Nipon Ichi Software m’a volé ma belle jeunesse : laisse-moi te dire à propos du Sous-Monde.

Salut, je n’ai jamais eu de PS3 à cause de mauvais choix de vie, mais j’ai une PS Vita à présent. Je trouve que c’est donc le bon moment pour commencer une review de Disgaea 3 noyée dans une visite écœurante et extensive du multivers des jeux Nipon Ichi Software.

Je précise d’emblée que pour moi les T-RPG Nippon Ichi Software (NIS) sont une drogue hautement addictive. Disgaea 3 m’a souvent été pitché comme le comme le pire jeux de la série, voire un jeu du bas du panier du Netherworld Multiverse, aux côtés de produits douteux comme Phantom Brave ou les Platformers Prinny.

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Pour refaire le point avec ceux qui auraient absolument aucune culture Weeaboo, les jeux Nippon Ichi Software se déroulent tous dans un même ensemble d’univers parallèle où, dans chaque univers, trois couchent coexistent : Le Paradis, ou vivent des anges relativement connards plus ou moins intégristes du bien, la Terre, souvent technologiquement très avancée et peuplée de crétins congénitaux, et le Netherworld, un immense gloubiboulga de mondes démoniaques régi par des Overlords, des démons plus puissants que les autres. Et tout au fond il y a Baal, le boss caché qui est méchant parce que et qui est souvent le mastermind derrière toutes les intrigues qu’en général, on a le droit d’aller buter après des centaines d’heures de grind et deux ou trois NG+. Quasiment tous les jeux ainsi que leur spin-off disposent de très nombreux endings, dont certains particulièrement cons. La Pucelle Tactics, plus ou moins à l’origine des ¾ des idées qui donneront Disgaea 1, disposait même de trois voire quatre endings PAR CHAPITRE.

Dans le Netherworld, ou se déroulent les jeux Disgaea, les valeurs morales sont totalement inversées. On est respecté en fonction de sa capacité à suivre la mauvaise voie, le fait d’être égoïste et violent vous attire le respect, l’assiduité scolaire vous fait passer pour un rebelle psycopathe, etc. Il y a toute un mythologie et des personnages récurrents autour de ça, comme les Prinnies, des humains réincarnés en pingouins explosifs qui servent de main d’œuvre en enfer, ou tout un tas de personnages récurrents d’un jeu à l’autre, y compris jusqu’à l’anecdote extrême : plein d’indices relient les jeux NIS entre eux, y compris de très vieux jeux comme Rhapsody A Musical Adventure, un RPG-Comédie musicale de la fin des 90′ ou on jouait une trompettiste, ou via des personnages comme Pleinair, une petite mascotte qu’on retrouve dans absolument TOUS les jeux de la série.

RETOUR EN 1998, OK BISOU

Comme je disais, tout commence (en gros) avec un Rpg plutôt classique dans la forme à la fin des années 90 : Rhapsody : A Musical Adventure, une expérience aussi courte et barbante qu’originale, puisqu’il s’agissait d’un surprenant RPG sous forme de comédie musicale. Je ne le conseille pas vraiment, essentiellement à cause de son donjons de merde, sa totale absence d’équilibrage et son scénario tartignole.

On saute directement en 2002 avec le très kitsch mais absolument fascinant La Pucelle Tactics, peut-être le Tactical le plus compliqué jamais sorti à l’époque : il mélangeait des puzzles à base de couleurs, de la collection de monstre à la Pokémon, introduisait des concepts très poussés d’attaque combinées en fonction du placement des unités sur le terrain, et était très ambitieux en terme de scénar. C’est d’ailleurs une des seules fois où NIS va livrer une copie impeccable en terme de narration (si on oublie le fait qu’on se retrouve à gérer des personnages nommés Culotte, Salade ou encore Papillon). J’ai déjà parlé de ses chapitres à plusieurs endings, mais c’est aussi un super beau récit de coming of age avec plein de surprises et de twists pas révolutionnaires mais super bien maîtrisés. C’est aussi le jeu qui a introduit le concept (encore embryonnaire) de niveaux aléatoires à faire et à refaire pour le plaisir du grind, et à implanter de très nombreux mondes cachés pour accéder à des fins ou des boss alternatifs. Notons enfin que le jeu était absolument SUPERBE, caractéristique qui va totalement s’estomper un an plus tard, dès que NIS va commencer à produire essentiellement du Gameplay plutôt que de la narration. Dommage.

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En 2003 sort le premier jeu Disgaea (de très loin le meilleur de toute la série, on peut direct drop the bomb), la franchise qui sera la colonne vertébrale de NIS, quitte à l’exploiter jusqu’à l’écœurement. Le jeu adpotait le point de vue de Laharl, un Overlord qui hérite du royaume démoniaque de son père mais qui a passé 200 ans à faire la sieste. Il est donc totalement inconnu au bataillon et doit se tailler un trône à la force de l’épée, tandis que sa subordonnée Etna complote contre lui et qu’un ange du nom de Flonne essaye de le buter (le tout finira en triangle amical étrangement fonctionnel). Ce jeu proposait une idée à la seconde : pour la première fois, non seulement les personnages pouvaient prendre de l’XP, mais les objets aussi via des donjons cachés à l’intérieur de CHAQUE OBJET DU JEU (le fameux Item world). Le système de cases de couleur avec des effets sur le gameplay était très intéressant sans pour autant dégrader l’expérience de jeu. Il y avait une montagne de trucs cachés, et onze fins différentes. Le jeu posait aussi les bases d’une excellente idée (qui sera un peu maltraitée par la suite) ; a partir d’un certain niveau, les personnages pouvaient se réincarner, c’est à dire recommencer au niveau 1, mais en gardant une grosse partie de leurs compétences, et en ayant une « croissance accélérée ». Du coup, on pouvait théoriquement monter un personnage jusqu’au niveau 19 000… Si on avait la patience (et de bonnes techniques de grind).
Et surtout, putain, qu’est-ce que c’était DRÔLE. Le scénar du jeu était vraiment très très con et partait dans tous les sens, mais c’était à se PISSER DESSUS. Il y avait une vanne à la seconde, des personnages tous plus over the top les uns que les autres, et la narration était pensée comme une série télé, avec ses intros, ses eycatches et ses « coming next » ultra inspirés. Certaines maps du jeu était complètement dingues, et présentaient un challenge des plus corsé. La bande son était flamboyante et humoristique, et quasiment chaque personnage du jeu avait des répliques merveilleuses. Bien sûr le jeu posait aussi la base de ce qui fera la principale barrière d’entrée des jeux NIS pour ceux qui ne sont pas clients de ce type d’expérience : il poussait au grind, genre A MORT. J’ai laissé une sauvegarde à +600 heures sur Disgaea. Presque un mois de ma vie.

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Le grind n’était jamais obligatoire (on pouvait faire tout le jeu sans jamais toucher à l’Item World, aller dans l’Human World, etc.), mais si on ne faisait pas monter ses persos en faisant un milliard de combats aléatoires, on passait à côté des ¾ du contenu du jeu. Et ça sera la putain de marque de fabrique de NIS dans les jeux qu’ils vont sortir au rythme d’un par an depuis cet épique épisode, pour le meilleur et pour le pire. Un par an sans compter les brouettes de spin-of douteux comme on le verra par la suite.

Notez le plongeon graphique depuis La Pucelle.
Notez le plongeon graphique depuis La Pucelle.

Au nombre des rares autres défauts du jeu : une relative opacité pour l’obtention de certaines fins (y compris la fin canon) ou encore un perso principal complètement déséquilibré qui se transformait assez vite en tank invincible (ce défaut ne sera jamais complètement corrigé dans la série)

Sorti en 2004, Phantom Brave est un jeu super faible qui met en scène une gamine qui vit avec des monstres gentils et un fantôme sur une île paradisiaque et qui doit aller tuer des trucs parce que shit happens. C’est un peu qui tentait plein de trucs, comme le fait de pouvoir empiler des personnages et les jeter sur ce qui ressemblait plus à une patinoire qu’à un ensemble de case, ET DONT LES PERSONNAGES POUVAIENT TOMBER ET MOURIR. Le jeu était néanmoins beaucoup moins laid que Disgaea (oui parce que chara design mis à part, les jeux NIS sont souvent très vilains), avec des cut scène en 2D très cool, mais il manquait vraiment de substance. C’est aussi le premier jeu qui a eu la très mauvaise tendance du studio a rajouter TROP de mécaniques de jeu au point de devenir complètement illisible.

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En 2005, Makai Kingdom opère un retour dans le monde infernal, avec un plot un poil plus intéressant, mais sommes toute assez confus et qui partait dans tous les sens, avec un Overlord super con armé d’un livre magique qui voulait réécrire la réalité pour blablabla. Tout ceci était assez malaise, parce que même si l’habituelle couche d’humour débilissime aidait bien à faire passer la pilule, le jeu n’allait absolument nulle part (contrairement à Disgaea 1 ou La Pucelle qui avaient quand même un sens). Et surtout, l’ajout de véhicules, de bâtiments, de trop de trucs à faire leveller en même temps, rendaient l’ensemble à la limite de l’incompréhensible. Dommage, parce que le jeu était difficile, trop difficile pour être maîtrisé sans comprendre comment fonctionnait tout ce bordel. C’était aussi le premier jeu qui faisait des références très lourdes (mais parfois cools) aux épisodes précédents, puisque Laharl, Flonne et compagnie sont des boss plus ou moins cachés.

Et c’est pas très grave, mais quad même signalons-le : le jeu était très, très moche.

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Too much information

En 2006, outre la sortie d’un chouette remake de Disgaea sur PSP, avec l’ajout d’un énorme scénar What If ou Laharl meurt et ou Etna devient Overlord, sort Disgaea 2, dernier épisode PS2. Le jeu aborde le point de vue des humains en mettant en scène Adell, seul rescapé d’une planète Terre ou tout le monde a été transformé en démon, sauf lui. Bon, en gentils démons, hein, en fait, je sais même pas trop pourquoi il se plaint, il vit juste avec les mêmes personnes qu’avant, version Furries. A la suite d’un événement quelconque, la fille de l’Overlord du coin, Rosalyn, se retrouve piégée sur Terre, et heu… J’essaye de pas réutiliser l’expression shit happens, mais en gros voilà, Adell va essayer d’aller la négocier auprès de son père : retransforme mes potes en humains et je te rends ta fille, alors que la fille va s’en servir comme d’un bouclier pour retourner voir son père et SOUDAIN LA ROMANCE ? QUI SAIT ? Le jeu était pas mauvais, et se purgeait d’un certain nombre de conneries de Phantom Brave et Makai Kingdom : plus de véhicules, plus de patinoire au bord de précipices, plus de trucs totalement obscurs à base de Réputation de Donjons : on en revenait à l’essentiel, plus quelques bricoles comme l’arrivée d’événements aléatoires dans certaines maps (on pouvait se faire attaquer par des pirates!) ou l’ajout d’un mode de difficulté hard-crade ou on pouvait rejouer les maps du scénar avec des ennemis VINGT FOIS PLUS FORTS, et le jeu était nettement mois moche que Makai. Ce qui plaçait Disgaea 2 en dessous du premier, en fait, c’était surtout son scénar de merde, avec ses persos de chie dont t’as rien à secouer, son absence d’enjeu et son recyclage un poil poussif de trop d’éléments des jeux précédent… Il manquait l’effet de surprise qu’avaient été La Pucelle ou Disgaea 1.

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En 2007 sort Soul Nomad, en pleine agonie de la PS2 (et comme souvent avec les agonies de console, c’est un des plus beaux jeux de la machine. Du moins les cutscene 2D, les combats sont ignobles). C’est pas un épisode lié directement aux autres jeux du Netherworld, même s’il en recycle les thèmes, l’humour bizarre et plein de mécaniques de gameplay. Mais le résultat est un des jeux les plus bizarres et les plus difficile à prendre en main de tout le studio. Le scénar est plutôt original, même s’il manque cruellement de profondeur : le monde a jadis été plus ou moins détruit par trois entités supérieures aujourd’hui endormies. Vous jouez un humain qui récupère une épée hantée par un démon capable de détruire ces trois entités, en échange de votre âme… Et là commencent deux scénarii complètement opposés : soit vous refusez le pouvoir et détruisez les monstres au terme d’une logue quête nekketsu et avec la force de l’Amitié™, soit vous ACCEPTEZ DE VENDRE VOTRE ÂME, vous détruisez les entités… Et vous passez le reste du jeu à conquérir la Terre en commettant d’horrible atrocités ! Idée simple mais géniale, qui manque juste un poil de contenu. J’imagine que Soul Nomad, dernier projet old-gen de NIS, a été pas mal rushé, et ça se sent un peu.

Les bad ending de Soul Nomad, c'était pas de la blague.
Les bad ending de Soul Nomad, c’était pas de la blague.

Le vrai souci de Soul Nomad, c’est qu’il reprend plein de truc des anciens titres (y compris des idées qui datent de La Pucelle), pour y ajouter une quantité hallucinante de mécaniques proprement INCOMPREHENSIBLE, à commencer par le système de « salles », ou vous devez ranger vos monstres selon des cases qui ont des effets, et ou vous pouvez explorer ces cases pour faire monter les salles d’XP et je ne sais quoi : INCOMPREHENSIBURU. Les batailles en elle-même n’étaient pas très folichones, avec des cartes bizarres, un groupement des unités qui bridait pas mal d’options. Tout ceci était très confus.

2007 c’est aussi la sortie de GrimGrimoire, un RTS console co-développé avec Vanillaware (les gens qui feront les superbes Odin Sphere ou Murasama, plus tard. Plus récemment, Dragon’s Crown). J’en dis rien, vu que j’y ai pas joué.

ON DEVAIT PAS PARLER DE DISGAEA 3 ?

En 2008 sort Disgaea 3, c’est le passage du studio à la PS3. A noter la même année un portage moche du premier Disgaea sur Nintendo DS. Je vais vous parler de Disgaea 3, à la base l’article servait à ça, non ?

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Bon, Disgaea 3, pire jeu de la série ? C’est clairement exagéré. Disons le moins bon. Le fait est que l’histoire n’a ici qu’un intérêt limité, ça aide pas à rentrer dedans . Ça a jamais été le point fort de la franchise (qui mise plus sur l’ambiance et l’humour), mais là c’est particulièrement crétin et cliché. Ça reste marrant, mais bon, après, c’est tout. Ici, on nous parle de Mao, le fils d’un Overlord qui rêve de renverser son père qui, selon la légende, ne pourra être tué que par un véritable héros. Problème : un Véritable Héros implique un cœur pur, de l’amitié et toutes ces conneries, or Mao est un démon qui ne ressent que haine et frustration. De plus, il est très occupé à sécher les cours de l’Académie Démoniaque (qui constitue le hub central du jeu) et à s’engueuler avec son entourage proche, en premier lieu Rasberyl, une jeune délinquante (selon les standards du Netherworld : elle est assidue en cours, fait du bénévolat et est sincère et honnête). Sa rencontre avec un « faux héros humain » et un imbroglio de téléportation plus tard, le jeu se transforme en un genre de Freaky Friday, ou Mao va petit à petit devenir humain et ou l’Humain se transforme peu à peu en démon. La suite est plutôt décousue, et implique surtout des scénettes marrantes de la vie dans l’académie des enfers… Avec un manque d’enjeu qui devient assez vite un peu pénible à cause de personnages pas assez marquants et de situations tès attendues. C’est d’ailleurs un peu triste de voir Raspberyl dire qu’elle va réussir à être un personnage plus intéressant qu’Etna. Lolilol 4è mur. Tout le temps.

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Ceci dit, le jeu reste tout à fait potable. Il y a beaucoup de gras dans les mécaniques de gameplay, mais rien qui empêche de profiter du jeu, comme ça pouvait être le cas pour Soul NomadMakai Kingdom. Ok, il y a des trucs qui collent vite la migraine comme réfléchir au placement de ses monstres dans la salle de classe, ou encore le fait que les compétences ne s’obtiennent plus en levellant mais en accumulant de la mana qui sert de monnaie parallèle auprès de marchands spéciaux. A part, ça, le jeu garde le meilleur des épisodes précédents et en fait une bouillie a peu près digeste.

Les maps sont très cool, et ressortent pas mal sur Vita.
Les maps sont très cool, et ressortent pas mal sur Vita.

Les habituels problème d’équilibrage persistent, mais comme le système de réincarnation des personnages a été simplifié et assoupli, on peut assez facilement réparer des choix peu judicieux. La seule vraie mécanique pénible, c’est que quasiment TOUT se débloque en passant des votes devant la Dark Assembly (enfin, le conseil de classe), ce qui est coûteux en mana (le même mana qui sert a acheter des compétences). Par bonheur, ladite Dark Assembly est NETTEMENT MOINS butthurt qu’avant, et il n’y a plus systématiquement besoin de devoir payer tout son salaire en corruption juste pour avoir de meilleurs objets dans les boutiques .

Les combats sont plutôt cool, avec une ou deux innovations discrètes (pouvoir fusionner un monstre et un personnage, un revamp léger des géopannels…) qui marchent bien. Par contre le levelling est beaucoup plus pénible qu’avant : pour progresser dans leurs compétences les persos doivent donc accumuler de la mana, donc tuer des monstres SOUVENT, et pas juste une fois de temps à autres un streum plus puissant pour passer dix levels d’un coup. Ca implique de faire vachement plus attention à faire monter tout le monde de front, sans quoi on se retrouve vite avec des boulets inutilisables.

L’épisode 3 à mon sens, il a surtout été attaqué pour son côté techniquement à la rue (le jeu est moche même pour du début PS3 -c’est moins flagrant sur Vita), son usage assez éhonté du DLC, à l’époque on était pas habitués, et son manque du petit truc qui fait que Disgaea 1 tenait du génie. Peut-être des mécaniques un peu plus fluides, des combats un peu plus flamboyants, ou simplement une histoire un peu plus impliquante que cette succession de sketchs (je dis ça mais je l’ai pas encore fini).

ENFIN V
ENFIN BREF

2008, c’est aussi l’année de la sortie de Prinny : Can I Really Be The Hero, un jeu de plates-formes dans l’univers de Disgaea. Situé approximativement entre Disgaea 1 et 2, vous y incarnez un Prinny en mission pour Etna pour trouver de la bouffe, ou quelque chose comme ça. C’est un jeu aux mécaniques très très bizarres. Les attaques se lancent bizarrement, l’inertie est bizarre, tout est chelou. Pas mauvais, mais horriblement difficile à prendre en main. Pourtant, ça vaut le coup de s’acharner si on aime l’univers, et si on est prêt à découvrir quelques trucs surprenants, comme le fait que les niveaux et les boss changent en fonction du temps qui passe… Bon après, ça reste un jeu dispensable en tant que tel (si on ne connaît pas l’univers NIS, il n’a même strictement aucun intérêt.)

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DARK NIS DAYS

La période 2008-2010 va être un véritable cauchemar pour NIS : pas de titre majeur en vue, du recyclage effréné de vieux titres, plus une thune en poche, le développement hell de Makai Wars qui sera annulé après 7 ans de travail… Et pas mal de titres qui ne sortent qu’au Japon. C’est aussi le moment ou NIS va devenir un des principaux distributeurs de devs tiers comme Gust ou Idea Factory, qui réalisent les titres les plus Weeaboos de cette époque (les Atelier, Ar Tonelico, Mana Khemia… Ou le dégueulasse Cross Edge, un cross-over débile de tous ces univers PLUS les univers de Disgaera et compagnie). Encore aujourd’hui, NIS distribue énormément de titres très typés Otaku, mais on note quand même une diversification voire, osons-le, une montée en gamme (récemment NIS s’est mis à distribuer Danganronpa, Etrian Odyssey ou Ys sous nos contrées).

ta gueule
ta gueule

Mais ce moment 2008-10, ça sera surtout chez nous la période du recyclage a gogo : Phantom Brave ressorti sur Wii en 2009 (wtf???) puis sur PSP en 2010, La Pucelle sur PSP en 2010 également, Trinity Universe, encore un cross-over avec Atelier, etc etc. Histoire de bien presser le citron jusqu’au dégoût, ils sortent aussi Disgaea Infinite, un Visual Novel qui est un retelling (le troisième en comptant le What if avec Etna) de Disgaea premier du nom. A priori, le jeu est pas mauvais, mais on sent que le premier Disgaea reste le seul monymaker fiable de NIS… Du coup, bam, en 2010 sort aussi Prinny 2 Dawn of Operation Panties Dood, avec cette fois des pingouins à la recherche des sous-vêtements d’Etna parce que lol. Et cet attachement quasi forcé à Disgaea 1 de NIS, ça a pas fini de se confirmer par la suite…

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(ça me semble être le bon moment pour signaler que malgré son humour essentiellement composé de dick/boobs jokes, les jeux NIS sont assez cool du point de vue du djeundeure et de tous ces trucs. On incarne souvent des persos féminins, sexuellement ambigus, transgenres, les jeux passent le test de Bechdel, et ne sont jamais ridicules sur ces questions… Et les hommes sont tout autant stupidement et joyeusement objectifiés que les femmes. Enfin, ça reste du mauvais goût, mais un mauvais goût pour tous)

Les rares tentatives de NIS de créer des trucs originaux à cette période se solderont de toutes façons par des catas : un Witch’s Tale passé totalement inaperçu sur DS, un Last Rebellion massacré par la critique en 2010, des merdouilles téléchargeables sur PSP…

En 2011 sort un Disgaea 4 qui a reçu un accueil nettement plus favorable que tout ce dont on vient de parler. Je n’y ai pas joué, je suis donc obligé de croire mes sources, mais en définitive, il semble que le jeu soit plus punchy, le héros plus marquant, et que NIS ait décidé que son système de jeu pouvait essayer de se reposer sur ce qui marchait plutôt que de rajouter un million de features opaques. C’est donc plutôt le scénar qui a été travaillé ce coup-ci, tandis que le gameplay a été recentré sur tout ce qui marchait bien dans les épisodes précédents. Disgaea 4 a plutôt bonne réputation de ce point de vue, avec son histoire nettement plus politique et son ton un poil moins débilou et sa réalisation un peu moins ugly.

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C’est aussi en 2011 qu’on voit débarquer un excellent remake de Disgaea 3 sur PS Vita, contenant tous les DLC originaux (et qui fera raquer pour une poignet de nouveaux -très dispensables-), énormément de nouveaux petits trucs. Plutôt le genre de portage qui inspira la confiance. De plus, les graphismes moches de 2006 sur télé plasma deviennent plutôt charmants sur écran de portable.

2012 sera une année pas spécialement intéressante pour le Tactical, vu que c’est à partir de la que NIS se diversifie dans le Dungeon-Crawler Weeaboo (Legasista, et The Guided Fate Paradox l’année suivante). Des jeux à l’humour très « tire-sur-mon-doigt / dis-camion » (encore plus que d’habitude), mais qui semblent être vénérés par des gens très autiste du grind en donjon. Ironie du sort : le studio rentre cette année dans le Guiness pour être le studio ayant produit le plus de T-RPG de l’Histoire.

The Guided Fate Paradox
The Guided Fate Paradox

Il faut attendre 2013 pour qu’un nouveau Disgaea débarque sur PS3… ET OH SURPRISE, C’EST ENCORE UN JEU DISGAEA 1. Disgaea D2 et une suite directe du tout premier, sorti donc dix ans plus tôt. L’idée générale : des mécaniques un peu plus simples qui reprennent le gameplay du 1 plus quelques bidules des autres épisodes (les fusions monstres/humains, les maps hardcore de Disgaea 2…) et qui servent de prétexte à refoutre du Flonne, du Laharl et de l’Etna partout. Le jeu est salué par la critique, avec quelques bémols : le Disgaea 1-porn ne pourra pas continuer à l’infini, le titre est pas très inclusif pour ceux qui rentreraient dans l’univers NIS par ce biais, et que globalement, l’humour à base de gender-swap, de lolis et de 4è mur commence à vieillir. L’inflation de grind débile (avec des boss cachés à 99 milliards de points de vie) commence aussi à être un poil éculé et artificiel.

Si on recyclait tous autant que Nipon Ichi Software, la Terre serait sauvée.
Si on recyclait tous autant que Nipon Ichi Software, la Terre serait sauvée.

La même année, NIS continue un peu sa diversification, en sortant un A-RPG passé totalement sous le radar, (The Witch and the 100 knight), des Visual Novel, des jeux de carte… Et en poursuivant sa politique de ramake : quasiment TOUS LES JEUX NIS sortis un jour ou l’autre en occident sont désormais dispos sur le Store Playstation. Une grosse majorité est dispo sur Vita (excellente console pour jouer à tous les vieux épisodes sans se bousiller les yeux).

En mars 2015 sortira Disgaea 5, qui est plutôt prometteur dans son genre, et marque l’entrée de NIS dans la New Gen. De ce point de vue, voir des persos en haute définition qui ont un peu moins l’air d’une grosse bouillie de pixels qu’avant, c’est pas plus mal. Difficile d’en dire plus sans avoir eu la bestiole en mains… Le scénar a l’air de tourner autour de l’idée de voyage entre les différents Netherworlds, et on peut espérer que le tout ne servira pas d’introduction à un reboot de l’univers destiné à faire un remake de Disgaea 1.

QUELQUES CONSEILS

Ah oui, bon, avant de vous quitter, quelques conseils rapides pour rentrer dans l’univers Disgaea :

COMMENCEZ PAR DISGAEA 1. Il est sorti sur pas mal de plates-formes et n’a pas tant vieilli que ça (il doit être à 10€ sur le store de la vita et inclut le scénario d’Etna). C’est le jeu le plus simple à prendre en main de l’ensemble, et sans doute celui dont la formule fonctionnait le mieux (d’où les cinquante millions de remakes)

SI VOUS SOUHAITEZ UNE BONNE EXPERIENCE RETRO, dénichez vous La Pucelle Tactics, dans son édition Ragnarok sur PSP ou en émulation sur PS2 (ça s’émule très facilement).

A MOINS D’ETRE ACHARNE OU TRES TRES CLIENT (ou très très weeaboo), évitez Rhapsody, Makai Kingdom et Phantom Brave. Quand à Soul Nomad est très différent des autres et l’ambiance vaut le coup, mais ce n’est pas un très bon jeu.

DISGAEA 2 et 3 SONT DE BONS JEUX, évitez simplement de commencer par là, tant les deux jeux s’adressent quasiment explicitement à ceux qui connaissent déjà la franchise. Ce sont des points d’entrée trop abrupts.

SI VOUS N’ETES PAS TROP OLDIES, DISGAEA 4 SEMBLE UN BON POINT D’ENTREE, sous réserve de passer à côté de la mythologie complexe… Il se trouve a vraiment pas cher sur PS3 et Vita.

LES JEUX DERIVES DE DISGAEA 1 S’ADRESSENT AUX FANS HARDCORE DE CE DERNIER, pas la peine de vous ruiner sur Operation Panties si vous ne savez pas ce qu’est un Prinny.

L’ANIME DISGAEA EST DE LA MERDE, en aucun cas une bonne porte d’entrée à l’univers.

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6 réflexions sur “Nipon Ichi Software m’a volé ma belle jeunesse : laisse-moi te dire à propos du Sous-Monde.

  1. Tiens, tu as pas parlé de Z.H.P. Unlosing Ranger VS Darkdeath Evilman dans les jeux PSP de 2010 ?
    Côté humour celui là m’avait vraiment plu (même si ça reste une usine a grind dans la grande tradition NIS), avec des perso sympa (et pour une fois originaux), et un scénario parodiant très efficacement les séries de super héros à la japonaise type super sentaï ;o) !
    Si tu le connais pas je te le conseille franchement.

    1. D’ailleurs TGFP est basé sur le gameplay de ZHP. Ils ont des concepts vraiment sympa, ce sont les équipements qui évoluent plus que le perso. Du reste c’est un mélange entre du TRPG en donjons, et un roguelike.

  2. Globalement assez d’accord sur tes impressions.
    Disgaea premier du nom reste encore mon TRPG favori ever, entre les deux versions j’ai dû y mettre pas loin de 400h (ça reste peu, mais je pense avoir fait à peu près tout ce qu’il était possible d’y faire).

    Le 2 et le 3 pêchent effectivement par leur scénario et personnages ni intéressants ni attachants (de mon point de vue). le gameplay reste efficace, mais c’est moins mémorable que le premier.

    En revanche, fais Disgaea 4. Vraiment. Je l’ai adoré, le gameplay est top, les persos aussi (e majorité, je suis pas fan de Vulcanus) , c’est tout aussi con que D1 (c’est un compliment), c’est un must-do. C’est certainement celui dont le feeling est le plus proche du premier, en fait.

    Quant à Disgaea D2, c’est effectivement une sorte de D1 version fan-service, pas inintéressant mais passable.

    Ce que j’adore dans cette série, hormis l’humour et le gameplay over-the-top, c’est aussi la création d’un univers complet qui s’auto-référence et ne se prend pas au sérieux. Tous ces persos récurrents comme Pleinair, Asagi ou Axel, délicieusement débiles comme les Prism-rangers.

    Pour le reste des jeux de l’univers NIS, j’ai beaucoup aimé La Pucelle à l’époque, je l’ai fait juste après D1. C’était assez spécial, et j’avoue ne pas trop me souvenir de l’histoire, mais j’y avais passé du temps.
    Phantom Brave et les Makai, jamais joué.

    Je ne te suis pas trop concernant Legasista (qui est un jeu sympatique http://www.jeuxvideo.com/articles/0001/00019113-labyrinth-tower-legasista-test.htm bien que trop Grindy pour rien
    Et surtout The Guided Fate Paradox que j’ai vraiment beaucoup aimé, c’est finalement très proche de Disgaea dans l’humour.

    The Witch and… par contre est vraiment très mauvais. D’ailleurs je ne l’ai pas fini, c’est l’un des seuls jeux développés par NIS qui m’a vraiment déçu. http://www.jeuxvideo.com/djidane01/avis/message/1452612

    Voilà voilà 😉

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