Averelle à la porte de Baldur #1

Ok. Vous me connaissez, je suis avide d’expériences diverses. Alors le jour ou j’ai découvert que quelqu’un avait fait ça, j’ai été hanté par le besoin impérieux de réaliser quelque chose de similaire. C’était à peu près au moment ou sortaient les « éditions augmentées » de Baldur’s gate I et II, que je boycotte très volontiers dans la mesure ou il ne s’agit que de patcher un vanilla de 1998 avec des graphismes HD. Ce que les mods font très bien depuis 2000 ou 2001.

Baldur’s Gate1 et 2, je les connais à peu près par coeur. Je les ai finis un paquet de fois, avec plein de classes de persos, avec pas mal de mods, en divers modes de difficulté, je connais les putains de doublages français par cœur, et mon record est une sauvegarde a plus de 250 heures, quand la « Baldur’s Gate Trilogy » (les deux jeux + deux extensions fusionnés) est devenu à peu près stable.

Alors voilà. Nous allons, ensemble, tenter l’expérience suivante : BALDUR’S FUCKING TRILOGY. Mais pas une pauvre trilogie à la Vanille que tout le monde peut se faire, parce que le jeu devient tellement plus simple quand tu as récupéré l’anneau caché au Brasamical et que tu as une armure d’Ankheg et que tu sais que tu peux noyer Sarevok sous des centaines de squelettes. J’avoue que je suis plus très motivé pour m’échapper du donjon d’Irénicus, je sais très bien ou sont tous les pièges, ce qu’il faut dire à ce Djinn à la con, etc etc. Mais c’est comme pour la bagatelle, tu crois que t’en as fait le tour, et des gens se mettent à fabriquer des objets qui renouvellent l’expérience (comparaison non contractuelle).

Nous allons, ensemble jouer à Baldur’s Gate. Avec des mods. Des mods graphiques. Des mods de règles. Des mégamods. Des quêtes. Des NPC. Des mods d’objets. Des mods de difficulté. Des mods français, anglais, italiens, espagnols, polonais. 133 mods.  Dont des méga-mods.

J’aurais considéré comme une victoire le simple fait de réussir à lancer une telle partie sans que mon ordinateur explose. Je comptais beaucoup sur le fait que les jeux aient quand même pris 15 ans dans le nez (oui, vous êtes vieux) et sur le fait que d’autres autistes débiles génies se soient penchés sur la question avant moi.

 

L'install m'a occupé environ dix heures (rassurez-vous, je faisais autre chose en même temps)
L’install m’a occupé environ dix heures (rassurez-vous, je faisais autre chose en même temps)

Après une première tentative ou j’ai lamentablement perdu la face en me heurtant à un conflit entre deux mods graphiques, j’ai réussi à lancer une partie, équivalant à un grand saut dans l’inconnu. En effet, si j’ai une idée assez claire du contenu de la plupart des mods « célèbres » de Baldur’s Gate (Darkest Day, Check The Bodies…), ils ne représentent qu’une toute petite fraction de ce que j’ai choisi d’installer, en partant du principe que tout serait installé à l’aveugle : le seul critère est qu’il n’y ait pas d’incompatibilité connue. J’ai donc passé une dizaine d’heure à n’avoir aucune foutue idée du résultat final. Je savais juste au nom des mods et à certains bouts d’installation qu’il allait y avoir de la romance, des travestis, des changements de règles nombreux et contradictoires dans les combats, et probablement plus de personnages recrutables que de Vampires dans les rues d’Athkatla la nuit.

Je vous propose donc de découvrir à peu près en même temps que moi cette méga-install de Baldur’s Gate, EXTREMELY ENHANCED EDITION.

01

Le meilleur moment dans tout jeu de rôle est bien entendu celui ou on commence à remplir sa fiche de personnage. Tellement de possibilités ! Tellement de potentiel ! Le Ciel (et le livre des règles) et les limite. Baldur’s Gate permettait déjà un sacré paquet de trucs en la matière. Ceux qui savent connaissent la différence entre un sorcier et un mage et l’impact au long cours sur le gameplay. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de jouer à Baldur’s Gate, il n’y en a que des plus simples que d’autres. La trame principale, riche comme peu le sont en fantasy contemporaine, est au service de ce que le joueur veut faire de son avatar. Et malgré tout, au bout d’un moment, on commence à savoir quel personnage on veut jouer. Quel style d’enfant de Bhaal adopter, en somme. (oui bon forcément, on va spoiler…)

Eh bien moi qui pensais avoir des repaires assis sur quinze années de créations de gugusses nourris aux mamelles du père Gorion, j’étais loin du compte.

Et il y en avait au moins 70 autres.
Et il y en avait au moins 70 autres.

What de Fuck. Boucannier ? Scalde ? MESSIE ?  Le nombre de classes est tellement énorme. Il contient de véritables pépites, allant du personnage manifestement injouable au truc tellement pété de puissance que c’est comme balancer Sangoku à Poudlard. Entre les deux, tout un tas de professions qui semblent sorties d’un classeur de centre d’orientation. Gangster, enquêteur, apiculteur magique, tout ce que la culture asiatique à pu produire comme synonyme de ninja et samouraï, et j’en passe.
Comme l’ennemi naturel de tout aventurier de niveau 1 est incontestablement le rat et que c’est relativement raccord avec le setting initial du jeu, je choisis d’incarner une « Tueuse de Vermine », avec de gros bonus pour tuer des bestioles et la perspective de récupérer assez vite une compétence d’invocation de trucs dégueux.

Si, si, c’est raccord avec le setting du jeu. Qu’est-ce que vous croyez qu’il fout de ses journées, l’enfant adoptif de Gorion ? Du touche-pipi avec Imoen dans les bottes de foin ? Comme le signale ce nain près de la porte Est, vous êtes un putain de tueur de rats.

DUH
DUH

Pas vraiment besoin de rayonner d’intelligence pour travailler chez Vamonos Pest, alors ma chasseuse se retrouve avec un score de 5 dans cette compétence. J’ai eu la flemme de lui mettre un portrait personnalisé, mais j’ai compensé en rendant hommage au Dalton préféré des enfants. Avrelle la tueuse de vermine. Elle est forte. Elle est furtive. Sa sagesse est renommée. Mais elle ne peut probablement pas battre un élève de CM1 à un quizz de culture générale. Le genre à finir à Secret Story.

Bon, qu’à cela ne tienne. C’est sans doute pas le personnage le plus original du monde, mais je devrais au moins survivre jusqu’aux mines de Nashkell. Si par inadvertance je n’ai pas installé un mod qui rend le jeu huit fois plus dur. C’est parti. Château-Suif, Gorion, partir en urgence cette nuit, blablabla.

4
BONJOUR MON ENFANT ON CONTINUE LA LECON

Alors déjà, c’est beau. Baldur’s Gate en 1920×1080 avec des mods d’interface qui vont bien, ça envoie une partie de la concurrence se rhabiller, même avec 16 ans d’âge. Le jeu aurait une étiquette « indé » qu’il pourrait encore ressortir comme ça et se manger plein de prix à l’IGF. Passons, on est pas la pour mater les petit chanteur d’Alaundo mais pour aller faire des quêtes-fedex à la con pour tous les couillons qui ont perdu des objets dans le Château.

La première étape est simple : on rentre dans l’auberge, on va récupérer la quête du mec qui a paumé son parchemin et on… Pourquoi un chien est-il en train de me parler ? Pourquoi il se met à me suivre ? POURQUOI MON PERSONNAGE A UN PUTAIN DE CHIEN ? Ah, c’est un loup. Bon, même. Pourquoi ? Parce que ? Bon, ok.

Je n'ai pas le choix du nom du clebs, mais j'aurais bien choisi "Lady". Wink wink.
Je n’ai pas le choix du nom du clebs, mais j’aurais bien choisi « Lady ». Wink wink.

Le loup à l’air de marcher comme une invoc permanente. Je sais pas trop si on peut le ramener s’il crève. En attendant, il vit sa vie, il me bloque dans les portes. On rigole bien. Par contre, deux coups de bâton et il s’étale, mort. C’est chiant. Au début, je recharge mes sauvegardes, mais assez vite, je commence à me dire que je ne ferais pas ça pendant 300 heures… Désolé, mais je me vois mal emporter mon canigou dans la crypte de la reine des vampires…

D’autres trucs ne sont pas exactement pareil. Bonne idée : tous les NPC ou presque ont des portraits. C’est presque comme jouer à Suikoden, j’approuve. Autre bonne idée (à première vue) : l’idem randomizer. A part les objets de quête, tout a été redispatché dans les tiroirs, coffres, etc. Du coup, j’ai tout un monde de cambriole à redécouvrir. Ca aidera à supporter cette chère Imoen un peu plus longtemps, j’imagine. Après tout ceci, je commence à me promener en ville. Seul vrai bémol technique : ça lague un peu. Mais bon, rien de méchant jusque là. Je me fais les premières étapes habituelles : le livre de machin, l’épée de truc, la maison avec un débile qui attaque au couteau, le temple d’Oghma… Tout semble normal. Bon, à part la présence de ces divers sables japonais dans les tiroirs d’une table de chevet.

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Je croise ce fameux nain qui me donne la quête d’extermination des rats. Eh, ne suis-donc pas Avrelle Ratkiller ?

A peine ai-je passé la porte de l’entrepôt infesté de rats que je me souviens que je n’ai pas fait de quicksave. En voyant un anglophone sinistre fondre sur moi et m’agresser au milieu d’une grosse tempête de rats qui me bloquent le passage et font oeuvre de distraction sur mon loup de compagnie, je réalise bien vite que je vais devoir partager une relation privilégiée avec ma touche Q, une autre avec ma capacité à fuir, et une dernière avec l’écran de mort de Game Over.

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Heureusement que ce sale connard est un hikkikomori incapable de sortir de sa grange.

Avec humilité, je reviens massacrer cet importun un peu plus lourdement équipé. Et le combat est néanmoins assez épique. Je crois qu’on ne s’achemine pas vers une partie de plaisir. Après avoir commencé à appliquer des consignes de prudence, me voilà parti voir Gorion, avec l’inévitable passage par la case Imoen, ornée de son portrait de BG2 mais de sa voix de BG1, ce qui ne va pas sans être assez perturbant.

Vis a vis de Gorion, mis à part qu’il a un avatar qui évoque vaguement le Père Noël, tout se passe parfaitement normalement, blablabla, emballez vos affaires, car nous devons aller nous cacher dans la forêt pour une raison mystérieuse etc. Sauf qu’au moment d’y aller, j’ai quand même droit à une petite surprise.

Je considère que ça fait partie du canon des Royaumes Oubliés.
Je considère que ça fait partie du canon des Royaumes Oubliés.

Le premier bug sérieux du jeu s’ensuit, avec tout le combat contre Sarevok qui est passé en accéléré. La mort de Gorion acquiert brutalement un petit côté Benny Hill inattendu, renforcé par les piaillements d’Imoen le lendemain. Mais bon, bon gré mal gré, me voilà orpheline, sur les routes, avec pour tout bagage un loup un peu limité, une voleuse pénible et mes compétences de dératiseuse.

Plus qu’à commencer à explorer un peu. Surtout en essayant d’oublier que je suis brutalement assailli par… La musique de la Comté ? Putain, c’est comme si je jouais à un jeu Star Wars en écoutant la musique de Star Trek. Mais bon, faisons abstraction et… Non, c’est dur de faire abstraction, quand même.

9

Je croise un gros bonhomme qui me renseigne sur la route à suivre dans une série de dialogues ou Imoen me semble beaucoup plus impliquée qu’à l’accoutumée. C’est plutôt fun, ça rend le jeu beaucoup plus vivant. En espérant que ça ne soit pas de l’esbroufe et que ça continue comme ça assez longtemps !

Pas très loin après, je remporte un combat contre un grouilleux malade : je suis dans mes marques. Tout semble à peu près en place au moins sur la première carte explorable…

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Sérieusement, il faut saluer les mods de dialogue qui apportent pas mal de trucs, avec une trad bien troussée. Oui bon sauf les réponses d’Avrelle, en l’occurence. Mais j’avais dit qu’elle était con.

Gaillard, je décide d’explorer un peu plus vite. Je tombe rapidement sur un petit loup noir. Aucun problème, ça sera réglé en deux coups de cuiller à…. OH PUTAIN MAIS CE LOUP EST HORRIBLE IL A DEFONCE MON EQUIPE EN DEUX SECONDES.

Oui, donc, il y a bien un mod pour rendre les combats plus difficiles.
Oui, donc, il y a bien un mod pour rendre les combats plus difficiles.

Ce n’est pas illogique : deux frêles paysannes de Château-Suif contre un loup enragé, ça ne pouvait pas bien finir. Je crois qu’il va falloir apprendre à définir des zones à éviter. Le chemin vers le bras-amical est encore long, si vous voulez mon avis. Ganbatte, Avrelle !

(je ne suis pas sûr de la périodicité de cette websérie, on verra comme ça avance).

 

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