Ça a l’air nul #3 : Minamoto-Kun Monogatari

(article NSFW, toute plainte à faire suivre au Service Juridique de Falcam Inc., éditions du Potch au 2 rue de ta soeur à Palikir, Micronésie).

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Globalement : c’est chargé.

 

C’est quoi ?

Un manga érotique, première œuvre d’une jeune mangaka, où il est question d’inceste et de littérature médiévale. On est cependant loin de la couche moite des Lannisters. Je suis tombé dessus parce qu’il était en très très nette première position sur un site de scantrad. Et je me suis dit que ça avait l’air nul.

J'ai 29 ans et que'est-ce que c'est
J’ai 29 ans et que’est-ce que c’est

 

De quoi ça parle ?

 

Terumi, un jeune homme androgyne (pas dans le sens Square Enix du terme, dans le sens où il a un visage si passe-partout qu’on ne devine pas son sexe), est puceau. Il rentre à la fac, hébergé chez sa tante, une prof de littérature perverse. En échange d’un hébergement gratuit, il va devoir promettre à sa tante de se taper sa cousine, et treize autres nanas, pour faire une sorte de reconstitutions moderne du Gengi Monogatari (une sorte de dating sim psychologique du Xiè siècle).

 

Normalement, j'ai choisi les images pour que vous vous sentiez de mieux en mieux au fur et à mesure de l'article. Je vous regarde la nuit.
Normalement, j’ai choisi les images pour que vous vous sentiez de mieux en mieux au fur et à mesure de l’article. Je vous regarde la nuit.

Le reste de l’intrigue, comportant actuellement environ 120 chapitres, est essentiellement constitué de flirt incestueux, de culottes, de quiproquos à la Max Pecas, et de références assez obscures (et supposons-le assez lointaines) à la littérature médiévale japonaise. Mais surtout, des culottes. Dans tous leurs états. Sèches, mouillées, portées, pliées, rangées, dérangées, propres, sales. Je dois préciser par souci désarmant d’objectivité que je n’ai pas lu l’intégralité des chapitres.

L’ambiance générale, comique dans les premiers chapitres, vire assez rapidement dans le bizarre et le dérangeant. Terumi, jeune homme frêle et inexpérimenté, se révèle être assez vite être un analrapist en puissance, doublé d’une chiffe molle qui l’empêche heureusement de défoncer tout ce qui passe. Ce qui semble plutôt être quelque chose de positif pour la mangaka, qui a l’air de considérer que les agressions sexuelles sont un peu comme se faire la bise au Japon : tout le monde le fait avec tout le monde par vague convention sociale.

Ce n'est pas sexiste, car ça a été écrit par une femme, comme quand Spike Lee dit "nègre".
Ce n’est pas sexiste, car ça a été écrit par une femme, comme quand Spike Lee dit « nègre ».

Voguant plutôt d’échecs en échecs, Terumi verra en général une compensation en la personne de sa tante perverse et manipulatrice qui la laissera le tripoter allègrement sur cinq, six pages. Il y a aussi des histoires de travestissements étranges, une cosplayeuse perverse, une approximation globale de tous les personnages sur l’anatomie humaine, et des réactions absolument incongrues à toute forme de préliminaire (un mordillage d’oreille = un gémissement sur une pleine page). Et une meuf amoureuse de son père qui hurle « PAPA, PAPA » en faisant l’amour. C’est à peu près là que je me suis avoué vaincu et que j’ai lâché l’affaire (50 chapitres, sachant que les chapitres font 7 à 10 pages et qu’une page est en général pleine d’onomatopées).

 

Christine_Boutin_sextape.avi
Christine_Boutin_sextape.avi

Ca donne assez peu envie de se plonger à corps perdu dans le Dit de Genji. A peine plus dans le domaine complexe et subtil de l’inceste japonais .

Mais alors est-ce qu’il y a quelque chose à sauver ?

Il faut être absolument honnête. Si j’ai poussé sur une cinquantaine de chapitres, ce n’est pas tant parce que j’aime le ecchi (vu que là, c’est assez mal dessiné et perturbant pour faire débander un bonobo priapique nourri à la soupe de Viagra) que parce que la mangaka qui a commis cette chose a quand même un style assez fluide et franchement haletant. Comme je l’ai déjà mentionné, les chapitres font 7 à 10 pages et arrivent malgré tout à systématiquement se finir sur un cliffhanger, parfois assez surprenant. C’est assez bien foutu et assez addictif, du moins un petit moment. Les situations scabreuses et l’ambiance dérangeante montent petit à petit, et on se prend à tourner les pages pour savoir si oui ou non, il va enfin réussi à foutre son machin dans le crotteux de sa tata.

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A vrai dire, je ne sais pas si c’est illégal ou non, et je ne veux pas le savoir. Si mes cousines me lisent, je vous aime bien, hein, mais on va en rester aux réunions de familles.

Je dirais que le seul truc qui a fini par me faire lâcher, c’est la récurrence pénible du schéma Rencontre – Excitation – Coïtus Interruptus. Terumi, il est bien sympa, mais il se trouve toujours un truc débile de dernière seconde qui l’empêche de tremper sa nouille. Ce qui n’est sans doute pas plus mal, vu le nombre de lois qu’il enfreint pour y parvenir, et le nombre de maladies génétiques potentielles que générerait le fruit de toutes ces amours. Ceci dit, peut-être que dans les 14 meufs, certaines ne font pas directement partie de son arbre généalogique / ne cherchent pas à se taper leur père. Ou son père. Ou son chien.

Les gens n'ont aucune forme d'ambition.
Les gens n’ont aucune forme d’ambition.

Alors, est-ce que c’est nul ?

Oui, c’est nul. Prenant, mais nul. Tout fonctionne sur le fait qu’il y ait un rebondissement toutes les deux pages et sur un rythme effréné. A part ça, le dessin est passablement approximatif, l’action est assez répétitive et  putain, ça m’a foutu tellement, tellement mal à l’aise. En général, je ne suis pas le plus prude ou le plus coincé d’une assemblée moyenne. Minamoto-Kun Monogatari m’a donné la furieuse impression d’être le lecteur le plus coincé du monde. Parce que j’avais un mal fou à accrocher au délire de la nana qui dit qu’elle hurle le nom de son père en baisant un type qu’elle considère comme son animal de compagnie.

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Les personnages ont entre 20 et 25 ans. Et la nana est supposée être une énorme lectrice de bouquin pornos. J’imagine que c’est comme si je lisais toute la journée des équations à douze entrées, et qu’on m’expliquait brutalement les additions.

La lecture de ce manga est assez loin d’être indispensable, parce que c’est nul, mais c’est néanmoins une curiosité dans le bizarre et le gênant qui devrait plaire aux plus dérangés d’entre vous.
Maintenant, j’aimerais avoir votre réponse argumentée à cette question : est-ce que ce manga, reflet manifeste des fantasmes complexes de son auteur (féminin) est un exutoire sexuel, un hommage à la littérature médiévale, ou un bastion en construction de la rape culture, et, le cas échéant, est-ce que c’est moins grave si ça reste dans la famille ? Vous pouvez fixer l’image suivante en rédigeant votre réponse.

Voilà quelques cases de l'arc narratif qui m'a fait lâcher la lecture (après environ 45 minutes de lecture. Oui, ça se lit très vite).
Voilà quelques cases de l’arc narratif qui m’a fait lâcher la lecture (après environ 45 minutes de lecture. Oui, ça se lit très vite).

Vous avez une réponse ? Parce que moi, je laisse le débat aux historiens.
Enfin, de toutes façons, les relations décrites dans ce manga sont globalement moins complexes que dans la vraie vie. C’est toujours ça.

Muh Waifuh
Muh Waifuh
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