Ça a l’air nul #4 : Iron Doors

Un film allemand, avec un type qui crie, et plein de béton.
Un film allemand, avec un type qui crie, et plein de béton.

C’est quoi ?

Un film d’enfermement allemand sorti assez opportunément à peu près en même temps que Buried. Deux acteurs au casting : un tâcheron de la télé allemande, et une actrice complètement inconnue (et pour cause, nous apprend IMBD, elle n’est pas actrice, mais scénariste et réalisatrice.)

De quoi ça parle ?

J'aimerais que cette image ne résume pas l'essentiel du film. Mais bon.
J’aimerais que cette image ne résume pas l’essentiel du film. Mais bon.

Un allemand se réveille dans une pièce en béton, avec un rat crevé, rien à manger et quasiment rien à sa disposition pour s’en sortir. Après avoir crié cent millions d’insultes improbables, mangé des asticots, creusé un trou dans un mur, bu son pipi et sniffé de l’oxygène, et beaucoup parlé tout seul pour expliquer l’histoire au spectateur, il se retrouve dans une autre pièce en Béton. Zero Escape sans la théorie des jeux, Cube sans maths et sans petit autiste bizarre, Saw sans tueur fou.

Bien sûr, notre cher protagoniste à la con, sorte de David Tennant en version ultra laide, va faire la rencontre d’une autre survivante. Problème : il lui a fallu moins de 24H pour devenir complètement maboule (déjà qu’il était super relou dans les 20 première minutes du film).

Le reste consiste en un défilé assez sous-intense de tout ce que tu peux imaginer d’un film ou des gens sont enfermés : faire caca dans les coins, résoudre des énigmes pas très intéressantes, boire du pipi, s’entretuer, etc., prononcer des phrases qui explique l’intrigue au spectateur les plus cons.

Tout ceci est bercé par une espère de techno/drone sinistre ponctuée de gros bruits de cor pendant les moments les plus angoissants. Le reste de la réalisation n’est pas très inspiré non plus, mais ce n’est pas très grave, il ne faut pas être particulièrement génial pour filmer deux débiles dans des cubes en béton.

Mais alors est-ce qu’il y a quelque chose à sauver ?

Il y a de vrais moments marrants. Involontaires.
Il y a de vrais moments marrants. Involontaires.

Iron Doors est un mauvais film, mais qui ne manque pas de quelques bonnes idées, même si certaines sont probablement involontaires. La fin est tellement, tellement conne, qu’elle ne peut qu’arracher un rire au spectateur.
Bien sûr, je ne vous la révélerais pas, sinon vous n’auriez pas le plaisir de découvrir que les deux personnages découvrent après avoir forniqué (oui parce que pour ouvrir les portes, il faut soit défoncer le mur, soit faire un moonwalk, soit baiser) ont été enfermés par Dieu et qu’ils sont en fait Adam et Eve et…. Enfin bref, je ne m’attendais absolument pas à éclater de rire. Pour le coup, c’est vraiment, vraiment surprenant.

Pour le reste, y’a pas mal de petits trucs sympatoches : un film vraiment basé sur les conséquences de l’enfermement (se parler tout seul en buvant son pipi) plutôt que sur le gore, ce n’est pas complètement idiot. Le fait que les personnages n’arrivent pas à communiquer autrement que par les gestes et la musique est pas complètement absurde non plus (avec des gros symboles débiles comme « utilisons ensemble ce gros burin pour enfoncer ce trou afin d’atteindre l’extase »).

Alors, est-ce que c’est nul ?

On a bu notre pipi, mangé des vers et cassé des murs à mains nues. On baise ?
On a bu notre pipi, mangé des vers et cassé des murs à mains nues. On baise ?

Oui, c’est nul. Pas le truc le plus nul du monde (et ça a le mérite de ne durer qu’une heure et quart), mais ça vole vraiment pas bien haut. Déjà, il y a le problème d’un filon du thriller d’enfermement tellement usé jusqu’à la corde que ça en devient ridicule. DES GENS DANS UNE PIECE QUI SOUFFRENT. Tout synopsis pouvant se résumer à ça devrait subir un moratoire de 5 ans. Comme le Found Footage. Comme la Shaky Cam. Comme les affiches Teal and Orange. Comme les adaptations de BD ou de Livre pour enfants des années 60.

Si j’ai cité Cube, Saw ou la série Zero Escape, c’est a dessein : ces œuvres prenaient le partie d’un postulat d’enfermement pour raconter autre chose que leur propre résumé. Cube parlait de la différence de perception, Saw de la violence psychologique, et Zero Escape de heu… Des meufs congelées confrontées au dilemme du prisonnier dans un sous marin qui envoie des messages dans le futur pour que des gens puissent résoudre des énigmes dans le désert en 2027 en se faisant insulter par un robot lapin pour se venger de quatre pharmaciens fous membres d’une secte apocalyptique qui étudie la télépathie chez les jumeaux.

Or, Iron Doors, si on omet son twist final absolument débile, ne raconte hélas rien d’autre que ça : un type enfermé, qui boit son pipi. Et je ne suis pas encore assez Hikkikomori pour m’identifier à ce type.

 

Si vous voulez, vous pouvez me suggérer des trucs qui ont l’air nul. J’aime bien utiliser cette matrice d’article.

 

Publicités

4 réflexions sur “Ça a l’air nul #4 : Iron Doors

  1. [i] »This is the kind of Pollyanna crap that annoys me about some libertarians (nsaeomcraliets or whatever MM’s fans call themselves this week are close enough). You’re neglecting a significant segment of the population – the unwillingly indigent. Take, for example, just about anyone in a long-term care facility, or the mentally ill, just to name a few. From an economic point of view they are no better than healthy young men who refuse to work, and a manager looking to cut costs would treat them the same way. »[/i]Their relatives, churches, other charities, or the circus would see to the care of such people.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s