.

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« Je suis un gant en forme de merde qui flotte, mais ayez l’amabilité de suspendre votre incroyance »

Sans entrer dans le détails des (mine de rien assez nombreuses) subplots du film, en gros, dès le lendemain matin de leur baignade en bikini (d’ailleurs, rendons hommage au réalisateur qui, s’il multiplie les pantyshots, évite tout plan nichon et toute scène lesbienne gratuite au film), tout le monde aux alentours commence à se faire bouffer par EL MONSTRO DEL MAR (pourquoi en Espagnol ? On ne le saura jamais). Et, de la même manière que le réalisateur a passé 40 minutes à filmer les bouches, les décolletés et les slips de ses héroïnes, il va passer les 40 suivantes à filmer une sorte de merde géante ornée de tentacules qui sont si manifestement des mains dans des gants recouverts de peinture marron que ça en devient franchement hilarant.

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One pound sausage, very very cheap

Dès lors, tout n’est plus que prétexte à voir cet étron marin bouffer des têtes en carton pâte, à étaler du sirop de glucose sur des filles en maillot de bain, et à voir nos naïades planter des couteaux Suisses dans de la mortadelle moisie filmée en gros plan. La scène finale, montrant le monstre au complet en train de s’accoupler à la maison ou sont réfugiées les héroïnes, et un déluge tourbillonnant de tentacules en mousse, de raccords-foireux, et d’acteurs agitant des couteaux dans le vide, avec le même air incrédule que le Bela Lugosi de Tim Burton en train de lutter avec son poulpe en papier-mâché.

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honk honk honk !

C’est d’autant plus dommage que si le monstre n’avait pas été montré du tout, on aurait tenu là, sinon un excellent film, au moins un machin qui tenait à peu près la route. Le casting, massivement composé d’amateurs complets, et le Cv peu flatteur du réalisateur auraient pu se paver d’une petite pelloche pas déshonorante, voire même d’un thriller honnête dont il serait au moins resté la bonne volonté, et une bande son aussi aguicheuse que ses amazones tatouées. Ceci dit, rien que pour cet accent désespérément attardé qu’ont les australiens, le film reste un chef d’œuvre de comique involontaire à voir en famille, et, encore une fois, un assez bel hommage peut-être sincère à l’alt-porn lesbien (pas sûr pour le travail).

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