The Jerk, aka NOT FORREST GUMP

Bonjour, j’ai été malade, remerciez mon organisme incapable de gérer les insectes tropicaux du 41, alors voilà, une semaine sans rien écrire, tant pis, j’espère que vous survivâtes. Dans mes rares moments de lucidité, j’ai quand même regardé par erreur un film que je pensais être du génial Rob Reiner mais qui s’est avéré être un film de son père, Carl Reiner. Wat.

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Comédie culte (seulement aux US, cherchez pas) de la fin des années 70, The Jerk raconte l’histoire d’un handicapé mental léger du fin fond des Etats-Unis qui va s’engager dans un voyage assez comique sur les routes US et vivre tout un tas d’aventure puis devenir immensément riche, oui, je sais, vous avez déjà vu ce film, sauf que dans celui-ci il n’y a pas Elvis, et que la meuf du mec ne meurt pas à la fin, et que le placement de produit se focalise plutôt sur des marques d’huile oubliées des années 70 que sur des gros plan sur le logo d’Apple.

Steve Martin qui a du naître avec les cheveux blancs découvre avec stupeur qu'il a été adopté, lol.
Steve Martin qui a du naître avec les cheveux blancs découvre avec stupeur qu’il a été adopté, lol.

The Jerk, c’est Steve Martin (oui oui, le mec de la Panthère Rose, de Treize à la Douzaine, tout ça) qui avait déjà une tête de vieux bizarre à l’époque. A l’époque, Martin est une star du stand-up mais n’a pas encore trouvé le grand rôle qui va le faire passer au cinéma. C’est ce film qui va lancer sa carrière, et pas la lancer n’importe comment : réalisé avec trois bouts de ficelle et 4 millions de dollars, The Jerk va être un triomphe et rapporter vingt fois la mise aux producteurs.

Dans les moments très réussis du film : ceux ou les personnages interprètent eu-même la bande-son
Dans les moments très réussis du film : ceux ou les personnages interprètent eux-même la bande-son

C’est un peu curieux, à posteriori, tant le film n’est en fait pas si drôle que ça, même replacé dans le contexte des années 70 finissantes, mélangeant crise, parenthèse enchantée, quelque part entre le règne du politically correct et du début du trash punk. Certains gags étaient peut-être assez novateurs pour l’époque (haha un viol inversé, haha ce mec n’avait pas compris qu’il était adopté alors que toute sa famille est noire), mais l’ensemble baigne dans une lenteur et une poussivité étrange. Presque sans bande son, largement composé de plans de Steve Martin en train de faire des grimaces, The Jerk n’est pas un spectacle désagréable, mais plutôt empreint d’une sorte de langueur, d’un rythme lent et désuet (pas aidé par une réalisation grise et terme qui évoque plus les années 60 que la décennie fluo eighties à venir). Ainsi, un plan sur trois gangsters en train de fumer un joint peut constituer un gag de plus d’une minute (alors que les années psychédéliques sont déjà du passé et que les films de Cheech et Chong cartonnent dans l’Underground). Reste quelques répliques de Martin qui font mouche (« I don’t like to play the blues because those songs make me sad »), quelques gags visuels qui marchent bien, et quelques moments plus transgressifs qui secouent un peu la rétine (le type qui va tirer sur des gens au hasard pris dans l’annuaire, séquence malsaine et surréaliste)

Hahaha un viol inversé. (par une motarde nazie, ça ne gâche rien, on savait rigoler dans les 70')
Hahaha un viol inversé. (par une motarde nazie, ça ne gâche rien, on savait rigoler dans les 70′)

En fait, le film souffre de l’obligatoire comparaison avec un Forrest Gump shooté quinze ans plus tard, variation sur un même thème beaucoup plus inspirée, avec certes plus de moyens, mais surtout une plume plus fine, et une vision plus pertinente de l’Amérique en crise. The Jerk n’a bien sûr rien demandé, il était là avant, et est tout sauf une comédie déshonorante. Mais bon, de temps en temps, un rejeton brillant renvoie ses parents dans l’anonymat, c’est le cycle du monde, c’est l’ascendeur social, ainsi va la vie et toutes ces sortes de chose.

Le film mélange un ton très "United Colors"  et d'interminable plans de noirs en train de jouer du blues dans une vieille cabane. Encore plus entre tradition et modernité que le Japon et la Corée réunis.
Le film mélange un ton très « United Colors » et d’interminable plans de noirs en train de jouer du blues dans une vieille cabane. Encore plus entre tradition et modernité que le Japon et la Corée réunis.

The Jerk est disponible en DVD et en Blu Ray (sous le titre français absolument improbable Un Vrai Schnock), mais pas en VOD à ma connaissance. Et j’avoue que l’acuité commerciale des gens qui ont voulu remasteriser ça en HD m’échappe un peu, peut-être parce que Steve Martin, je sais pas.

 

 

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