Mandira Filozofy (2014) : Pagnolade Turque, Google, et Philosophie pour les Nuls

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Comment ne pas aimer un film qui a gereken 3 filmen biri ???

Ah ben ça fait des plombes que je vous ai pas causé cinéma. Comme c’est le NaNoWriMo, c’est une bonne occasion de faire d’autres trucs que le NaNoWriMo. Causons donc d’un film turc, un peu.

Pour moi, le cinéma turc, c’est avant tout ça :

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Mais je sais que c’est aussi un pays qui a une riche et foisonnante production intérieure moderne, parfois fauchée, mais souvent respectable. Alors des fois, par hasard, tu lances un truc au hasard et c’est un film totalement moderne, fauché mais respectable.

Tourné par Mufti Can Sacinty (meilleur nom de gourou de tous les temps); un genre de demi-célébrité locale qui s’est d’ailleurs filé le rôle titre, adaptant semple-t-il une série de sketchs télévisuels et accompagné d’une floppée d’acteurs avec des blazes rigolos comme Bozkurt ou Bulut, Mandira Filozofu a un postulat simplissime : Un gros-riche-pressé-grognon-capitaine d’industrie veut racheter un petit village pour faire genre un golf ou une plage privée, enfin les trucs méchants de méchants de films habituel. Sachant bien sûr que le village en question est une inévitable carte postale pour la beauté des criques anatoliennes, c’est beau, il y a du soleil, du bouzouki et la vie est paisible.
Le gros riche tombe cependant sur un os : Mustafa Ali, un excentrique local qui a décidé suite à des études à l’étranger de devenir une sorte de Diogène sur son bout de terrain, refuse de vendre. Parce qu’il est contre le travail, contre l’argent, et préfère cultiver vaguement son lopin en lisant des livres de philosophie. La belle vie.
S’engage alors une sorte de duel rhétorique entre l’homme pressé et le philosophe, qui va tendre tout le film vers une inévitable conclusion : ça sert à rien de bosser comme un dingue si c’est pour mourir comme un con sans en avoir profité.  Ce n’est pas tant le voyage qui est intéressant que le dispositif mis en place (entrecoupé de gags pas drôles sur la vie du village) : Mandira Filozofu est une heure et demie de cours de philosophie pour les nuls.

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Oh, pas un cours de philo de très haut vol, hein. Juste votre « Maïeutique 101 avec le professeur Socrate », le bon vieux truc du « un idiot pose des concepts, le philosophe lui répond de manière intelligente, la discussion avance, et pouf ça fait des chocapics ». Mais tout au long du film, qui mêle des concepts variés de philosophie grecque, orientale, islamique, occidentale sans jamais rentrer dans des trucs bourrins ou incompréhensibles, le spectateur se retrouve face à la leçon d’introduction à la philo qui manque à bien des lycéens.

Et c’est assez cool, quand même.

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Alors heu, oui, le film est quand même pas sans défaut. Le cinéma turc étant sans doute moins bien financé que le cinéma de chez nous (pas forcément pour un meilleur résultat, notez), les placements de produits atteignent des sommets complètement surréalistes, avec le merveilleux triangle Facebook-Google-Iphone, à peu près cité dans l’ensemble des scènes du films au moins une fois. C’est même pas un truc un minimum discret ni rien, juste les personnages qui se balancent un « hey Facebook c’est cool » sans rapport direct avec ce qu’ils étaient en train de dire. J’avais quasiment jamais vu ça à ce point, sauf sur les chaînes de Berlusconi, je pense.

Sinon, y’a pas mal d’acteurs qui jouent comme des patates, toutes les scènes qui servent de filler à l’intrigue principale étant généralement assez balourdes, pas très drôles, et baignent dans une sorte de machisme étrange dont j’ai un peu de mal à mesurer la portée culturelle. (enfin voilà, la gent féminine est assez maltraitée, sauf les grosses mamas rigolotes pour lesquelles le réal semble avoir une sorte d’amour étrange). C’est presque dommage d’en avoir fait un film d’une heure quarante plutôt qu’un truc plus ramassé avec plus de philo et moins de villageois débiles.

Mandira Filozofu semble avoir été un succès outre Corne d’Or, puisque cette année est sorti une suite, Mandira Filozofu Istanbul, dont vous imaginez bien le pitch à la Un Indien dans la Ville rencontre Cheech&Chong.

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Alors, évidemment, Ni le film, ni sa suite n’ont aucune forme de distribution légale chez nous, donc je n’ai, cela va de soi pas vu Mandira Filozofu.

Merci à la Cinémathèque Turque du Loir-et-Cher d’avoir heu… oui bon bref.

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Faut-il aimer Unbreakable Kimmy Schmidt ?

Série Netflix Original, n’a de ce fait ayant eu aucune autre promotion chez nous que le bouche à oreille et quelques tentatives du Community Manager de NetflixFR entre deux promotions bourrines de Mieux Vaudrait TeleSauler ou de Le Diable s’habille en Ray-Ban (je suis disponible pour du télétravail en tant qu’adaptateur au tarif de circa 30k€ net par an). La série a pourtant fait sensation aux USA, parce que Tina Fey, parce que cameos prestigieux, parce que a priori très positifs (justifiés) des « Netflix Original » depuis quelques années. Il y a encore peu de temps, une série abandonnée par un network qui aurait fini, mettons, sur Dailymotion, n’était probablement pas un signe très engageant quand à sa qualité intrinsèque. Aujourd’hui, c’est quasiment une sorte de bon présage.

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De fait, Unbreakable Kimmy Schmidt ne ressemble à rien de connu, quitte à parfois à ne ressembler un peu à rien tout court.

Pour ceux qui auraient passé les quinze dernières années dans une cave, eh ben c’est ballot, mais vous allez probablement aimer ce paragraphe de pitch tout en appréciant mes immenses qualité de maître es transition. Unbreakable Kimmy Schmidt nous raconte l’extraordinaire histoire de Kimmy Schmit, duh, qui a passé les quinze dernières années enterrées dans le bunker d’une secte apocalyptique avec trois autres femmes avant d’être libérée et ramenée à la lumière avec des références culturelles et un niveau scolaire équivalent donc à celui d’une élève de quatrième à la fin des années 90. Parce qu’elle est genki et kawaii, Kimmy va choisir de ne pas retourner s’enterrer dans son bled pourri mais plutôt de découvrir New-York, et de s’installer illico avec un homosexuel noir (Titus) dans le sous-sol d’un immeuble tenu par une vieille folle et de devenir baby-sitter pour une milliardaire et…  Et on touche déjà un peu du doigt ce qui fait à la fois les immenses qualités et les défauts agaçants d’Unbreakable.

Unbreakable est déstabilisant. Le fond est plus sombre que pour un sitcom US moyen (on y parle de quelqu’un ayant passé quinze ans dans une secte et qui y a vécu des événements manifestement traumatisants), le ton est par contre largement moins cynique que dans la plupart des séries modernes (Kimmy est d’un optimisme si ravageur qu’elle passerait pour une béni oui-oui à Equestria), et malgré ça, la série est un peu empêtrée dans les problèmes récurrents des sitcoms de network, quand elle n’est pas maladroitement empêtrée dans des trucs encore plus problématiques.

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Bon, déjà, la série est drôle, pas de souci. Les deux premiers épisodes sont assez poussifs et confus, mais passés ces premières minutes laborieuses, Unbreakable est fun. On ne rit quasiment jamais à se taper le cul par terre, peut-être. Mais la bonne humeur ambiante, la joie communicative de Elie « ah oui la secrétaire rigolote dans The Office » Kemper et quelques excellentes trouvailles (souvent musicales et souvent amusantes) à chaque épisode suffisent à convaincre. Jamais excellent, mais toujours chouette.

Et puis il y a tout ce qui fonctionne moins bien. Alors qu’Arrested Development Saison 4 ou Orange is the New Black faisaient souvent fi des carcans narratifs martelés par la télévision, Unbreakable est avant tout un sitcom d’un classicisme formel presque déroutant. Trois Actes, deux sous-intrigues par épisode, une morale à la fin, des lieux fixes, des situations vues et revues et des gimmicks qui tombent tellement souvent que ça en devient presque gênant (à chaque scène sa blague sur les années 90, à chaque épisode sa sous intrigue ou Titus le colocataire échoue à une audition, à chaque personnage ses trois traits de caractères répétés toutes les deux minutes comme si on ne pouvait pas s’en souvenir *). Unbreakable a été refusé par les networks, mais n’en est pas pour autant devenu autre chose. L’ensemble du propos est véritablement alourdi par cette rigidité confortable, mais immanquablement chiante. On échappe de peu aux trois caméras fixes et à la boîte à meuh.

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Et puis il y a ces moments, très gênants, où Unbreakable Kimmy Schmidt oublie complètement son sujet (comment se réadapter après avoir passé quinze ans dans une secte), oubliant parfois carrément son propos pour se perdre dans tout un tas de blagues ethnico-sexo-chic de mauvais goût qui sont devenues un incontournable de toutes les séries américaines depuis dix ans. C’est bien de faire des blagues sur les homos et les noirs. C’est mieux quand elles sont drôles ou que c’est plus ou moins intégré dans le propos de la série. Les auteurs du show semblent d’ailleurs  avoir pour une raison ou une autre considéré que les asiatiques étaient une cible particulièrement drôle. Tout y passe : les asiatiques parlent bizarrement, ont peur des blancs, dorment dans des placards, leur prénom veut dire Penis (LOL), sont bons en maths, aiment faire du vélo. Come on, je sais bien que l’axiome (attention lien NSFW même 20 ans après avoir été écrit) Jap=Jew est toujours aussi joyeusement exploité partout, et je suis le premier à rire aux photos de Chinois qui dorment dans les bibliothèques, mais sérieusement ? On ne peut pas faire mieux que ça ? A peine si on échappe aux blagues sur la taille du pénis ou à « honolable étlanger ». C’est toujours ce fichu problème de cette série : les personnages sont si parfaitement monolithiques qu’il n’y a aucune place laissée pour un contrepoids ou un approfondissement. Oui, c’est possible de faire un personnage asiatique stéréotypé sans que que ça pose autant de problème. Il suffit qu’il soit bien écrit, ou qu’il ne soit pas que sa caractéristique principale. Chang dans Community, tout ça (ou même le nain dans 2 Broke Girls, pour taper un peu plus bas niveau qualité). DONC BON, petite entracte musicale si vous voulez bien~

Rassurez-vous, je ne me suis pas retrouvé brutalement transformé en parangon de l’humour politicalement javelisé. L’humour ethnique, ça me fait beaucoup rire, tant qu’on est bien sûr que c’est pour rire. Et je n’ai aucun doute sur le fait que Unbreakable Kimmy Schmidt soit un show exempt de toutes volontés d’être blessant. Il est en fait assez consensuel, et il serait parfaitement à côté de la plaque de le taxer de racisme. Mais a force d’aller fouiller partout sauf dans son sujet central, il accumule les maladresses, comme avec ce moment (mini-spoiler) où on apprend que l’employeuse (blanche et blonde) de Kimmy est d’origine amérindienne. Le show a beau y mettre de la bonne volonté, ça reste un grand moment de flottement sur fond de « oh mon dieu une série a fait une blague avec une blackredface en 2015 c’est quand même pas très drôle« , surtout quand la fin de saison fait une vanne sur le fait que les Native Americans soient souvent joués par des Mexicains à la télévision. Il doit y avoir un niveau d’ironie qui m’échappe.

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C’est d’autant plus dommage que le show a certaines fulgurances (et aurait du s’en tenir là), comme l’épisode ou Titus, déguisé en Loup Garou, s’aperçoit qu’on le traite globalement mieux que quand il est noir. Ok, c’est drôle, c’est fin, c’est original, et ça peine à effacer les quinze blagues pénibles sur les minorités-qui-parlent-pas-anglais-lol.
J’ai pris l’exemple des blagues raciales parce que je suis une putaclik, mais il en va de même pour les références aux années 90. Qu’une ou deux fois par épisode, Kimmy cite des émission disparues ou des chanteurs à la mode quand elle était en quatrième, c’est marrant. Qu’on ait dix fois en dix minutes une références au fait qu’elle ne connaisse pas les téléphones modernes ou google, c’est un peu du cassoulet à la chantilly.
Et c’est surtout dommage qu’il faille attendre la quasi intégralité de la saison pour que soit traité enfin, et pas a maxima, la question du bunker ou Kimmy a vécu pendant quinze ans. Chaque épisode possède de très -trop- brefs flashbacks de la vie des quatre prisonnières durant leur captivité, et ce sont régulièrement les moments les plus drôles… Quasiment toujours évacués au profit de pitreries diverses et chronophages qui tournent en rond sans rien raconter.

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Pendant dix épisodes entiers, la série n’arrive jamais à créer de dialogue pertinent entre les deux époques, et donne l’impression regrettable que finalement, être enfermé dans un bunker crasseux pendant quinze ans, ça n’a pas plus de conséquences qu’un vague retard technologique et une inadéquation sociale toute relative qui peut se régler en deux minutes. Kimmy aurait pu être dans le coma pendant quinze ans, ou au Zimbabwe, ou prisonnière en Corée du Nord, ou débarquée d’une autre planète, ou juste un peu conne sur les bords, et la série serait exactement la même pour une bonne moité de la saison, alors qu’elle n’est jamais aussi drôle que quand elle se frotte à son sujet central (à l’image de son générique loufoque et entraînant, auto-hommage des Gregory Brothers à leurs vidéos virales autotunées). Les trois derniers épisodes, par contre, abordent frontalement la question, ce sont de très très loin les plus drôles, grâce à deux caméos particulièrement spectaculaires que je vais éviter de vous spoiler ici, même si tout le monde sait bien que mettre Don Draper partout est totalement trendy.

Je sais que je suis trop dur avec Unbreakable Kimmy Schmidt. C’est une bonne sitcom, plutôt le haut du panier, même. Mais hey, vous savez la différence entre un élève dont on attendait un 11/20 qui a 14 et un élève qui a 18 de moyenne et qui vous rend une copie qui vaut 15 ? On félicite le premier, on engueule le deuxième. La vie est injuste avec les gens brillants, l’auteur de ces lignes pense savoir de quoi il parle. Il faut aimer cette série pour ce qu’elle est : un bon moment d’optimisme porté avec maestria par son interprète qui met un peu de temps à démarrer et possède quelques moments de gloires mêlés à quelques moments un peu malaise. C’est bien, mais ça aurait pu être génial. Coup de pot, c’est reconduit pour une saison 2. Et vu la qualité ascendante d’épisode en épisode sur cette saison 1, y’a de la bonne poilade en vue.

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Vous avez Netflix ? Regardez au moins quatre épisodes avant de formuler un jugement définitif. Vous ne l’avez pas ? Ne vous abonnez peut-être pas juste pour ça, ça finira bien par passer la nuit dans le désordre du Téva.

* C’est d’autant plus idiot que les séries Netflix sont taillées pour le Binge Watching, vu qu’ils envoient toute la purée d’un coup d’un seul.

Avrelle à la Porte de Baldur #18 : A Durlag, ça lague dur !

Quoi la jeunesse tu ne sais pas encore qui est Avrelle eh bien rends-toi sur cette page merci bisou.

Résumé des épisodes précédents : Avrelle part en vacances dans la petite station balnéaire de la Barbe d’Ulgoth, et se retrouve bien vite exilée sur une île polaire pleine de magiciens fous. Elle en revient encore plus riche et encore plus puissante, DUH.

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La quête majeure qui a été ajoutée dans Tales of the Sword Coast suffirait probablement à faire un jeu entier aujourd’hui. Il s’agit de l’exploration d’une tour immense avec heu, des nains et un chevalier noir , et plein d’énigmes reloues à base de pierres magiques, mais sérieux, en fait, c’est vachement bien. A l’époque, c’était un pic de difficulté tout à fait inattendu, un labyrinthe hardcore dont il était assez rapidement très complqié de s’extirper, et tant pis pour celui qui a oublié son stock de potions.

J’avais hâte de voir ce que les 130 mods ont bricolé là-dedans. Comme prévu, dès l’entrée, on se fait sauter à la gorge par des doppelgangers… Sauf que là, il y en a beaucoup plus que d’habitude. Si vous vous souvenz, je crois vous avoir parlé de ce mod qui a tendance à rajouter aléatoirement des ennemis partout… Bah ce truc allait clairement devenir mon pire ennemi à Durlag.

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Au début, tout semble à peu près normal. Le guide relou qui se fait rapidement buter, tout ça. En fait, la Tour est divisée en deux parties : une, relativement sans intérêt, en hauteur (sympa pour ramasser quelques merdouilles dans des coffres), et un énorme donjon souterrain. Je commence par les hauteurs. Suivons le script.

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La seule quête digne d’intérêt en hauteur concerne une créature prise au piège par un magicien. C’est vite fait, ça rapporte 4000xp, et on en parle plus. Encore une fois, replaçons nous dans le contexte de l’époque : le Level Cap était à 8 ou 9, l’xp max aux alentours de 100 000. C’était une énorme récompense. J’ai d’ailleurs toujours regretté que BG2 fasse commencer le personnage à un niveau si élevé. J’ai beaucoup de tendresse pour ces moments où on tue son premier goon à plus de 1 000 xp ou qu’on débloque son premier sort de niveau 3.

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Ensuite, je commence à explorer les souterrains, avec leurs nains fantômes et leurs énigmes pénibles. Très rapidement, j’étale les premiers adversaires dans des salles pleines de pièges surtout là pour me rappeler que j’ai 150 points de vie et assez de potions de soin pour devenir immortelle. Tout se passe bien, mais je sens que je risque de me faire un poil chier : quasiment aucun mod n’a affecté la Tour de Durlag, à part celui qui fait popper des monstres partout.

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Problème : La Tour de Durlag n’aime pas, mais alors PAS DU TOUT que je croise des monstres pas prévus. C’est la première fois depuis l’installation que le jeu devient vraiment instable : phrases qui tournent en boucle, jeu qui freeze, portes qui font tomber le jeu et me ramènent à windows : la touche de quicksave prend très cher.

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Même chose pour les pièges, qui créent inexplicablement du lag et des clignotements. Ce n’est pas très grave, mais ça me donne une excellente occasion d’admirer (longuement) les superbes éléments qui ont été dessinés spécialement pour Durlag. Sérieusement, si les gens qui font des DLC chez Ubi pouvaient s’inspirer un peu de ce qui se faisait à cette époque, personne n’irait le regretter.

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Je sais que je le dis à chaque fois, mais encore chapeau bas au mec qui a rajouté des tronches à TOUS les personnages, y compris de l’extension.
A part les plantages et cet horrible lag (je prends vaguement peur que ça reste comme ça pour toujours, mais non, ça sera limité au sous-sol de Durlag), je traverse la tour tranquillement. J’ai évidemment un niveau bien supérieur à ce qui est attendu. Je me prends quelques trucs dans la gueule à base d’acide et d’empoisonnement, mais j’ai vraiment un énorme stock de merdes de soin.

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J’ai quelques surprises, au passage. Il y a des coins dont je ne me souvenais absolument pas, comme cette salle où on se fait attaquer par un ours qui lance des boules de feu. Le côté patchwork surnaturel préfigure très bien Lost le Donjon d’Irénicus, la géniale intro de BG2.

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Et parfois, quand on s’ennuie un peu, le génie de tous ces mods agglomérés se rappellent à nous. Vers la fin de Durlag, certains personnages se mettent à commenter les salles traversées. Comme à chaque fois, c’est étonnant, ça s’intègre très bien à l’ambiance, et ça rajoute cette touche d’humanité et d’implication qui manquait des fois un tout petit peu à BG.

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L’arrivée dans l’antre du Durlag est eut-être le pire moment de out ce Let’s Play : à l’issue de la conversation avec le fantôme, le jeu refusait simplement de continuer. C’est une des seules fois ou j’ai du foutre un peu les mains dans le capot pour essayer de comprendre ce qui se passait. Manifestement un problème de téléportation qui merdait. J’ai suivi aveuglément les conseils de forums obscurs traduits en français depuis l’allemand par mon ami google, modifié des valeurs dans la console, prié le petit Jésus, et pouf ça a marché.10

Vers la fin du donjon, quelques petites surprises : un plaisantin trouvait surement que la récompense de cette quête n’était pas suffisante. Alors il a foutu d’immenses sommes d’argent, de pierres précieuses et d’armes magiques dans les tiroirs à slip de M.Nain. Après tout, pourquoi pas, respectez mon rôle play.

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Honnêtement, la quête de Durlag n’était pas la mieux écrite de BG. Néanmois pour un quart d’extension à 199fr, elle contenait quand même des pépites d’ambiance. La mélancolie des fantômes du donjon, la rencontre avec les survivants de l’équipe de bras cassés qui précède le joueur, la montée en tension à l’approche du Chalier Noir, c’est plutôt bien joué. D’autant qu’à l’époque, ledit Chevalier était probablement le deuxième monstre le plus puissant de tout le jeu (à part celui dont on parlera dans le prochain épisode). Et, oh joie, cette partie ne ramait pas trop.

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Comme d’hab, j’essaye en vain de prendre la ligne de dialogue qui sonne la plus conne. Comme d’hab, ça débouche sur une bagarre. Le conflit, normalement très rude, s’achève sans trop de dégâts. La plupart de mes persos sont immunisés contre les pires trucs du démon, genre la mort instantanée. Ce combat est très bien pensé, avec son arène où les persos peuvent facilement se gêner les uns les autres, alors que l’adversaire est très rapide et dangereux.

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C’est en fait en ressortant, et alors que je m’attendais à tout sauf à ça, que je suis cueilli à froid par une équipe d’assassins qui ont été implantés ici avec brio. Des grosses brutes et un magicien bien costaud qui me lattent magistralement la gueule dans les grandes largeurs. Je suis obligé de recharger DEUX FOIS ma putain de sauvegarde pour les étaler.14

 

Le plus horrible est un mec nommé Quintus the Quick, qui a cinq ou six attaques par round et qui me balancent des merdes qui font mouche quasiment à chaque fois, tandis que son pote a des sorts d’immobilisation qui surclassent toutes mes défenses. La stratégie habituelle (mettre Minsc devant parce qu’il a plus de points de vie que Liliane Bettencourt a perdu de neurones ces dix dernières années) finit par payer. Tout ça pour 1500 stupides points d’Xp :/

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C’est donc un groupe un peu amoché qui fait son retour à la Barbe d’Ulgoth, non sans l’habituelle moisson d’objets complètement pétés, comme ce casque qui enlève deux points à la CA, bloque les coups critiques et peut faire se lever les morts de terre. Celui du professeur Xavier fait pâle figure à côté.

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Le dénouement de la Tour de Durlag était une chouette surprise pour l’époque : on retrouve une ville en pleine pagaille, submergée par des maboules d’une secte locale qui font pousser un Grand Ancien dans leur garage. Ce combat est le plus difficile de tout BG 1, et j’avoue pour une fois ne pas le prendre à la rigolade. Je sais que casque atomique et sorts de niveau 4 ou pas, ça changera pas grand chose : va falloir se préparer un peu. Comme le jeu n’est pas SI roleplay que ça, je vais faire la sieste à l’auberge du coin avant de jouer au GIGN (Groupe d’Intervention contre les Gargouilles du Netherworld).

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Sanas surprise, le combat contre les sbires du monstre a été un peu densifié. Ça reste tout à fait gérable, mais ça augure du meilleur pour l’épisode 19 : BON BEN EN FAIT ON VA ALLER A BALDUR, HEIN ?

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Une nouvelle catégorie de Wishlist.

Tout en haut, il y a les séries tellement bien que je suis prêt à sortir de chez moi pour aller acheter un coffret collector ou assimilé. Niveau d’investissement maximum.

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Un peu en dessous, il y a les séries vachement bien, ou je suis prêt à m’abonner à un service de SVOD spécifiquement pour les regarder. Niveau d’investissement très fort.

En-dessous, on a les séries assez bien pour que je demande à Tata Hashimoto ou à Oncle Dudley de m’envoyer les VHS le lendemain de la diffusion locale, quitte à ramer un peu pour les sous-titres, ah qu’il est bon d’avoir de la famille expatriée. Fort niveau d’implication et d’investissement en taxe de copie de sauvegarde.

En-dessous, il y a les séries pas trop mal ou que je ne suis pas certain d’apprécier, et dont j’attends au moins que tout ait été diffusé pour demander un laserdisc d’importation. Niveau d’implication très moyen.

En-dessous, il y a les séries qui traînent pendant des années sur un de mes disque dur pour une raison x ou y et que je finis par regarder un peu au hasard, et c’est souvent pas des excellentes surprises. Niveau d’implication très faible.

En-dessous, il y a les séries « Tiens ça passe à la télé et j’ai cru entendre que c’était pas mal » Niveau d’implication presque nul, mais bon ça vaut parfois le coup.

En-dessous, il y a les séries « Tiens ça passe à la télé et j’avais justement envie de dormir sur le canapé ». Niveau d’implication totalement nul.

En-dessous, il y a les séries « Tiens je sais vraiment pas quoi regarder ce soir, mais bon c’est dispo sur Netflix, du coup en un ou deux clics depuis ma Wii U, c’est réglé. Même pas j’essaye de savoir si c’est bien ou pas. Résultat aléatoire (parfois très bon), pour un investissement de temps et d’énergie presque négatif.

Et en-dessous, il a les séries « houlala on m’en a jamais vraiment dit du bien, mais c’est AUSSI dispo sur Netflix, et j’en ai marre de regarder des webseries acadiennes en mangeant seul le midi, alors essayons et OH PUTAIN JE M’ATTENDAIS A QUOI C’EST VRAIMENT NUL

Qu’attendre d’une série qui a des affiches promo Teal and Orange ?

(En fait, je m’attendais vraiment à une sorte d’X-files très très cheap des temps moderne, et au final, j’ai eu JJ Abrahms qui s’est endormi sur la touche « Flare » de sa console vidéo, des débiles qui se courent après et des méchants totalement obvious qui parlent d’un grand plan secret en jetant des regards suspicieux partout. J’ai quand même franchement rigolé de certains gags involontaires quasiment entièrement basés sur l’héroïne qui prend de la drogue ou qui se cogne dans des trucs à cause d’explosions ou à cause de dialogues qu’on croirait sorti d’un fandub humoristique de Lost, alors je vais pousser encore sur quelques épisodes, mais dès que ça arrêtera de me faire rire, alas, je passerai à autre chose. Comme le reste de cet article le souligne plutôt avec insistance, j’ai plein d’autres trucs à regarder.)

Changeons nous les idées avec quelques films plus ou moins cons.

Hier, j’ai suivi mes propres conseils et chassé quelques nuages noirs de mes connaissances dans les Réseaux Sociaux. Aujourd’hui, c’est le nouveau  jour du reste de la vie dans ce drôle de Monde. Trouvez-ça déplacé ou pas, mais hier après-midi, j’ai passé presque 10H d’affilée dans un jeu vidéo. Quoi de mieux, au fond, pour avoir entre les mains un monde dont on connaît les règles, où on peut maîtriser les problèmes et où il y a quelque chose à comprendre. Même dans la worst ending route du plus glauque de tous les jeux, il y a cette impression diffuse : j’ai fait ce que je pouvais. Bon.

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Mais y’a pas que le pad dans la vie. Voici une parfaite occasion de voir quelques films que j’ai vu cette année qui devraient vous remonter un peu le moral. J’en ai chroniqué certains sur ce site, et d’autres pas.

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My Darling is a Foreigner (aka Mon Chéri est un Bakagaijin), comédie touchante sur un couple nippo-italien, basé sur une histoire vraie ou je ne sais quoi

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Birdemic Shock and Terror, très très haut dans la liste des pires films jamais réalisés, il est vraiment très difficile de ne pas se pisser dessus de rire devant

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Piranha DD, vous prenez le déjà réjouissant nanar volontaire Piranha 3D, vous transposez l’intrigue depuis un lac vers des piscines et des baignoires, vous divisez le budget par dix et vous ajoutez David Hasselhoff dans son propre rôle. Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ?

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Wapakman, un film de Super héros Philippin où il est beaucoup, beaucoup question de caca.frankenhooker-aff2

Frankenhooker, (tout est dans le titre), série B culte aux US. C’est plutôt mérité, honnêtement.Juan-of-the-Dead-poster

Juan of The Dead, un film Cubain, où un looser, et ses amis (dont un travesti) essayent de faire du bizness pendant une invasion de zombie, alors que la propagande du régime prétend qu’il s’agit d’une invasion américaine. Allez, pour fêter la sortie de Cuba de l’Axe du Mal, allez-y !

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Swing Girls, avec ses jeunes délinquantes Japonaises qui apprennent la beauté du Jazz et deviennent plus ou moins gentilles grâce à la musique et à l’amitié. C’est aussi con et réjouissant que peut l’être un film japonais sur la musique. Un genre de joyeux bordel qui mélange K-on et Rookies.

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Le casse de l’Oncle Tom, (joie des années 70, le film sortirait aujourd’hui il s’appellerait probablement « Very Harlem Sex » chez nous). De la Blaxploitation en roue libre, ça tire de partout, ça s’envoie des punchlines et tout le monde a des moustaches et des afros.

C'est malhonnête de ma part en vérité, j'ai trouvé la seule jaquette vraiment dégueue et racoleuse (edition allemande). Les éditions polonaises sont moins pute-a-clic.

Mission Sexe, le film de SF Polonais dont je vous causais il y a peu.

Jeu concours : le Chamboultout des films

GRAND JEU : Voilà dix affiches de films que j’ai regardé ces derniers temps. J’ai mélangé les affiches, les titres, le pitch et mon avis sur la qualité du bouzin.
Le premier qui arrive à tout remettre dans l’ordre sans erreur gagne heu je sais pas quoi, disons des jeux de merde en bundle ou deux tomes de Detective Conan que j’ai en double, au choix, mais dans le deuxième cas c’est à retirer dans le quatre-un. Répondez dans les commentaires, ou sur FB, ou chaispasoù par boîte postale.

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AFFICHE 1

Titre :Cougars Inc.
Pitch : Un film d’horreur arty-hipster ou il est question d’accouchement…. ET C’EST CHIANT !
Mon avis : C’était un peu trop théâtral, mais c’est le genre baston-asiate qui veut. C’était plutôt divertissant, quand même.

 

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AFFICHE 2

Titre : Real Fiction
Pitch : Des Yakuzas et d’autres gens qui vont se fritter contre des zombies ou des vampires, je sais plus… DANS LA FORET !
Avis : C’est rigolo, c’est le premier truc que j’ai regardé via Netflix (pour essayer la qualité). C’était anecdotique, du sous Edgar Wright si on veut, mais ça se laisse regarder.

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AFFICHE 3

Titre : Cockney vs Zombies
Pitch : Une équipe de documentaire naturaliste à la Strip Tease s’invite chez des suceurs de sang… EN BELGIQUE !
Avis : Ça redéfinit largement le mot « chiant » en y apportant tout un tas de nuances nouvelles et non-désirées.

4

AFFICHE 4

Titre : Ashura
Pitch :  Un type reçoit une greffe de coeur et soudain c’est comme un vieil épisode de Eerie Indiana avec du swap de personnalité… EN MOINS BIEN !
Avis : Je ne sais même pas si c’est bien ou pas, comme je disais, j’ai du revérifier de quoi ça parlait, quand même.

5

 

AFFICHE 5
Titre : Gut
Pitch : Un peintre au chômage va croiser un manipulateur qui lui demande soudain de tuer tout un tas de gens… ET IL LE FAIT !
Avis : Honnêtement, je me suis endormi au bout de quelques dizaines de minutes, ce qui est une honte parce que le réalisateur est genre méga important dans son pays et tout, mais comme dit un copain, on est obligé de regarder un film en entier que si on a passé la moitié et je me suis arrêté avant.

6

Affiche 6

Titre : Triangle
Pitch : Le personnage doit courir après un tueur du futur…. ET C’EST LUI !
Avis : La réalisation est inintéressante pour un film lambda du genre (ça aurait pu être un truc pour ménagère au chômage le samedi sur M6), mais je me suis pas senti plus concerné que ça, et on y croit pas une seconde.

 

7

AFFICHE 7

Titre : Tell Tale
Pitch : Un jeune homme paumé monte une agence d’escort… DE GARCONS A LOUER POUR DES MILFS !
Mon avis : Cinéma de genre Japonais, tu pourrais parfois être moins approximatif et grandiloquent, on ne s’en porterait pas plus mal.

 

8

 

AFFICHE 8

Titre : Versus
Pitch : Des vampires comiques attaquent une bande de débile dans une ville qui… Oh attendez, j’ai pas chroniqué ce film sur ce site, déjà ?… PEUT-ETRE QUE OUI !
Avis : Ce film est absolument génial (la réal comme le plot), le fait qu’il soit sorti en DTV en France est un scandale qui prouve qu’on a de la merde dans les yeux.

 

9

AFFICHE 9

Titre : Blood on the Highway
Pitch : Des gens courent dans tous les sens et font des bagarres pour une bonne raison : empêcher le retour…. DE LA REINE DES TÉNÈBRES !
Avis : La forme mockumentaire est amusante, et malgré quelques longueurs on ne peut que saluer l’audace de l’ensemble.

10

AFFICHE 10

Titre : Vampires
Pitch : Des braqueurs vont devoir se battre contre une bande de morts-vivants… AVEC DES VIEUX !
Avis : Malgré les très gros noms qui sont derrière (ou qui affirment être derrière mais ne le sont que pour des histoires d’impôts) je n’ai absolument rien retenu au point que j’ai du aller sur Wikipedia pour retrouver de quoi ça parle.

Au Service de Satan (2004), où comment j’ai regardé un tueur en série marrant buter une bande de mongolitos.

Il aura fallu que je traîne sur Wikipedia à la recherche d’info sur ce film obscur pour me faire exploser à la gueule par une notion socioculturelle qui a chamboulé ma perception de l’art, voire de la vie en générale : la notion d’œuvre semi-culte (semi cult following). En gros, les œuvres qui deviennent une référence pour ceux qui les ont vus, mais qui sont paisiblement ignorés par le reste de la population. Pulp Fiction, c’est culte, Executive Koala, c’est semi-culte.

Poster_of_the_movie_Satan's_Little_Helper

Et bien que ça soit probablement la première et la dernière fois que je suis amené à débattre de cette notion, je dois dire que le qualificatif me paraît un peu foireux concernant Satan’s Little Helper. Je comprends assez bien qu’on ressente une forme d’attachement pour ce film, mais je ne suis pas absolument persuadé que plus de vingt personnes sur Terre l’aient véritablement regardé en entier, et qu’au moins dix d’entre elles en aient retenu quoi que ce soit.

Mais eh, vous me connaissez. Journalisme de l’extrême, insomnies, lancer un film complètement au hasard tiré des entrailles de mon backlog et écrire dessus. 30 ans, une vie, encore mieux résumée que dans ce sympathique bouquin toujours en vente dans toutes les bonnes charcuteries. Alors jouons le jeu, semi-culte, voyons-ça.

Même si j’admire le fait de faire tout un film sur un calembour idiot, nous nous référerons ici au titre français « Au service de Satan« , qui a le mérite de survendre le côté horreur, alors qu’on va surtout assister à une comédie stoner-gore pour enfants (ok, c’est horrible en soi). Perso, si j’avais du traduire le titre en gardant l’esprit original, j’aurais sans doute opté pour un truc du genre « Petit Concon Noël » -mais bon ça aurait aucun sens, ça se passe pas à Noël- ou « Satan Bête ». Ou alors « Halloween-win situation », je sais pas.

Bref.

Au Service de Satan est l’ultime film de Jeff Lieberman (il est pas mort, mais semble à la retraite depuis), cinéaste B/Z resté coincé à l’époque de l’âge d’or de la VHS et coupable entres autres du script de l’Histoire sans Fin 3 à la suite duquel la honte l’a précipité à se réfugier dans un ashram pendant 10 ans avant de sortir de sa retraite fou et malade pour réaliser Au Service de Satan (version romancée, la version plus probable étant qu’il était à court de coke ou qu’il a reçu des impôts un peu salés). Le film aligne une galerie d’inconnus, une jeune première de 26 ans supposée jouer une adolescente et qui aura une longue carrière de Viking devant elle, un Stephen Graham jeune et mal à l’aise avec ses cheveux qui n’est pas le Stephen Graham qu’on voit dans plein de films anglais , une actrice à la carrière déclinant telle une météorite, et des figurants énervants.

Goofs : Les familles incestueuses  produisent assez rarement ce genre de physique.
Incohérence majeure : Les familles de drogués incestueuses et isolées produisent assez rarement ce genre de physique.

Oh, et un gamin. Les gamins, au cinéma, a fortiori dans les films de genre. Je ne sais pas où ils vont les chercher, mais neuf fois sur dix, ils redéfinissent les bornes du concept de tête à gnon et ne font plus jamais de film après. Là, ça ne rate pas, on nous sert un héros (les films d’épouvante sont rarement gamin-centrics, d’ailleurs) laid comme un pou, qui joue avec la bouche ouverte, la lèvre molle, sorte de fusion dégoutante entre Harry Potter et Edouardo Pisani. Ce moutard est répugnant, et il sera à l’écran l’essentiel du film.

Empathie.
Empathie.

Je n’ai pas, vous l’aurez noté, pointé cet enfant-acteur tout nul comme un défaut. En effet, son côté horriblement agaçant et parfois dérangeant dans l’ampleur de sa connerie va contribuer à un procédé involontaire, mais rare : la transformation du tueur du film en créature éminemment sympathique dont on espère bien qu’il va réussir à liquider l’ensemble du casting en leur faisant le plus mal possible. Parce qu’ils sont super pénibles et que lui est plutôt chilly.

Je brûle un peu les étapes. Au Service de Satan, c’est avant tout une histoire pleine d’absence de rebondissements. C’est le jour d’Halloween sur la petite île de chaispasquoi (mais c’est une île voilà, on peut pas y aller sauf en hélico, d’où peur, bouh). Le petit Douglas -notre tête à claque- est un accro aux jeux vidéos (c’est mal), amoureux fou de sa grande sœur (cherchez pas, c’est le côté insulaire), qui passe ses journées à jouer à « Satan’s Little helper », un jeu vidéo réalisé avec des diapositives MS Paint où on doit faire de mauvaises actions pour aider le diable à triompher. Déguisé en diablotin, donc, il va passer la soirée avec sa sœur (qui pourrait presque être sa mère), son petit ami (pauvre Stephen « not the british actor » Graham), et sa maman (une vieille folle « tout le temps stone » comme si c’était une excuse pour jouer aussi mal).
Ah oui parce que sans explications particulière de la part du scénariste, il est établi que la plupart des adultes sont tout le temps « stone » sur cette île, du coup, ils remarquent pas les trucs bizarres autour d’eux.
Au bout de dix minutes, t’as déjà envie d’enterrer toute cette clique de mongoliens sous dix tonnes de déchets dangereux. Les personnages font et disent n’importe quoi, ne bitent pas une seconde ce qui leur arrive, sont lents et mous, et baignent dans une ambiance mi-incestueuse mi-plouc dans des décors qui évoquent assez farouchement le début des années 90, comme si le réalisateur avait remonté le temps pour filmer Miquelon-Langlade en train de fêter la réélection de Mitterand tout en essayant de nous vendre un truc se déroulant en 2004.

Avez vous liquidé votre backlog GBA ?
Avez vous liquidé votre backlog GBA ?

Le même jour, le psychopathe incendiaire local est bien entendu remis en liberté et commence, déguisé en Satan, à tuer des gens pour de vrai sur l’île.
Suite à un imbroglio complètement basé sur le fait que Douglas soit manifestement attardé, ce dernier va croire que le tueur est VRAIMENT le Diable, et à traîner joyeusement avec lui pendant qu’il commet des meurtres. A noter que selon les moments du film, le petit semble conscient que c’est un jeu, et à d’autres pas du tout. N’y voyez pas une analyse profonde de la psychologie infantile, mais plutôt d’énormes erreurs dans le ficelage du scénar.

Pendant une heure et quelques, le tueur va donc déambuler dans une ville de débiles légers incapables de différencier une vraie pendaison d’une mise en scène, et dézinguer la moitié du casting en se faisant passer pour diverses personnes pour brouiller les pistes de manière tout sauf subtile. Mais dès le troisième meurtre, une bande de maboules va commencer à piller et à brûler le bled en étant persuadés que c’est la fin du monde. La encore, les habitants semble coup à coup persuadés que les meurtres sont faux puis que les meurtres sont vrais, mais là encore, faut pas trop chercher de cohérence.

Les tronches des figurants ne sont pas franchement mémorables, malgré les efforts de costumes et de grimaces.
Les tronches des figurants ne sont pas franchement mémorables, malgré les efforts de costumes et de grimaces.

Tout ceci sera entrecoupé de quasi agressions sexuelles (à moitié consenties par la grande-sœur parce que persuadée que perpétrée par son copain -ah bah ça va alors- insulaire on vous dit), de gens étripés vifs, ou emballés dans du film alimentaire, ou découpés pour tracer des smileys de sang, ou juste tués à coup de pelle, notre tueur fou ayant un mal manifeste à fixer un mode opératoire. Peut-être parce qu’il est trop occupé à ne pas énucléer le petit crétin qui l’accompagne en hurlant « vas y, Satan, emmène-moi en enfer » !

Sexe oral habillé à travers un gros masque de latex. La pudibonderie américaine m'étonnera toujours
Sexe oral habillé à travers un gros masque de latex. La pudibonderie américaine m’étonnera toujours

Le film opère un renversement spectaculaire sur la fin : une scène de bal qui verse quasiment dans la comédie d’horreur, le tueur qui commence à faire des doigts aux passants, puis qui se déguise en Jésus pour mettre à bien un plan vraiment inutilement compliqué, puis divers retournement finaux qui virent à un home invasion façon Surprise-sur-prises, et une conclusion ouverte d’une connerie totale. On sent presque le réal balancer le scénar en l’air en hurlant qu’on a qu’a pas tourner les vingt dernières pages et que finir par un fondu au noir sur n’importe quoi suffira amplement, vu le destin auquel est promis le film -semi culte, on vous dit-

Sous le *pouet pouet* de Satan
Sous le *pouet pouet* de Satan

Est-ce que j’avais vraiment besoin de m’infliger ça pendant une heure trente de ma vie qui ne reviendra jamais ? J’aimerais vous répondre non, tellement les questions rhétorique me foutent la pression, mais je vais quand même braver la logique et répondre par une autre question comme un vieux rabbin jeanfoutre : est-ce que c’était si mauvais que ça ?

Si certains ont qualifié Au Service de Satan de semi cult, c’est parce qu’il est à certains égards assez unique. Difficile à situer dans le temps et dans l’espace, le film a l’air de se passer n’importe quand sauf au début des années 2000. Le grain de l’image, très DTVHS 80’s, les fringues, les coiffures et les costumes très 90’s, les décors moches et gris quand même bardés d’éléments naïfs et fluo, le faux sang et les faux boyaux qui évoquent du sirop de grenadine, les acteurs à côté de la plaque, les péripéties improbables étirées dans tous les sens, les personnages adultes qui évoluent défoncés et hagards… Le film a un côté bizarre, raté certes mais raté d’une manière insolite. Vous préparez une omelette, et c’est un mauvais gaspacho qui sort de la cocotte, avouez que c’est pas piqué des vers.

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Des blagues de Drag-queen, comme si on était vraiment dans les Guignols de l’Info sous le premier mandat de Chirac.

Les personnages dans Au Service de Satan sont tellement cons qu’ils finissent par créer un atout inatendu à la péloche à mesure qu’elle commence à verser dans la pure comédie involontaire : le tueur en série masqué apparait progressivement comme un petit gars super sympa. Se foutant ouvertement de la gueule de cette bande de caves, multipliant les facéties et les pantalonnades, il traverse le film comme une sorte de commentateur muet de la vacuité des autres. On devient complice de sa cavale meurtrière en slow motion, en se demandant pourquoi, au fond, il faudrait vraiment être opposé à ses actions. Tuer des gens, c’est mal, ok, mais quand ils sont super énervants ?

Les tripes sont assez clairement des bouts de tuyaux en plastoc rempli de colorant rouge fluo (comme ceux d'une vraie personne, si j'en crois la plupart des films vus ces vingt dernières années)
Les tripes sont assez clairement des bouts de tuyaux en plastoc rempli de colorant rouge fluo (comme ceux d’une vraie personne, si j’en crois la plupart des films vus ces vingt dernières années)

Puisqu’ils sont sur cette île tous idiots, et trop bêtes pour arriver à l’arrêter alors qu’ils laisse 200 preuves par meurtre et se déplace à deux à l’heure, après tout, pourquoi le contrarier ? C’est le seul à faire ce que le spectateur agacé voudrait faire avec tous ces guignols geignards : libérer ses pulsions meurtrières, arracher les personnages ratés du scénario et les clouer sur la tête du réalisateur en lui demandant de s’expliquer. Plutôt qu’un slasher, nous voilà face à un insolite navet de clown tueur cabotin. L’Evil clown est un genre qui semble voué à être complètement raté et ringard en soi, sauf quand dans le cas qui nous occupe le réalisateur semble avoir fini par en arriver là un peu au pif, sans trop savoir où il allait.

La fin du film lâche la bride au nawak le plus complet.
La fin du film lâche la bride au nawak le plus complet.

A noter aussi la présence des habituels plans-nichons inutiles, un cunni pratiqué par un type masqué dont on se demande bien comment il a fait (ARE YOU A WIZARD SATAN), et diverses scènes du même ordre qui nous rappellent pourquoi la plupart du temps, les personnages principaux des films d’horreur ne sont pas des enfants de moins de douze ans.

Mwo tro mignon
Mwo tro mignon

Au Service de Satan est disponible un peu partout en DVD pour le prix de deux cafés et inédit en VOD. Je laisse la question de savoir si ça les vaut aux historiens du cinéma.

 

Netflix vs Mon_Disque_Dur

Bonjour à tous, aujourd’hui, nous allons répondre à la question qui nous taraude tous et à laquelle la presse corrompue n’ose pas répondre (#tabou #zeitgeist #illuminatis) : qui est-ce qui gagne entre Netflix et Mon_Disque_Dur ?

Dites non.

Préambule 1 : Veuillez considérez avant toute croisade morale que je dépense légalement vraisemblablement plus que vous en matière de produits culturels. C’est juste que dépenser des milliers d’euros par ans en bouquins, disques, DVD, jeux ou autres n’empêche pas mon cousin en stage aux philippines de m’envoyer par container des laserdisc de nanars avec des nains. Je corrobore parfaitement cette étude de la Hadopi qui assimile les plus gros téléchargeurs aux plus gros acheteurs. (de plus, je suis actuellement abonné à Spotify, Noco et, donc, Netflix.)

Préambule 2 : Si à l’issue de ce test vous vous dites que je passe trop de temps devant des vidéos sur le net, vous n’aurez peut-être pas tort, mais c’est à mettre en parallèle avec le fait que je ne regarde quasiment pas la télévision.

Methodologie : Mon_Disque_Dur désigne l’ensemble des moyens de regarder de la vidéo sans payer, c’est à dire mes deux disques durs externes (Miss Modok et Modok Junior, le second servant surtout à stocker des animes), le DD de mon pc de bureau, divers appareils annexes (laptop, notebook…). Nous ne parlerons pas ici du streaming illégal, que je ne pratique pas du tout. Pour faire simple, nous utiliserons une icône de MODAM pour mon disque dur, et une image de videoclub rétro pour Netflix.

Mon_Disque_Dur a été testé sur mon PC perso équipé d’un wifi tout naze et d’un écran 27 ».

Netflix a été testé sur le même PC et sur WiiU en ethernet, sur un écran Hd 107cm milieu de gamme.

Le match se déroule en treize rounds.

1 Quantité de l’Offre

Netflix : Bien sûr, pas mal de gens ont été déçus quand le catalogue a été révélé. Moi, ça m’a semblé cohérent avec ce qu’on savait : une chronologie des médias en France toute pétée, des ayants-droits ultra arqueboutés sur le système actuel qui couvent leurs exclus, la très forte résistance des autres plates-formes. Quelqu’un m’a récemment qualifié ça de « disquaire ou il n’y aurait que des face B de 45t », ce qui n’est pas faux, mais légèrement injuste. En fait, on a une assez bonne sélection de quelques dizaines (centaines) de films et séries de ces dernières années en quantité déjà assez importante pour en regarder jusqu’à la fin des temps. Pour les films, je suis loin d’en avoir autant sur mes DD, pour les séries, par contre, je pense que je gagne. Mais Netflix possède des titres que j’aurais probablement zappé.

Il y en a pour tous les goûts, mais quand même un peu plus si vous n'avez rien contre les navets.
Il y en a pour tous les goûts, mais quand même un peu plus si vous n’avez rien contre les navets.

Mon_Disque_Dur : La quantité de l’offre est forcément limitée par mes capacités de stockage. (disons, en cumulant tous mes périphériques, 4To). MODAM n’a aucune difficulté à concéder le point.

NETFLIX WINS
NETFLIX WINS

Netflix 1 – MODAM 0

2 Qualité de l’Offre

Netflix : Le catalogue est assez brillant dans certains domaines (séries UK, par exemple), et extrêmement pauvre dans d’autres (ce qu’ils nomment « films étrangers » par exemple, qui n’est ni FR ni US). C’est relativement aléatoire, en fait. Si on ne cherche rien de particulier, on a toutes les chances de trouver des trucs chouettes. Si on cherche un truc précis, on a toutes les chances de ne pas le trouver. Ça ressemble à la supérette du kabyle du coin : si tu sais pas ce que tu veux manger, ça dépanne, si tu cherches à y faire l’ensemble de tes courses, tu vas vite galérer.

L'enfance de l'art
L’enfance de l’art

Mon_Disque_Dur : Entre les trucs qu’on m’a filé dans des orgies de DD avec les copains, les trucs que j’ai rippé, ceux que j’ai téléchargé au pif ou sur conseil et mon goût immodéré pour les expériences cinématographiques extrêmes, je n’ai absolument pas peur de dire que Mon_Disque_Dur possède une offre d’une qualité absolument exceptionnelle. Mon_Disque_Dur gagne haut la main.

MODAM WINS
MODAM WINS

Netflix 1 – MODAM 1

3 Interface

Netflix : Bon, c’est laid, et pour le moment, ça a tendance à ne pas très bien fonctionner. C’est étrangement plus joli et plus fluide sur WiiU, MAIS la recherche et les catégories n’y fonctionnent pas pour le moment. Franchement, c’est pas terrible.

8

Mon_Disque_Dur : Ce sont des dossiers rangés en deux grandes catégories (« vu » et « pas vu ») elles-mêmes redécoupées en sous-sections, voilà. Moi je m’y retrouve très bien, mais il faut bien avouer que si je prenais les deux en mains sans connaître aucune des deux interfaces, l’avantage de mes Modoks ne serait pas évidente.

NOBULODY WINZU
NOBULODY WINZU

Match nul, disons.

Netflix 1 – MODAM 1

4 Commodités d’utilisation

Netflix : Une fois que tu as trouvé la vidéo, tu appuies dessus, et ça se lance. Le passage de la LD à la HD se fait à la volée, de même que le changement de langue. Rien à dire, nickel, un babouin y arriverait.

9
A noter que les dossiers « ebook » et « musique » contiennent essentiellement des choses acquises totalement légalement.

Mon_Disque_Dur : Je ne calcule même plus le nombre de vidéos que j’ai du regarder directement en tagalog faute d’avoir trouvé le bon fichier .srt. Certaines vidéos ne marchent pas, ça peut planter, j’arrache régulièrement le cordon du DD avec mon pied, non, sérieux, c’est roots, Netflix gagne cette manche.

NETFLIX WINS
GANBATTE Videoclub-kun

Netflix 2 – MODAM 1

5 Qualité Vidéo

Netflix : N’arrive pas à charger la meilleure définition sur mon Wifi tout nul, mais ça va, ça reste correct. Sur WiiU sur grand écran, ça ressemble à un DVD bien compressé. Sauf sur les vidéos qui sont dégueues à la base, on est dans la réalité, pas dans Bones.

Eh Teki sais tu ce que c'est qu'être manutentionnaire / oui / eh bah moi non c'est dans mon imaginaire
Eh Teki sais tu ce que c’est qu’être manutentionnaire / oui / eh bah moi non c’est dans mon imaginaire

Mon_Disque_Dur : Ça dépend un peu de moi. Je regarde quand même beaucoup de films qui ont été tournés avec du matériel soviétique et transférés depuis des VHS, donc pas la peine de regarder ça en Blurayrip.hdtv.lol. Mais pour les films où je veux que la version claque bien, forcément je fais une copie de sauvegarde en très haute définition quitte à la bazarder après si c’est trop gros.

Victoire de Modok qui me laisse un choix de définition plus large.

MODAM WINS
Terra hot-ctet.

Netflix 2 – MODAM 2

6 Utilisation sur d’autres plates-formes

Netflix : Ça marche tellement bien, et on est tellement plus habitués à l’ère de Windows Live Gaming et compagnie que c’est vraiment incroyable. En moins d’une minute, mon compte marche sur n’importe quel écran relié à Internet. Pas de « confirmez douze fois votre mail », de captchas dégueux,

Conduisez moi à votre chef
Conduisez moi à votre chef

Mon_Disque_Dur : Implique de bouger du matériel, d’utiliser des clés USB et des cables ethernet. Aucune difficulté, mais c’est moins plug&play.

Netflix gagne celle-ci.

NETFLIX WINS
Rembobinez.

Netflix 3 – MODAM 2

7 Recherche dans le catalogue

Netflix : C’est un classement par genre. Une dizaine de catégories qu’on peut redécouper, mais ça marche pas super bien. L’onglet de recherche est un index qui marche moyennement bien parce qu’il n’y a pas assez de films dans la base de donnée.

Je m'y retrouve mieux dans le mien, quand même.
Je m’y retrouve mieux dans le mien, quand même.

Mon_Disque_Dur : c’est donc un classement par type de vidéos, puis alphabétique par titre de fichier, et honnêtement, ça marche pas super bien non plus, entres autres à cause des titres bizarres ou des vidéos qui contiennent autre chose que ce que leur titre suggère

Match nul, dans les deux cas c’est pas brillant.

Tout le monde a gagné des bisoux
Tout le monde a gagné des bisoux

Netflix 3 – MODAM 2

8 Prix

Netflix : 9€/mois pour deux écrans en simultanée et la HD.

GEOPOLITICS
GEOPOLITICS

Mon_Disque_Dur : j’ai acheté les premières pièces de mon matériel actuel début 2008 (il y a environ 70 mois) : 1500€ de PC environ, plus 200€ de HDD et environ 80€ de clés USB diverses = 25€/mois.

Netflix gagne, même si mon calcul est foireux (il gagne d’autant plus que Miss Modok commence à accuser son âge…)

NETFLIX WINS
Excusez-moi mais vous ne louez pas de Betamax ?

Netflix 4 – MODAM 2

9 Sécurité

Netflix : RAS, c’est parfaitement safe, on est dans un univers de paiement sécurisé (du moins j’espère) et aucun risque de chopper l’ebola ou de voir une meuf se faire exploser le popotin par mandigo en pensant regarder Pirate des Caraïbes 3, real story bro (qui date de l’époque ou les gens faisaient des blagues sur Edonkey). A noter une plate-forme dédiée pour les enfants, qui ne contient que des programmes « safe ».

13
Attention Falcam !

Mon_Disque_Dur : normalement, je fais gaffe, mais il faut bien avouer que c’est pas ce que je qualifierai de pratique safe en terme d’informatique. Y’en a qui ont eu des problèmes, allez, Netflix, je te la laisse celle-là aussi.

NETFLIX WINS
Vous n’avez pas le dernier Van Damme ?

Netflix 5 – MODAM 2

10 Convivialité

Netflix : A part les habituelles features pour espionner ses amis via Facebook, Netflix reste un site moche pour lancer des vidéos. C’est ni plus ni moins convivial que n’importe quel DVD ou soirée pizza-télé.

*oishii~*
*oishii~*

Mon_Disque_Dur : Fuck yeah partouze de Disques Dur suivie d’une soirée à regarder un nanar chiliano-malgache ! Mon_Disque_Dur est infiniment plus convivial, ça ne fait absolument pas un pli.

MODAM WINS
MIAOU

Netflix 5 – MODAM 3

11 Bugs

Netflix : Actuellement, Netflix a tendance à planter quand on recherche des trucs un peu trop précis dans la catalogue, mais ça reste modeste.

Meta article.
Meta article.

Mon_Disque_Dur : Sauf quand un fichier est corrompu ou que mon cable de raccordement a un faux contact, rien à signaler, mais comme je le disais, Midd Modok vieillit et fait des bruits pas rassurants. Match nul pour le moment, mais ça ne sera peut-être pas la même chose dans quelques mois, si netflix est bien débuggé et que Mon_Disque_Dur est aux fraises.

16
Oui alors j’ai trouvé ces trucs sur 4chan, il y avait un thread sur les répliques les plus drôles du hentai.

Netflix 5 – MODAM 3

12 Critères subjectifs

Netflix : Netflix, je l’ai attendu pendant longtemps. A l’époque de canalplay, j’ai vraiment pensé qu’on allait sortir de la préhistoire numérique en terme de SVOD, mais non, c’était complètement aux fraises (ça l’est encore). Alors que Netflix arrive, ça fait forcément plaisir, d’autant que la promesse est à peu près remplie (plein de trucs accessibles facilement et légalement contre une petite contribution). Et que ça fait chier les acteurs ultraconservateurs en place qui font chier la bite pour que rien ne bouge jamais dans l’industrie culturelle.

Ca a un charme fou, quand même <3
Ca a un charme fou, quand même ❤

Mon_Disque_Dur : j’ai dit que c’était des critères subjectifs… Alors je m’en fous, je fous un point à MODAM parce que c’est mon disque sur, ma collection de trucs que je glane sur le net depuis 1998 et qui a fait de moi le beau jeune homme flamboyant et équilibré que vous connaissez.

MODAM WINS
Muhwaifuh

Netflix 5 – MODAM 4

13 Critères moraux

Netflix : C’est légal (c’est bien), on peut espérer que ça rémunère un peu les ayants-droits (haha), et au moins, on pourra pas dire que je ne joue pas le jeu de l’offre légale. Mais qui est-ce que j’essaye de tromper ? Netflix est une multinationale capitaliste qui a choisi de ne pas payer ses impôts en France. Mes sous vont donc engraisser de gros capitalistes à hauts de forme dans la silicon valley plutôt que de payer ma retraite ou je sais pas quoi. C’est mal.

L'image la plus rigolote quand on tape "evasion fiscale" dans google image
L’image la plus rigolote quand on tape « evasion fiscale » dans google image

Mon_Disque_Dur : C’est illégal (bouh), mais à chaque fois que j’achète un support de stockage, je crois qu’il y a plus d’argent perçu par les sociétés de collectes de droits que quand je fais quoi que ce soit sur Netflix, non ? Alors c’est pas bien, mais on va dire match nul.

Vous trouvez ça dommage que ça soit la dernière image, non ?
Vous trouvez ça dommage que ça soit la dernière image, non ?

BILAN TOTAL ET DEFINITIF YADDI YADDA

SCORE FINAL : Netflix 5 – MODAM 4

BRAVO NETFLIX TE VOILA OFFICIELLEMENT L'AVENIR
BRAVO NETFLIX TE VOILA OFFICIELLEMENT L’AVENIR

Netflix gagne le match de très peu, de tellement peu en fait que je suis tenté de déclarer les deux vainqueurs : si Netflix peut très bien faire office de petit vidéoclub du coin de la rue, Mon_Disque_Dur est cette pièce bizarre, au fond, avec les hommes en imperméable et des lumières rouges.

Et vous savez tous que quoi que vous puissiez dire ou penser, l’un ne va pas sans l’autre. Comme les images rigolotes dans mon article empreint d’un incontestable sérieux méthodologique et scientifique.

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The Jerk, aka NOT FORREST GUMP

Bonjour, j’ai été malade, remerciez mon organisme incapable de gérer les insectes tropicaux du 41, alors voilà, une semaine sans rien écrire, tant pis, j’espère que vous survivâtes. Dans mes rares moments de lucidité, j’ai quand même regardé par erreur un film que je pensais être du génial Rob Reiner mais qui s’est avéré être un film de son père, Carl Reiner. Wat.

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Comédie culte (seulement aux US, cherchez pas) de la fin des années 70, The Jerk raconte l’histoire d’un handicapé mental léger du fin fond des Etats-Unis qui va s’engager dans un voyage assez comique sur les routes US et vivre tout un tas d’aventure puis devenir immensément riche, oui, je sais, vous avez déjà vu ce film, sauf que dans celui-ci il n’y a pas Elvis, et que la meuf du mec ne meurt pas à la fin, et que le placement de produit se focalise plutôt sur des marques d’huile oubliées des années 70 que sur des gros plan sur le logo d’Apple.

Steve Martin qui a du naître avec les cheveux blancs découvre avec stupeur qu'il a été adopté, lol.
Steve Martin qui a du naître avec les cheveux blancs découvre avec stupeur qu’il a été adopté, lol.

The Jerk, c’est Steve Martin (oui oui, le mec de la Panthère Rose, de Treize à la Douzaine, tout ça) qui avait déjà une tête de vieux bizarre à l’époque. A l’époque, Martin est une star du stand-up mais n’a pas encore trouvé le grand rôle qui va le faire passer au cinéma. C’est ce film qui va lancer sa carrière, et pas la lancer n’importe comment : réalisé avec trois bouts de ficelle et 4 millions de dollars, The Jerk va être un triomphe et rapporter vingt fois la mise aux producteurs.

Dans les moments très réussis du film : ceux ou les personnages interprètent eu-même la bande-son
Dans les moments très réussis du film : ceux ou les personnages interprètent eux-même la bande-son

C’est un peu curieux, à posteriori, tant le film n’est en fait pas si drôle que ça, même replacé dans le contexte des années 70 finissantes, mélangeant crise, parenthèse enchantée, quelque part entre le règne du politically correct et du début du trash punk. Certains gags étaient peut-être assez novateurs pour l’époque (haha un viol inversé, haha ce mec n’avait pas compris qu’il était adopté alors que toute sa famille est noire), mais l’ensemble baigne dans une lenteur et une poussivité étrange. Presque sans bande son, largement composé de plans de Steve Martin en train de faire des grimaces, The Jerk n’est pas un spectacle désagréable, mais plutôt empreint d’une sorte de langueur, d’un rythme lent et désuet (pas aidé par une réalisation grise et terme qui évoque plus les années 60 que la décennie fluo eighties à venir). Ainsi, un plan sur trois gangsters en train de fumer un joint peut constituer un gag de plus d’une minute (alors que les années psychédéliques sont déjà du passé et que les films de Cheech et Chong cartonnent dans l’Underground). Reste quelques répliques de Martin qui font mouche (« I don’t like to play the blues because those songs make me sad »), quelques gags visuels qui marchent bien, et quelques moments plus transgressifs qui secouent un peu la rétine (le type qui va tirer sur des gens au hasard pris dans l’annuaire, séquence malsaine et surréaliste)

Hahaha un viol inversé. (par une motarde nazie, ça ne gâche rien, on savait rigoler dans les 70')
Hahaha un viol inversé. (par une motarde nazie, ça ne gâche rien, on savait rigoler dans les 70′)

En fait, le film souffre de l’obligatoire comparaison avec un Forrest Gump shooté quinze ans plus tard, variation sur un même thème beaucoup plus inspirée, avec certes plus de moyens, mais surtout une plume plus fine, et une vision plus pertinente de l’Amérique en crise. The Jerk n’a bien sûr rien demandé, il était là avant, et est tout sauf une comédie déshonorante. Mais bon, de temps en temps, un rejeton brillant renvoie ses parents dans l’anonymat, c’est le cycle du monde, c’est l’ascendeur social, ainsi va la vie et toutes ces sortes de chose.

Le film mélange un ton très "United Colors"  et d'interminable plans de noirs en train de jouer du blues dans une vieille cabane. Encore plus entre tradition et modernité que le Japon et la Corée réunis.
Le film mélange un ton très « United Colors » et d’interminable plans de noirs en train de jouer du blues dans une vieille cabane. Encore plus entre tradition et modernité que le Japon et la Corée réunis.

The Jerk est disponible en DVD et en Blu Ray (sous le titre français absolument improbable Un Vrai Schnock), mais pas en VOD à ma connaissance. Et j’avoue que l’acuité commerciale des gens qui ont voulu remasteriser ça en HD m’échappe un peu, peut-être parce que Steve Martin, je sais pas.

 

 

Dix mauvais films, dix mauvais haïkus

Tous les films ne méritent pas vraiment un article de fond avec des punchlines et des extraits sur Youtoob : certains sont simplement sans intérêt, ou n’appellent pas spécialement de commentaires. C’est le cas de certains des derniers films de mes insomnies passagères. Contrairement à ma titraille racoleuse, tous ces films sont loin d’être mauvais.

LA MORT D’UN BUCHERON (Gilles Carles, 1973)

Le Québec Sixties
Country Psychédélique
Beaucoup de Nichons

(disponible en VOD si vous êtes Américain. Comme je ne suis pas Américain, je n’ai donc pas vu ce film)

YOUR HIGNESS (de David Gordon Green, 2011)

Fantasy Pouet Pouet
Les pénis volent dans le vent
Mon rire stupide.

(Disponible partout pour une misère, le Blu Ray est à 6€)

5 ANS DE REFLEXION (Nicolas Stoller, 2012)

Acteurs de série
Unes à unes filent les saisons
Film conservateur

(Disponible partout pour une misère)

PLAYBACK, (Mickael Nickles, 2012)

Mauvais found footage ?
Je ne me souviens de rien
Le doute m’envahit.

(Disponible pour vraiment, vraiment très cher en VOD et en DVD)

LOVELY MOLLY – The possession (Eduardo Sanchez, 2011)

Film de possession
L’ennui n’a pas de limites
Molly est moche

(Disponible pour plutôt cher en VOD, et pour vraiment très cher en disques optiques divers)

THE THEATRE BIZARRE (Variousse Artisse, 2011)

Sketchs Horrifiques
Plus où moins d’inspirations
Bruit de Subvention

(Disponible très cher en VOD, pas très cher en VHS du futur)

LES GRANDES CHALEURS (Sophie Lorain, 2009)

Le Québec, l’été
MILF en deuil, Bosozoku
Love is in the air

(Pas de DVD, pas de VOD, je ne l’ai donc pas vu, mais on me propose étrangement un documentaire sur la fièvre typhoide en Irak quand je cherche à louer le film)

PROWL (Patrick Syversen, 2010)

Teenagers Idiots
Autostoppeur Consanguin
Il pleut du faux sang

(existe à vil prix en laser disc)

XTINCTION PREDATOR X (aka Alligator x, aka Jurassic Predator, de Amir Valinia, 2010)

Alligator X (2010) Poster

Syfy Producteur
Mark Sheppard paie des impôts
Parfait keikaku

(Pas cher en VOD, et dans tous les bacs à 1€ en UMD)

ZOMBIE APOCALYPSE (Nicl Lyon, 2011)

Tronches improbables
Les acteurs semblent amusés
The Walking Mongols

(Très cher en DVD, 30 putains d’euros en Blu Ray, indisponible en VOD, wtf ?)