Série de l’été : Le Vendredi, on zone sur les Internets. Episode 1.

C’est vendredi, c’est l’été, vous ne savez pas quoi faire de vos petits corps suants. Petite sélection de trucs à lire plus ou moins intéressants parce que NO REASON. Certains trucs sont récents d’autres pas du tout.

Trois Articles articles sur les problématiques liés à la « hate culture » sur Twitter et compagnie. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qui s’y dit, mais c’est très intéressant quand on est comme moi assez extérieur à Twitter (je me sers surtout du mien pour mettre des blagues et des montages photo très très cons, il ne me viendrait jamaais à l’idée d’essayer d’exprimer une idée en 140 caractères, comme en témmoigne cette phrase).

(rappelons aussi que ce site défend avec ferveur et honnêteté à la fois les droits des minorités ethniques, sexuelles ou autre et à la fois la conviction qu’on devrait systématiquement éviter de se transformer en tribunal populaire s’exprimant comme des piliers de bar après une pinte de trop parce qu’on devrait tous êtres gentils tout le temps parce que la bonté, l’amour et les sourires sont des armes contre lesquelles on ne peut rien).

Le tweet de l’apocalypse (le 10è va vous étonner)
Le lynchage, une vieille histoire n’est-ce pas.
Un contrepoint intéressant d’un prof trans sur la rhétorique de la souffrance.

Des tumblr et des Twitters RIGOLOLS

Des affiches de ciné avec des critiques honnêtes.
Des polices de caractères qui parlent d’elles-mêmes.
Des images d’animés, hors contexte.
De l’humour au premier degré radical.
Les tréfonds du Miiverse.

Des liens polissons. NE CLIQUE PAS DESSUS SI TU ES AU TRAVAIL. RETOURNE TRAVAILLER !

Des gens qui font des illustrés pour parler de sexualité et c’est très chouette.
Des gens qui collent les pires commentaires de sites de vidéos de cul sur des stock photo de gens en train de regarder des ordinateurs.
Le site de Clarissa Rivière, collègue des éditions L’Ivre-Book (moi j’fais dans le sonore et dans le dégueulasse et elle dans la littérature érotique -notez que ça peut revenir au même). Son blog est très intéressant.
Même chose pour le site officiel de Julie Huleux, une amie de longue date qui est en train de se lancer en tant qu’indépendante.
Haha « un vieil ami d’province », on savait rire en 1928

Je ne savais pas où mettre ça.

La chanson populaire Khmère pré-Pol Pot.
Une chanson écrite par une secte en 1994, pour lutter contre les supermarchés (???). Mais que fait la Mivilud ?
N’achetez pas vos putains de consoles day one, c’est aussi valable pour vos putain de jeux.

Voilà c’est tout.

J’aurais pu vous causer de chaines vidéo que j’aime bien, ça attendra la semaine prochaine.

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La Gomina fait-elle le Beauf ?

Un des sujets dont je ne vous ai jamais parlé ici, c’est ma passion pour les sous-cultures beauf. Fin, noble et racé comme je le suis, et surtout élevé dans de la classe blanche moyenne normale, j’ai assez peu été confronté à la beauferie traditionnelle française dans ma vie, le style Bigard-Johnny-3 Loups-Tuning-Eurodance-Mulette-Paris on t’encule. Pourtant, je n’ai jamais hésiter à ravaler ma fierté d’homo superior et -juste pour faire chier Luc Ferry, tiens- à considérer que les beaufs avaient une culture à part entière. Une culture qui me déplaît profondément, peut-être, mais à partir ou des millions de gens regardent les mêmes oeuvres d’art, ont des chaînes dédiées, sont l’objet de campagnes marketting et ont des signes extérieurs qui les différencient totalement du reste de la population, c’est une culture. Fin du débat, ou ça va se voir que j’ai jamais fait de socio de ma vie.
J’ai toujours vu les beaufs comme des gens mystérieux qui n’étaient pas assez respectés et considérés. C’est un objet d’étude passionnant auquel on ne rend systématiquement hommage que sous forme de raillerie. Pourtant, on devrait sans doute les respecter un peu plus (ils sont très nombreux, ils ont déjà fait élire des Présidents alors méfiance).

Mais ce qui m’intéresse vraiment, c’est la manière dont chaque putain de pays produit une sous-culture Beauf différente. Vous ne me croyez pas ? Eh bien chez nos voisins allemand, ce sont des Prolets, chez les lointains Australiens des Bogans, chez ces filous d’anglais on parlera plutôt de Chavs, dans leur anciennes possessions Indiennes on évoquera plutôt les Bhaiyyas, les Jejemons aux Philippines ou les Nacos au Mexique. On ne va pas faire les 180 pays du monde, mais quasiment partout, il y a un équivalent. Documentez vous par exemple ici ou .

Peut-on identifier dans ce bas monde un dénominateur commun de la beaufferie ? Voilà des années et des années que je me pose la question. Entre l’Alay Indonesien et le Tamarro italien, il n’y a quasiment aucun point commun, que ça soit en terme de style de vie ou de référent culturel. Pourtant, ce sont tous les deux des beaufs, et sans doute qu’il faudrait moins d’une heure dans le pays pour identifier que oui, c’est bien la variante local du beauf/du plouc. (coupon Japon : même s’il est difficile d’identifier une catégorie très beauf au Japon sorti des trucs de niche type « les gros Otaques », il existe quand même le terme Inakamono décrivant à peu près un genre de pequenaud moyen).

En utilisant Pas de Methode, qui reste la meilleure manière de faire de la science, je me suis rendu compte d’un truc. Du Barzo Turc en passant par le Raggare Suédois ou l’Ah Beng de Singapour, on trouve un quasi incontournable, qui transcendance les modes, les styles musicaux, les préférences culturelles ou les référents idéologiques : LE PUTAIN DE COMBO CASQUETTE ET/OU GOMINA

Tous les gens qui portant une casquette ou mettent de la Gomina ne sont sans doute pas des beaufs. Par contre toutes les cultures beaufs du monde semblent avoir un amour de la graisse à moumoute et des casquettes avec au choix du logo de sport ou des logos qui brillent. (a noter que les beaufs âgés, j’imagine qu’on parlerait plutôt de Jacky ou de Johnny chez nous, semblent délaisser la brillantine pour la mulette avec la même régularité géographique)

Je ne sais pas pourquoi. Objectivement, y’a pas de raison. Il y a d’autres signes qu’on va retrouver assez souvent un peu partout sans être systématique (cheveux décolorés, sportswear, lunettes de soleil, ventre à bière, bérets, dents pétées, fumer sans les mains, trop de bijoux en toc), mais cette omnipresence du poil vaseliné et de la casquette de sport semblent avoir totalement recouvert d’une champe de plomb la mode beauf mondiale. Pourquoi ça ? Pourquoi pas la banane (qu’on va beaucoup retrouver chez les Beaufs asiatiques) ou le Marcel (populaire chez le beauf européen et le White Trash américain) ? Je ne sais pas.

Dans le doute, si vous avez de la gomina sous votre casquette de rappeur, ça serait peut-être une riche idée de remettre votre vie en perspective. Sinon, je sais pas trop, dites que c’est de la Gomina Ironique, lancez la mode des « Beaufsters », enregistrez du Patrick Sebastien remixé par Tangerine Dream sur une K7, donnez une interview sur Streepress pour insultez des gens et faites la couv des Inrocks.

Tamarro (Italie)

Mprahamiotes (Grèce)

Beauf (France)

Scanger (Irlande)

Baraki (Belgique)

Juntti (Finlande)

Jejemon (Philippines)

Alay (Indonesie)

Naco (Mexique)

Dres (Pologne)

Ars (Israel)

Tapori (Inde)

Gopnik (Russie)

Prolet (Allemagne)

Aroubi (Péninsule Arabique)

Etc etc.

Netflix vs Mon_Disque_Dur

Bonjour à tous, aujourd’hui, nous allons répondre à la question qui nous taraude tous et à laquelle la presse corrompue n’ose pas répondre (#tabou #zeitgeist #illuminatis) : qui est-ce qui gagne entre Netflix et Mon_Disque_Dur ?

Dites non.

Préambule 1 : Veuillez considérez avant toute croisade morale que je dépense légalement vraisemblablement plus que vous en matière de produits culturels. C’est juste que dépenser des milliers d’euros par ans en bouquins, disques, DVD, jeux ou autres n’empêche pas mon cousin en stage aux philippines de m’envoyer par container des laserdisc de nanars avec des nains. Je corrobore parfaitement cette étude de la Hadopi qui assimile les plus gros téléchargeurs aux plus gros acheteurs. (de plus, je suis actuellement abonné à Spotify, Noco et, donc, Netflix.)

Préambule 2 : Si à l’issue de ce test vous vous dites que je passe trop de temps devant des vidéos sur le net, vous n’aurez peut-être pas tort, mais c’est à mettre en parallèle avec le fait que je ne regarde quasiment pas la télévision.

Methodologie : Mon_Disque_Dur désigne l’ensemble des moyens de regarder de la vidéo sans payer, c’est à dire mes deux disques durs externes (Miss Modok et Modok Junior, le second servant surtout à stocker des animes), le DD de mon pc de bureau, divers appareils annexes (laptop, notebook…). Nous ne parlerons pas ici du streaming illégal, que je ne pratique pas du tout. Pour faire simple, nous utiliserons une icône de MODAM pour mon disque dur, et une image de videoclub rétro pour Netflix.

Mon_Disque_Dur a été testé sur mon PC perso équipé d’un wifi tout naze et d’un écran 27 ».

Netflix a été testé sur le même PC et sur WiiU en ethernet, sur un écran Hd 107cm milieu de gamme.

Le match se déroule en treize rounds.

1 Quantité de l’Offre

Netflix : Bien sûr, pas mal de gens ont été déçus quand le catalogue a été révélé. Moi, ça m’a semblé cohérent avec ce qu’on savait : une chronologie des médias en France toute pétée, des ayants-droits ultra arqueboutés sur le système actuel qui couvent leurs exclus, la très forte résistance des autres plates-formes. Quelqu’un m’a récemment qualifié ça de « disquaire ou il n’y aurait que des face B de 45t », ce qui n’est pas faux, mais légèrement injuste. En fait, on a une assez bonne sélection de quelques dizaines (centaines) de films et séries de ces dernières années en quantité déjà assez importante pour en regarder jusqu’à la fin des temps. Pour les films, je suis loin d’en avoir autant sur mes DD, pour les séries, par contre, je pense que je gagne. Mais Netflix possède des titres que j’aurais probablement zappé.

Il y en a pour tous les goûts, mais quand même un peu plus si vous n'avez rien contre les navets.
Il y en a pour tous les goûts, mais quand même un peu plus si vous n’avez rien contre les navets.

Mon_Disque_Dur : La quantité de l’offre est forcément limitée par mes capacités de stockage. (disons, en cumulant tous mes périphériques, 4To). MODAM n’a aucune difficulté à concéder le point.

NETFLIX WINS
NETFLIX WINS

Netflix 1 – MODAM 0

2 Qualité de l’Offre

Netflix : Le catalogue est assez brillant dans certains domaines (séries UK, par exemple), et extrêmement pauvre dans d’autres (ce qu’ils nomment « films étrangers » par exemple, qui n’est ni FR ni US). C’est relativement aléatoire, en fait. Si on ne cherche rien de particulier, on a toutes les chances de trouver des trucs chouettes. Si on cherche un truc précis, on a toutes les chances de ne pas le trouver. Ça ressemble à la supérette du kabyle du coin : si tu sais pas ce que tu veux manger, ça dépanne, si tu cherches à y faire l’ensemble de tes courses, tu vas vite galérer.

L'enfance de l'art
L’enfance de l’art

Mon_Disque_Dur : Entre les trucs qu’on m’a filé dans des orgies de DD avec les copains, les trucs que j’ai rippé, ceux que j’ai téléchargé au pif ou sur conseil et mon goût immodéré pour les expériences cinématographiques extrêmes, je n’ai absolument pas peur de dire que Mon_Disque_Dur possède une offre d’une qualité absolument exceptionnelle. Mon_Disque_Dur gagne haut la main.

MODAM WINS
MODAM WINS

Netflix 1 – MODAM 1

3 Interface

Netflix : Bon, c’est laid, et pour le moment, ça a tendance à ne pas très bien fonctionner. C’est étrangement plus joli et plus fluide sur WiiU, MAIS la recherche et les catégories n’y fonctionnent pas pour le moment. Franchement, c’est pas terrible.

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Mon_Disque_Dur : Ce sont des dossiers rangés en deux grandes catégories (« vu » et « pas vu ») elles-mêmes redécoupées en sous-sections, voilà. Moi je m’y retrouve très bien, mais il faut bien avouer que si je prenais les deux en mains sans connaître aucune des deux interfaces, l’avantage de mes Modoks ne serait pas évidente.

NOBULODY WINZU
NOBULODY WINZU

Match nul, disons.

Netflix 1 – MODAM 1

4 Commodités d’utilisation

Netflix : Une fois que tu as trouvé la vidéo, tu appuies dessus, et ça se lance. Le passage de la LD à la HD se fait à la volée, de même que le changement de langue. Rien à dire, nickel, un babouin y arriverait.

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A noter que les dossiers « ebook » et « musique » contiennent essentiellement des choses acquises totalement légalement.

Mon_Disque_Dur : Je ne calcule même plus le nombre de vidéos que j’ai du regarder directement en tagalog faute d’avoir trouvé le bon fichier .srt. Certaines vidéos ne marchent pas, ça peut planter, j’arrache régulièrement le cordon du DD avec mon pied, non, sérieux, c’est roots, Netflix gagne cette manche.

NETFLIX WINS
GANBATTE Videoclub-kun

Netflix 2 – MODAM 1

5 Qualité Vidéo

Netflix : N’arrive pas à charger la meilleure définition sur mon Wifi tout nul, mais ça va, ça reste correct. Sur WiiU sur grand écran, ça ressemble à un DVD bien compressé. Sauf sur les vidéos qui sont dégueues à la base, on est dans la réalité, pas dans Bones.

Eh Teki sais tu ce que c'est qu'être manutentionnaire / oui / eh bah moi non c'est dans mon imaginaire
Eh Teki sais tu ce que c’est qu’être manutentionnaire / oui / eh bah moi non c’est dans mon imaginaire

Mon_Disque_Dur : Ça dépend un peu de moi. Je regarde quand même beaucoup de films qui ont été tournés avec du matériel soviétique et transférés depuis des VHS, donc pas la peine de regarder ça en Blurayrip.hdtv.lol. Mais pour les films où je veux que la version claque bien, forcément je fais une copie de sauvegarde en très haute définition quitte à la bazarder après si c’est trop gros.

Victoire de Modok qui me laisse un choix de définition plus large.

MODAM WINS
Terra hot-ctet.

Netflix 2 – MODAM 2

6 Utilisation sur d’autres plates-formes

Netflix : Ça marche tellement bien, et on est tellement plus habitués à l’ère de Windows Live Gaming et compagnie que c’est vraiment incroyable. En moins d’une minute, mon compte marche sur n’importe quel écran relié à Internet. Pas de « confirmez douze fois votre mail », de captchas dégueux,

Conduisez moi à votre chef
Conduisez moi à votre chef

Mon_Disque_Dur : Implique de bouger du matériel, d’utiliser des clés USB et des cables ethernet. Aucune difficulté, mais c’est moins plug&play.

Netflix gagne celle-ci.

NETFLIX WINS
Rembobinez.

Netflix 3 – MODAM 2

7 Recherche dans le catalogue

Netflix : C’est un classement par genre. Une dizaine de catégories qu’on peut redécouper, mais ça marche pas super bien. L’onglet de recherche est un index qui marche moyennement bien parce qu’il n’y a pas assez de films dans la base de donnée.

Je m'y retrouve mieux dans le mien, quand même.
Je m’y retrouve mieux dans le mien, quand même.

Mon_Disque_Dur : c’est donc un classement par type de vidéos, puis alphabétique par titre de fichier, et honnêtement, ça marche pas super bien non plus, entres autres à cause des titres bizarres ou des vidéos qui contiennent autre chose que ce que leur titre suggère

Match nul, dans les deux cas c’est pas brillant.

Tout le monde a gagné des bisoux
Tout le monde a gagné des bisoux

Netflix 3 – MODAM 2

8 Prix

Netflix : 9€/mois pour deux écrans en simultanée et la HD.

GEOPOLITICS
GEOPOLITICS

Mon_Disque_Dur : j’ai acheté les premières pièces de mon matériel actuel début 2008 (il y a environ 70 mois) : 1500€ de PC environ, plus 200€ de HDD et environ 80€ de clés USB diverses = 25€/mois.

Netflix gagne, même si mon calcul est foireux (il gagne d’autant plus que Miss Modok commence à accuser son âge…)

NETFLIX WINS
Excusez-moi mais vous ne louez pas de Betamax ?

Netflix 4 – MODAM 2

9 Sécurité

Netflix : RAS, c’est parfaitement safe, on est dans un univers de paiement sécurisé (du moins j’espère) et aucun risque de chopper l’ebola ou de voir une meuf se faire exploser le popotin par mandigo en pensant regarder Pirate des Caraïbes 3, real story bro (qui date de l’époque ou les gens faisaient des blagues sur Edonkey). A noter une plate-forme dédiée pour les enfants, qui ne contient que des programmes « safe ».

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Attention Falcam !

Mon_Disque_Dur : normalement, je fais gaffe, mais il faut bien avouer que c’est pas ce que je qualifierai de pratique safe en terme d’informatique. Y’en a qui ont eu des problèmes, allez, Netflix, je te la laisse celle-là aussi.

NETFLIX WINS
Vous n’avez pas le dernier Van Damme ?

Netflix 5 – MODAM 2

10 Convivialité

Netflix : A part les habituelles features pour espionner ses amis via Facebook, Netflix reste un site moche pour lancer des vidéos. C’est ni plus ni moins convivial que n’importe quel DVD ou soirée pizza-télé.

*oishii~*
*oishii~*

Mon_Disque_Dur : Fuck yeah partouze de Disques Dur suivie d’une soirée à regarder un nanar chiliano-malgache ! Mon_Disque_Dur est infiniment plus convivial, ça ne fait absolument pas un pli.

MODAM WINS
MIAOU

Netflix 5 – MODAM 3

11 Bugs

Netflix : Actuellement, Netflix a tendance à planter quand on recherche des trucs un peu trop précis dans la catalogue, mais ça reste modeste.

Meta article.
Meta article.

Mon_Disque_Dur : Sauf quand un fichier est corrompu ou que mon cable de raccordement a un faux contact, rien à signaler, mais comme je le disais, Midd Modok vieillit et fait des bruits pas rassurants. Match nul pour le moment, mais ça ne sera peut-être pas la même chose dans quelques mois, si netflix est bien débuggé et que Mon_Disque_Dur est aux fraises.

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Oui alors j’ai trouvé ces trucs sur 4chan, il y avait un thread sur les répliques les plus drôles du hentai.

Netflix 5 – MODAM 3

12 Critères subjectifs

Netflix : Netflix, je l’ai attendu pendant longtemps. A l’époque de canalplay, j’ai vraiment pensé qu’on allait sortir de la préhistoire numérique en terme de SVOD, mais non, c’était complètement aux fraises (ça l’est encore). Alors que Netflix arrive, ça fait forcément plaisir, d’autant que la promesse est à peu près remplie (plein de trucs accessibles facilement et légalement contre une petite contribution). Et que ça fait chier les acteurs ultraconservateurs en place qui font chier la bite pour que rien ne bouge jamais dans l’industrie culturelle.

Ca a un charme fou, quand même <3
Ca a un charme fou, quand même ❤

Mon_Disque_Dur : j’ai dit que c’était des critères subjectifs… Alors je m’en fous, je fous un point à MODAM parce que c’est mon disque sur, ma collection de trucs que je glane sur le net depuis 1998 et qui a fait de moi le beau jeune homme flamboyant et équilibré que vous connaissez.

MODAM WINS
Muhwaifuh

Netflix 5 – MODAM 4

13 Critères moraux

Netflix : C’est légal (c’est bien), on peut espérer que ça rémunère un peu les ayants-droits (haha), et au moins, on pourra pas dire que je ne joue pas le jeu de l’offre légale. Mais qui est-ce que j’essaye de tromper ? Netflix est une multinationale capitaliste qui a choisi de ne pas payer ses impôts en France. Mes sous vont donc engraisser de gros capitalistes à hauts de forme dans la silicon valley plutôt que de payer ma retraite ou je sais pas quoi. C’est mal.

L'image la plus rigolote quand on tape "evasion fiscale" dans google image
L’image la plus rigolote quand on tape « evasion fiscale » dans google image

Mon_Disque_Dur : C’est illégal (bouh), mais à chaque fois que j’achète un support de stockage, je crois qu’il y a plus d’argent perçu par les sociétés de collectes de droits que quand je fais quoi que ce soit sur Netflix, non ? Alors c’est pas bien, mais on va dire match nul.

Vous trouvez ça dommage que ça soit la dernière image, non ?
Vous trouvez ça dommage que ça soit la dernière image, non ?

BILAN TOTAL ET DEFINITIF YADDI YADDA

SCORE FINAL : Netflix 5 – MODAM 4

BRAVO NETFLIX TE VOILA OFFICIELLEMENT L'AVENIR
BRAVO NETFLIX TE VOILA OFFICIELLEMENT L’AVENIR

Netflix gagne le match de très peu, de tellement peu en fait que je suis tenté de déclarer les deux vainqueurs : si Netflix peut très bien faire office de petit vidéoclub du coin de la rue, Mon_Disque_Dur est cette pièce bizarre, au fond, avec les hommes en imperméable et des lumières rouges.

Et vous savez tous que quoi que vous puissiez dire ou penser, l’un ne va pas sans l’autre. Comme les images rigolotes dans mon article empreint d’un incontestable sérieux méthodologique et scientifique.

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Keep Calm & STALK

Suite à un papier court et frais de l’indispensable Lionel Davoust, j’ai décidé de parler de la beauté poétique de la recherche documentaire.

Récemment, à la faveur de la torpeur estivale propice aux combats d’infirmes sur Internet, un comportement vertueux que j’aime bien nommer derp stalking a subi les derniers outrages. Si j’ai orienté mes études vers les métiers de l’info doc, c’est plus par amour de l’enquête documentaire que par amour pour les taches bizarres que les usagers laissent sur les pages de BD Soleil ou il y a des femmes toutes nues.

L’été, donc, a été propice à toute sorte d’empoignades virtuelles sur les sujets habituels du bingo des empoignades virtuelles : juifs/arabes, féminisme, « privilégiés » (au choix sncf/intermittents/fonctionaires/auteurs), JV.com, Maïa Mazaurette. Il aura également été propice à toute sorte d’emballements très « années 10 » : Les réseaux sociaux étant plus que jamais un espace d’empressement et d’emportement (je dis ça pour ne pas dire « d’immaturité qui feraient passer la plupart des gens pour des attardés s’ils se comportaient pareil IRL »), on a par exemple vu circuler tout un tas de photo truquées où mal sourcées, dont certaines pourtant assez célèbres, pour dénoncer les événements tragique à Gaza. Des photos de cadavres, de réfugiés, etc. supposées être liées à Gaza, mais en fait originaires de vieux reportages sur la Syrie, l’Irak, etc. Étrange, d’autant plus que la stratégie de comm du Hamas consiste ironiquement à laisser les journaleux travailler, et que les vraies photos rotten.com de cadavres de Palestiniens ne manquent pas.
Les journalistes ont pour une fois fait un travail correct, et j’ai vu passer pas mal de papiers pour dire aux gens de faire gaffe : ce n’est pas parce que m.smurf sur Twitter poste une photo d’un truc qu’il n’a pas piqué la photo ailleurs. Bon, personne n’écoutera jamais ces journalistes, et c’est bien triste, mais on va dire que bon, au moins quelqu’un aura signalé l’erreur.

Les images et le texte ne sont pas liées dans ce texte. Là, par exemple, j’ai tapé « Metal Gear Salad ».

Il n’en va généralement pas de même pour les « papiers polémiques » issus de blogueurs, de sites divers, de fermes de publications d’opinions à la con, etc. Depuis toujours, un de mes premiers réflexes a été de cliquer sur la page « a propos » d’un blog, quand cette page existe, et, dès qu’un contenu m’a semblé zarbi dans un article, ou que cet article m’a semblé particulièrement derp, de farfouiller un peu partout pour essayer de répondre à une question essentielle : mais au fait, c’est qui ce con/cette conne ? C’est le derp stalking.

J’adore cette époque qui rend le stalking bienveillant si aisé. Comprenez-moi bien : je ne cautionne pas le mauvais stalking, celui qui implique d’avoir des intentions douteuses, de suivre effectivement les gens dans la rue et, d’une manière générale, de lever son gros cul de son fauteuil. Non, moi, j’aime juste vous stalker depuis mon fauteuil en remontant la belle et foisonnante piste de toutes les infos que vous avez déposées partout de manière très imprudente. Je le fais juste parce que c’est intéressant (et pendant ce temps là je suis pas au bistro), et parce que ça flatte mes capacités à savoir que vous aimiez trop Tokio Hotel en 2006 (Webarchive n’oublie jamais). Un conseil : ayez 17 pseudos, et ne les reliez pas entre eux, c’est souvent trop chiant à remonter pour que me motive vraiment. Ou n’ayez pas Internet.

Et là j’ai demandé à Google « Wizard vs Robots ». J’ai pas été déçu.

Bref : les gens qui publient des trucs sur des sites polémiques, en général, c’est pas trop le genre à se cacher sous cinquante couches de mystère : ils laissent des infos un peu partout. En général, tu peux chopper le 06 en deux trois clics même pas illégaux. Pourtant, même si je suis ermite de polémiques débiles depuis un an et quelques, j’ai pu constater que, même et surtout en cas d’invasion de hargneux et de polémistes de clavier sur un site, PERSONNE ne clique jamais sur la page « à propos ». Au moment de la publication du texte qui a donné lieu à Toto 30 ans, quasiment personne, et surtout pas ceux que le texte a fait chier, n’a cherché à savoir qui j’étais. Au moment de l’histoire des jeux vidéos avec celle-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom-dans-le-miroir, quelques mois plus tôt, c’était encore pire. Pourtant, il me semble que mon propre parcours, dans les deux cas, était une remise en perspective de mes textes.

La c’est en tapant « Cat hunter »

Ces derniers jours, un abruti du nom d’Alexis Koleszar a publié une BD, relayée des dizaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux (oui, des dizaines de milliers. Et 34 fois sur Google plus). C’était une sorte de charge faussement naïve contre le féminisme, qui mélangeait un peu tout dans le même sac, et qui faisait semblant de ne surtout pas comprendre le problème. Une partie de mes contacts l’a relayée en ricanant « A SA SES TROP VRAI » (je garde un zoo de mundanes débiles dans mes amis virtuels pour flatter mon concept de supériorité). Passons.
Mais un mec comme Koleszar peut faire illusion : il dessine bien -si on aime le style-, et son article a sa logique interne (qui consiste à hurler des trucs et à dire « j’ai hurlé donc c’est vrai ». Et comme la question est extrêmement touchy, il fait son petit effet, c’est normal. Alors j’ai aussi des contacts de bonne foi qui étaient d’accord avec une partie du fond de l’article, et comme l’article mélange absolument n’importe quoi, forcément que tout n’est pas faux dedans. L’amalgame est une méthode que tout bon vieux troll se doit de pratiquer au moins une fois par jour. C’était bien mon problème avec l’article de « fondateur » de la Grande Ancienne Au Nom Ineffable sur le sexisme « chez les geeks ».
Mais Koleszar n’est pas un troll, et ça, un peu de derp stalking permet de s’en rendre compte à la vitesse de l’éclair.
Direct à la lecture de l’article, ça saute un peu aux yeux, quand on à l’habitude de faire des safaris pour regarder s’agiter les chimpanzés électroniques dans la complo-facho-dieudosphère : Koleszar a un style qui rappelle quelque chose. Amalgame, hurlements, provoc gratuite, et éléments de langages qu’on a déjà vu plein de fois à droite à gauche combiné à un petit air de « non mais en fait tu vois, l’égalité homme/femme, je la défend quand même à ma manière » : ça sent le troll, mais non, y’a autre chose.
Et y’a pas à stalker bien longtemps le derp : toutes ses anciennes BD sont plus ou moins une version illustrée de l’ABC des arguments et des edl utilisés par l’extrême-droite pour insulter tous les gens qui ne leurs plaisent pas (avec une récurrence particulière pour les femmes à la sexualité libérée qu’il semble tout particulièremet vomir). Et le gars passe l’essentiel de ses planches à linker vers tous les hurluberlus qui gravitent atour. Et comme l’a montré Natas-et-son-site-laid (je l’ai stalké aussi, il lui arrive d’écrire des trucs sympas -LIEN EXTREMEMENT NSFW VENEZ PAS VOUS PLAINDRE APRES-), dans un article inutile (mais dont les commentaires sont priceless), en creusant deux minutes, on voit où on est.
Relire l’argumentaire de la BD après avoir essayé de comprendre qui était le gars remet à mon sens le truc en perspective, et rend totalement inutile tout dialogue avec le gars en question et son noyau de fans, c’est une perte de temps.

« Epic Penguin Stuff »

Mais on s’en fout, de ces cripple fights. J’ai utilisé cet argument particulièrement facile, mais j’aurais pu parler de ceux qui, de bonne foi, relaient un peu tout et n’importe quoi sans avoir la moindre idée de la source. Je connais au moins deux mecs de gauche qui passent leur vie à relayer des articles de http://www.contrepoints.org/ (il est vrai, ils ont l’art de la titraille), site expliquant noir sur blanc qu’ils sont un pure player libertarien.
A chaque fois qu’une info vous interpelle, que vous soyez d’accord ou non, et surtout si l’article concerne une question polémique, veuillez ne jamais la relayer où y réagir sans avoir sauvagement stalké son auteur ou la plates-forme de publication. Déjà, vous rendrez hommage à la plus artistique et noble des discipline de l’esprit : la documentation.
Ensuite, vous saurez qui est en train de vous parler. De la même manière que vous n’avez pas envie de voter pour votre élu local si c’est un proxénète-tête-à-crack-non-repenti, vous voulez probablement savoir si ce type sympa qui est en train de vous convaincre d’un truc dans un texte n’est pas en réalité un dépeceur de bébés-phoques revendiqué (comme moi par exemple).
Je sais : « vous pouvez très bien décider par vous même ». Cet argument est merveilleux, et consiste à donner le plus de voix non pas à celui qui a raison, mais à celui qui parle le mieux. Alors ta gueule avec cet argument de même. Si tu ne sais pas qui te parle, tu ne peux pas comprendre ce qu’on te dit, point.

« offending sex offender in our area »

Ce n’est que la première étape. Une fois que tu auras commencé à faire ça dans ton coin (oui au fait on se tutoie maintenant car cet article a passé les 1200 mots, c’est comme si on était intimes), tu vas le faire systématiquement pour tous les trucs que tes amis font tourner en boucle. Tu découvriras ainsi rapidement que tel vidéo virale super cute était en fait sponsorisée par une marque de chewing gum et que tel papier super enthousiaste sur un film ou un livre a été rédigé par un attaché de presse ou un community manager. En fait, tu deviendras étape par étape plus intelligent, et l’étape sera systématiquement de te transformer en petit détective pour chaque sujet dans ta vie. Non seulement tu connaîtras mieux le monde qui t’entoure, mais en plus tu pourras devenir un connard prétentieux capable de remettre à sa place n’importe lequel de tes imbéciles d’amis.

EUX : Eh j’ai trouvé un lien par terre, ça dit que les éléphants de mer sécrètent une bile qui soigne le cancer.
TOI : Ah oui, c’est pas cet article publié par le type qui prétendait que le cassoulet pouvait servir de carburant pour fusée ? Pfff en plus c’est publié sur une plate-forme détenue par une holding qui fait du cassoulet à l’éléphant-de-mer.
EUX :Oh mais tagl, hein.
TOI : *t’éloigne en sifflotant*

Il reste une étape supplémentaire, qui devrait petit à petit arriver naturellement au fur et à mesure de ta transformation en documentaliste, c’est cette étape ou tu finiras par ne plus de tout t’intéresser au sujet en lui-même. Tu réaliseras alors que c’est la manière dont se structure l’information, comment elle circule, d’où elle vient et où elle va qui importe plus que toute autre chose.

« Badass winnie the pooh »

Rien n’a d’intérêt, car chaque sujet est impermanent. Derrière chaque information se cache l’autre pan d’une autre histoire qui aura disparue le temps que tu arrives à démêler la pelote de causalité impliquée là-dedans. Finalement, quel accomplissement l’humain peut-il trouver dans la communication avec ses semblables, quand tant de beauté émane de l’analyse silencieuse et minutieuse de cette communication ? C’est alors que tu commenceras petit à petit à toucher une certaine forme de vérité : la béatitude surgit de la méditation sur le flux du Verbe à l’ère Numérique.

« Sexy Inspector Gadget »

Enfin, nu dans ton appartement, tu te draperas dans la robe safran du technicien documentaire, mendiant ta nourriture contre un travail de détective précis et hautement moral. Hélas, il ne faudra que quelques années avant qu’un le syndicat des détectives et des stalkers ne considère ta sagesse et ton altruisme comme une forme de concurrence déloyale. C’est alors que certains d’entre eux commenceront à publier des papiers polémiques sur Internet, entres autres sur le Réseau Voltaire, Fdesouche, Oumma.org et Les Intransigeants.
Mais alors que, à peine cinq semaines après que la polémique ne se soit tarie et qu’un journaliste de Télérama ne s’intéresse à la question (à l’occasion de la créataion d’une Haute Autorité des Détectives Numériques par Bercy ou whetever) et te demande ton avis, tu seras depuis longtemps devenu un pur esprit qui aura mentalement pénétré la blogosphère pour devenir une entité méditative pensante. Chaque parcelle d’information humaine deviendra une composante de ton ADN, et, au moment ou des enquêteurs défonceront ta porte pour trouver un squelette sur son fauteuil d’ordinateur, tu seras face à Dieu, et tu réaliseras que Dieu est est un étui pénien Papou avec un gros accent Belge fan d’Odeurs. Tu voudras le crier, mais tu n’auras plus de bouche.

« TAOIST WRITER ». Je savais bien que tout ceci nous mènerait quelque part.

 

36 15 Falcam

Nous sommes fin juin, ou début juillet 2001. Je ne sais plus la date exacte, dans ces eaux-là. J’ai L’internet par cable et un graveur de CD, ce qui me place dans une sorte de noblesse informatique lycéennes. En d’autre termes : on vient me parler pour que je copie des trucs, et; avec des amis, on regarde des animés chez moi, parce que c’est pas trop compliqué pour moi de les télécharger.

Je viens de passer mon bac anticipé de français, de math et de sciences. Mais, bien entendu, le site de l’académie est complètement saturé. Alors, avec un émulateur de Minitel, j’ai regardé les résultats. Etrangement, je me suis planté en français et j’ai déchiré en maths.

C’était la dernière fois, pour autant que je me souvienne, que j’ai utilisé l’émulateur de Minitel. Pas très longtemps après, le cable a été “débridé” (parce qu’avant, au-delà de 500Mo d’émission par mois, on pouvait encore recevoir une facture du tonnerre, pas cool quand pour Battle Net, et il fallait apprendre à brider ses émissions sur Edonkey). Puis, vers 2003, nous avons eu l’ADSL.

C'était cool en 2001. Les années 2000 étaient celles qui ont succédé aux années 90.
C’était cool en 2001. Les années 2000 étaient celles qui ont succédé aux années 90.

Si on remonte encore un peu plus loin, jusqu’en septembre 1998, on me trouve à une table défoncée d’une classe de seconde minable, en train de décrocher en maths dans les grandes largeurs. 14 de moyenne partout, mais 2 en maths. A ma décharge, la prof est une sale conne, et mon prof de troisième était un gogol dépressif.

Vraiment une sale conne. Le genre à te lancer ta copie à la gueule en te disant que tu “finiras balayeur”. Connasse.

Je ne comprend rien au cours, et je m’ennuie dans cette classe ou je déteste cordialement tout le monde, sauf les débiles avec qui je traîne. Et sauf une fille à qui j’aurais du dire ce que je ressentais au lieu de faire le malin. Malgré ma gueule de calculatrice programmable, ma coupe au bol, mes lunettes de Harry Potter, mes Joggings Champions USA ne me laissaient qu’1% ou 2% de chances de lui rouler des pelles. Si mes compétences de stalking fonctionnent toujours aussi bien que je le crois, je crois que une fille est désormais sage-femme à Arcachon, élève des chiens et a l’air très heureuse. Pas comme une autre fille que j’aimais bien aussi et qu’il me semble avoir spotté sur une liste FN en 2008.

Hey les Turbokidz, c'étaient les autoroutes de l'information du passé ! Wou-hou Giga village global !
Hey les Turbokidz, c’étaient les autoroutes de l’information du passé ! Wou-hou Giga village global !

Donc, je m’ennuie en cours de maths, et, chaque mardi matin, je me rassois à la même table, parce que j’y correspond avec un feutre indélébile avec un mec de première qui, comme moi, est fan d’animation japonaise (pour rappel : en 1998, vous pouviez vous faire tabasser pour ça. Par les mêmes sales crevards qui essayent de chopper habillés en Naruto à la Japan maintenant.). Nous avons échangé des messages sur cette table pendant des mois et des mois, sans jamais nous voir, à parler des VHS qu’on achetait, dans le même magasin, le seul qui vendait de l’animation japonaise à Metz, à 129Fr les 3 épisodes de Slayers.

Entouré de fans de foots débiles, avec mes vrais potes dans d’autres classes ou d’autres collèges, trop empêtré dans ma propre bouche pour seulement envisager de parler à une fille (l’humour ne compte pas, les filles maquées ne comptent pas), l’année de seconde n’était pas très très bien.

Grace au Type de la Table, c’était quand même plus cool. J’ai probablement ressenti une forme d’amour épistolaire pour cette personne, dont je ne me rappelle pas grand chose.

J’ai eu Internet peu après.

INTERNET !

Si un jour le Gars de la table tombe là-dessus.
Si un jour le Gars de la table tombe là-dessus.

Internet a immédiatement changé ma vie. Pas par étapes, pas graduellement. Internet ne s’est pas infiltré dans ma vie par petites touches. Internet était ce que j’attendais, alors je me suis jeté dedans, je m’y suis vautré, j’en ai mangé, remangé, jusqu’à l’overdose, n’étant frustré que par les lamentables limitations technico-tarifaire des années 90.

Mes années 1999 et 2000 ont été UN MILLION DE FOIS MIEUX que mon année de seconde, et c’est uniquement grâce à Internet. Je me faisais toujours autant chier en cours, vivant sur mes acquis en roue libre absolue, mais ça n’avait aucune espèce d’importance.

Il ne faut pas m’imaginer comme un gros nerd reclus en train de faire snort snort devant des images de Dolly Golden. En fait, je passais assez peu de temps sur le net. J’avais un petit groupe d’amis que je voyais beaucoup, j’ai eu une copine à l’âge moyen d’obtention d’une copine, je sortais pas mal. C’est juste que, soyons sérieux, à l’exception de ceux qui me lisent encore, vous n’étiez pas des gens très intéressants à mes yeux.

Autour de moi, très peu de gens écrivaient, presque aucun ne lisait les mêmes choses que moi, les gens regardaient Charmed. CHARMED ! Alors que je regardais encore et encore mes VHS de Sliders. Et que j’ai vu l’arrivée de Serial Experiment Lain dans ma vie comme une sorte d’orgasme cérébral presque aussi violent qu’un vrai, sans avoir à changer les draps.

Oui, je suis arrogant. Permettez-moi de l’être puisque, depuis l’époque ou on me traitait de trisomique parce que j’avais un T-shirt Mario, de l’eau a coulé sous les ponts et que vous regardez tous Game of Thrones maintenant. (oui, oui, rassurez-vous, vous êtes Geek. Vous portez des lunettes, vous avez piraté le dernier épisode de How I Met ou on apprend que Ted a attendu que sa femme meure du cancer pour se taper Robin, vous avez acheté Wii Party U).

Bref. Votre première cuite, vos techniques pour fumer dans la cour sans que le CPE ne vous gaule ou ce que vous pensiez du premier album de Britney Spears, je me les foutais un peu au cul. Parce que j’avais Internet.

Comme je pouvais y trouver à peu près tout ce que le reste de la vie ne m’offrait pas, je n’ai pas vraiment fait de crise d’adolescence. Je pouvais trouver des informations sur la “sous-culture geek américaine/japonaise” (gros paquet ou vous mettez ce que vous sentez), en parler avec des gens, jouer avec des gens, échanger, faire lire mes textes à d’autres que les deux trois potes que ça intéressait. J’ai commencé à écouter des chose que ni mes parents, ni mes amis n’écoutaient. Puis, quand la vidéo est devenu un média facile d’accès, à en regarder.

Internet a façonné mon univers culturel comme rien d’autre (à l’exception notable de ma bibliothèque de quartier).

D’ailleurs, c’est à cette période précise que ma consommation de télévision a du chuter de 3h00 par jour à 20 minutes, sans jamais vraiment remonter.

Si cette image vous inspire quelque chose, c'est que vous voyez ce que je veux dire.
Si cette image vous inspire quelque chose, c’est que vous voyez ce que je veux dire.

Revenons donc en 1998. Imaginons que, sur un coup du sort uchronique, les Internets ne soient jamais sortis de leurs laboratoires. Je sais, ce n’est pas possible, mais supposons-le.

Aurais-je été une personne différente si Internet n’avait pas existé ?

J’ai spontanément pensé que non. Parce qu’en réalité, la plupart des choses qui m’ont fait évoluer en tant que personne ont trait à mon expérience “Offline”.

Mais je me suis rapidement rendu compte que c’était du bullshit.

Parce que la vraie question c’est : de 1999 à 2014, combien de mes expériences offline ont été directement générées par mon expérience online ?

 

Il me semble assez difficile de mélanger les chapeaux et les choux-fleurs de ce point de vue, tant la réponse est variable d’un camp à l’autre. Alors j’ai décidé de séparer tout ceci en un petit paquet de neuf catégories, qui ne suffisent pas à me définir, mais qui tracent une partie de ma silhouette en tant qu’être humain.

Je parle de sexe vers la fin.

 

1) Mon parcours professionnel, s’il n’y avait pas eu Internet

 

Moi : un jeune cadre dynamique aux origines mystérieuses (roux/italien)
Moi : un jeune cadre dynamique aux origines mystérieuses (roux/italien)

J’ai décidé de parler de ça en premier, parce que c’est ce qui m’a demandé le moins de temps réflexion : mon parcours aurait vraisemblablement été parfaitement similaire.

J’ai choisi le début de mes études parce que c’était à côté de chez moi, sur les conseils d’une prof. J’ai continué à Nantes, pour m’installer avec une fille rencontrée offline, et terminé après une bifurcation qui aurait eu lieu, dans la même école, et probablement en même temps. Simplement, j’imagine que sans Internet, j’aurais du consulter de gros classeurs d’orientation et envoyer tout un tas de courriers chiants, au lieu de faire ça avec des signets web.

Après mes études, j’aurais sans doute travaillé ici ou là plutôt que là (bref, dans des boulots de merde plus près de chez moi) en attendant de trouver un travail que j’aurais quand même trouvé, non pas sur un site online, mais dans Télérama ou dans la presse professionnelle de ma branche.

Bref, sans Internet, je pense simplement que mon installation à Paris se serait faite quelques mois plus tard, mais que le reste aurait été quasiment identique.

On me signale dans l’oreillette que mon sujet de concours avait trait à la dématérialisation de la Culture à l’écrit et au livre numérique à l’Oral. Oui, bon, d’accord.

 

2) Ma vie sociale, s’il n’y avait pas eu Internet

 

Vous me remerciez car maintenant vous vous souvenez des Icy Hot Stuntaz
Vous me remerciez car maintenant vous vous souvenez des Icy Hot Stuntaz

Facile aussi : elle n’aurait probablement PERSONNE en commun, à quelques vagues exceptions près, et encore, exceptions avec lesquelles je ne suis souvent en contact que par Internet.

Revenons à 1998. Entre 1998 et 2005, sans entrer dans des détails dont vous vous foutez probablement, j’ai rencontré sur le Web, puis “IRL”, tout un tas de gens avec lesquels je partageais des centres d’intérêt communs (résumons ça à “l’écriture et le gaming”). Je suis devenu ami, voire ami proche, avec certains d’entre eux. Si je brosse une carte rapide de mes amitiés actuelles, une grosse partie provient de cette période 98-05. Bien entendu, j’ai rencontré, en vrai et en ligne, plein d’autres gens après, et certains sont des proches. Mais il y a un noyau dur autour de cette période.

Ma vie sans Internet ne serait pas un ensemble vide. Je ne suis pas, et n’ai jamais été, un sociopathe (je suis casanier, bon, mais sans plus). Partout ou j’ai été, je me suis toujours assez bien fondu ou dans un groupe d’amis ou dans une association quelconque. Mais les gens que je fréquenterais au quotidien n’auraient sans doute pas grand chose à voir avec ceux que je vois régulièrement maintenant.

On peut pousser le truc assez loin : sans Internet, je n’aurais probablement jamais fait de Web Radio, et je n’aurais donc probablement pas fait de la “vraie” Radio, et donc rencontré pas mal de gens que je vois dans le cadre d’une activité 100% offline.

 

3) Mes goûts, s’il n’y avait pas eu Internet

 

Pour le meilleur et pour le pire.
Pour le meilleur et pour le pire.

On ne peut jurer de rien, chassez le naturel et les proverbes à la con reviennent au galop, etc. Mais j’imagine que tout aurait été assez différents.

Mes goûts n’ont pas été “façonnés” par le online. Par contre, l’accès Internet m’a clairement permis deux choses :

– Renforcer, beaucoup, beaucoup, beaucoup les passions que j’avais, en me donnant accès à tout un tas de trucs démentiels dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Hey, j’ai parlé de l’animation japonaise en 1998, non ? J’ai parlé des K7 à 129Fr ? Bon, je vous fait pas un dessin, alors.

– Mais aussi découvrir une infinité de choses que je n’aurais probablement jamais écoutées ou vues. Parce que j’ai vécu la période très “DC++” de l’Internet ou, en quelques secondes, tu pouvais vider salement le disque dur d’une victime consentante en échange du tien. Je ne vois pas bien comment j’aurais pu écouter tout ce folk danois (???), sinon.

Internet a clairement fait exploser en mille morceaux les deux cadres prescriptifs traditionnels : ce qui est relayé par les médias offline (forcément limité par le temps ou l’espace), et ce qui est relayé par les prescripteurs immédiats (ce qu’écoute ta famille, ce que regarde ta famille). Une bonne moitié de ce que je lis, vois, écoute aujourd’hui m’échapperait complètement sans Internet. Pas tout, mais une partie.

Je finirais ce chapitre avec un exemple très con. Mis à part quelques titres connus, est-ce que j’aurais vraiment écouté les Stones ou les Beattles dans ma vie ? Je n’ai pas été élevé dans une culture rock (enfin, pas ce rock-là), et mes proches n’écoutaient pas ces groupes. Il est probable que non (en plus je ne suis fana d’aucun des deux, mais bon, je parle juste d’écouter, pas d’apprécier). Plus les années passent, et plus je me suis mis à écouter une quantité invraisemblable de trucs, à découvrir des cinémas et des lectures alternatives.

Bien sur, j’en aurais écouté d’autres choses, vu d’autres films, trouvé d’autres biais. J’aurais créé ma propre contre-culture à base de bacs de soldes de VHS et de magazines underground. J’aurais probablement fait des heures de train pour aller à la convention machin récupérer les titres confidentiels de l’éditeur truc.

Mais il y a fort à parier que ça n’aurait pas du tout été les mêmes que maintenant.

 

4) Moi, créateur, s’il n’y avait pas eu Internet

 

C'est moi, en train de travailler à vous faire croire que je suis une jolie fille, pour faire plus de clics.
C’est moi, en train de travailler à vous faire croire que je suis une jolie fille, pour faire plus de clics.

Passons rapidement sur le fait que j’écris en étant complètement et dramatiquement influencé par tout un tas de gens sur le web. Passons aussi sur le fait que le premier endroit ou j’ai publié un texte soit le forum d’un éditeur d’animation japonaise. Passons sur le fait que soumettre au regard froid d’inconnus mes textes était la garantie d’un avis relativement objectif.
Passons sur le fait que j’ai entretenu des relations assez longues d’auteur wanabee à auteur wanabee avec des tas de gens.

Passons ça, car j’écrivais avant Internet.

Mais je n’aurais pas écrit de la même manière. Je n’aurais pas blogué, je n’aurais pas commenté, j’aurais moins échangé. Je ne suis pas le genre à écrire une lettre creepy à mon écrivain préféré, alors qu’un échange sur Facebook, oui.

J’aurais été moins humble, aussi. On est jamais tant persuadé d’être un petit génie que quand on écrit des conneries seul dans sa chambre. Alors que se prendre la baffe de découvrir que tout a déjà été fait en mieux sur n’importe quel coin de la noosphère… Aujourd’hui, je sais que le jus de cervelle, ça s’assaisonne, ça se travaille et ça se remâche.

Sans ça, j’aurais sans doute mis longtemps à comprendre. Longtemps à découvrir les plus petits éditeurs, à apprendre à connaître la merde des autres avant de prendre la mienne pour du génie pur et dur.

Et puis, bon.
Mon premier livre est un billet de blog.

Mon deuxième livre va sortir chez un éditeur numérique. (Ah oui je vous avais pas dit ?)

Peut-être que c’est un des aspect les plus radicalement différents.

 

5) Ma manière de consommer, s’il n’y avait pas eu Internet

 

Bon, je bosse dans une section DVD de bibliothèque, au fond. Je vais pas trop ironiser sur les vidéoclubs, du coup.
Bon, je bosse dans une section DVD de bibliothèque, au fond. Je vais pas trop ironiser sur les vidéoclubs, du coup.

Alors là, j’ai eu beau y avoir réfléchi longtemps, j’en suis arrivé à l’étrange conclusion que cet aspect n’aurait absolument pas changé, ou à peine. Sauf sur un point précis.

Bien entendu, il m’est arrivé de commander quelques trucs sur le net. Du matériel informatique (duh), essentiellement. Aussi quelques DVD pas cher et des livres introuvables. A PART CA… J’aime bien me balader dans les librairies, les magasins de jeux, les cash machin et les converter’s truc. Mon salaire, très correct, est déjà bien assez absorbé comme ça parce que j’achète dans des boutiques solides pour que je me mette à rester le cul posé sur ma chaise pour faire les courses.

Sans déconner, j’habite au centre-ville, je ne day-one buy jamais rien, précommander m’emmerde, et j’ai besoin de toucher ce que j’achète. Quand à acheter des fringues que je n’aurais pas portées avant ? Mais je sais pas comment vous faites, les gens.

Bon, à une eception près, bien sûr. Une exception nommée GABEN.

Depuis 2009, moi qui était un grand fan de sharewares et de petits jeux indés dans les années 90, j’ai vu le retour de ces jeux PC par millions, de toutes les tailles et de toutes les formes sur les plates-formes dématérialisées.

Assez complexe à envisager sans Internet. De la même manière, j’ai joué à un tas de trucs qui m’intéressaient moyennement parce que le prix était bas. J’insiste sur le fait que ce n’était pas un manque à gagner pour leurs auteurs : sans Internet, les chances que je joue à Prototype 2 étaient proches du néant. Parce que même à 15 ou 20€, faut pas déconner, quoi, j’aurais jamais acheté ça sur console.

Oh, et aussi : je lirais beaucoup plus de presse imprimée, bien sûr. Même si j’en lis et que j’en achète toujours, et que j’en ai besoin à mon travail, ma consommation était incontestablement plus élevée dans les années 90.

 

6) Mes opinions, s’il n’y avait pas eu Internet

Je sais, je sais, c'est comme dire "je suis de très près la carrière de Jordy : il vendait plein de disques il y a 100 ans".
Je sais, je sais, c’est comme dire « je suis de très près la carrière de Jordy : il vendait plein de disques il y a 100 ans ».

 

Elles auraient probablement été similaires, mais moins fines, et moins poussées sur un nombre conséquent de sujets. J’ai les même centres d’intérêt politiques et sociétaux qu’avant, mais j’ai lu et vu via le web une quantité beaucoup plus importants d’écrivains, d’auteurs, de polémistes ou d’éditorialistes.

Tout le web anglophone, déjà.

Et tous les gens qui m’ont pointé à un moment donné vers des ressources qui me seraient fatalement passées sous le nez.

 

7) Ce que je saurais, s’il n’y avait pas eu Internet

 

Voilà le Drapeau d'Aruba, territoire néerlandais d'Outre Mer dont au sujet duquel je peux vous dire plein de trucs, MERCI INTERNET !
Voilà le Drapeau d’Aruba, territoire néerlandais d’Outre Mer dont au sujet duquel je peux vous dire plein de trucs, MERCI INTERNET !

La même chose sur la plupart des sujets qui intéressent, mais probablement pas de la même manière. Actuellement, quand un sujet x m’intéresse, mettons, l’Histoire de la Finalnde, j’ai toujours le même réflexe :

1 – Je lis la page Wikipedia

2 – Si ça m’intéresse toujours, je lis un bouquin sur la question.

J’imagine que sans le Net, je ferais l’équivalent : lire d’abord un Découverte ou un Que Sais-je, puis un livre plus conséquent.

Ce que j’ignorerais, c’est probablement toutes ces petites anecdotes à la con que j’aime trouver à droite à gauche genre le Moresnet Neutre, des photos de billets d’un milliard de milliard de dollars zimbabwéens, ou n’importe quoi de bizarre concernant le Japon. Lien obligatoire vers Satunome

 

8) Ma Vie Sentimentale, s’il n’y avait pas eu Internet

Littéralement.
Littéralement.

 

J’ai eu trois relations sérieuses dans ma vie.

La première était très mundane dans le concept : histoire de lycée née d’un voyage scolaire. Elle aurait eu lieu même si les ordinateurs n’avaient pas été inventés

La seconde, c’est plus compliqué. J’ai rencontré la fille dans un parc, mais je n’y étais que parce que je rencontrais une personne de l’Internet dans ce parc. Et c’est par le biais d’Internet que nous sommes restés en contact… Et que nous avons fini ensemble. Il est extrêmement peu probable que, sans Internet, nous soyons restés en contact après cette après midi.

La troisième, bon ben, là c’est du 100% online, puisque nous nous sommes connus via un site de rencontres. On peut penser ce qu’on veut de l’étoile du destin, des Shojos et de la Carte du Tendre, mais bon, vu qu’on vivait quand même à 50 kilomètres d’écart, sans aucun ami commun dans une métropole de 10 millions d’habitants… Alors on ne se serait probablement pas rencontrés (ou alors via une agence matrimoniale à l’ancienne ?)… D’autant plus que si j’étais passé par Internet pour trouver une copine, c’était entres autres parce que j’étais dans une situation zarbi ou je sous-louais à une fille… Rencontrée d’Internet. (et c’est Manu Payet qui fait des films sur sa vie sentimentale dont personne à rien à foutre)

Bon, on peut donc enlever allègrement 66% de mes relations sérieuses du paquet.

Par quoi auraient-elles été remplacées ?

Probablement par d’autres. Au final, dès que les joggings et les boutons ont laissé place à quelque chose de plus décent, je n’ai jamais eu trop de problèmes à séduire (objectivement, je suis un mec grave potable, non ?)

Hors Internet, en fait, j’ai eu plusieurs opportunités évidentes. On va enlever celles qui ont un lien proche ou lointain avec Internet et ne garder que les pistes que je n’ai pas suivi parce que j’avais une relation avec quelqu’un sur Internet ou que je draguais quelqu’un sur Internet trop fort et donc j’avais de la merde dans les yeux. Ça concerne une période assez courte de 2006 à 2009. Mais il y a quand même eux la fille au Nom mal Orthographié, la fille du Baseball , la fille avec qui tu sais que bon ça aurait du mais on était tous les deux pris et la fille du Travail. Plus une quantité plus ou moins variable de trucs que j’aurais tenté et qui se seraient finis sur des rateaux. Les 4 que j’italique, je suis sûr de moi.

Donc bon. Tout ça pour dire quoi ? Ma vie sentimentale aurait forcément été très, très différente sans Internet.

 

9) Ma vie sexuelle solitaire, s’il n’y avait pas eu Internet (vous avez directement scrollé là, petits gourgandins ???)

Arrêtez de vous mentir, vous savez très bien que la chose qui a été directement et le plus massivement impactée par Internet, c’est le sexe en solo. Le reste du sexe est resté RELATIVEMENT le même, les pratiques sexuelles des gens à peu près similaires (oui, quoi que tu fasses, ta fille va voire Stoya se prendre une double anale. Non, elle ne fera probablement pas la même chose. Si ça ne te rassure pas, fais ton job de parent au lieu de traîner ici).

Mais bon, plus besoin de Hot Vidéo sous la douche.

Ça tombe bien pour moi : je suis assez difficile en matière de support et de contenu.

Alors merci infiniment aux quelques auteurs de Hentai que j’aime bien, à Erika Lust et à Joanna Angel. On ne se connaît pas, mais vous avez incontestablement changé pas mal de choses par rapport à cette réalité alternative ou Internet n’existe pas. Vous avez rendu ça mieux.

 

10 Ma vie sexuelle non solitaire, s’il n’y avait pas eu Internet

 

OOps ! L'accès au chapitre 10 nécessite un COMPTE DENTIFICE PREMIUM !
OOps ! L’accès au chapitre 10 nécessite un COMPTE DENTIFICE PREMIUM !

Voilà, c’est tout, bonne soirée et bonne chance.

thank+you+internet

 

 

I shall play you the song of my people.

Comme je disais dans l’article précédent à demi-mots, je suis en train de finir un déménagement, avec pas mal de fatigue et de trucs à la clé. Aussi, bon, pas d’article hautement polémique de 100 000 signes ces jours-ci, vous ne m’en voudrez pas. J’avais commencé un truc intitulé « Défense de François Hollande », mais ça revenait surtout à insulter tout le monde.
Fêtons le fait que le « Tireur Fou de Libération » soit un 57, comme moi et Francis Heaulme, avec un article qui ne sert à rien.

Si je devais avoir un groupe, il serait probablement « The Great and Mighty PoppelDoppel Orchestra of The Secret City of Nan Madol ». Bien sûr, c’est le meilleur nom de groupe de tous les temps, bien avant Gronibar et Jesus Cröst. Mais grace à un remue-méninge intensif, j’ai ici établi une liste de tous les noms de groupes qui devraient exister, et qui hélas ont le mauvais goût de ne le point faire. Cet article pourra bien entendu être amendé et complété quand de nouvelles idées me viendront. Si vous êtes inspiré…

HORRIBLE BAND NAMES

1) The Laurence Parisot Appreciation Society

2) Nem y Nem

3) The John Butthurt Trio

4) Le Mystérieux Marcel et son Harmonium Enchanté

5) The Final Count Down (la mascotte serait un handicapé mental habillé en noble)

6) Sexy Minitel et ses Waifus

7) Muh Waifuh

8) Les The Prostiputes

9) Fred A Gémi

10) P’tit Jean Liquide

11) Chutney-Malabry (le logo représenterait un Turban)

12) Mark Levy

13) Keanu Reeves

14) Robert Wolff est amnésique (c’est la semaine internationale du livre et la phrase était à côté de moi fait tourner à tes 535 contacts ou sois damné hurr hurr).

15) Cloune le Clown

16) Sextorpor et Misterhult

17) Hérouville Saint-Clair

18) Les Aristochattes

19) Pierre Momplaisir

20) Demissu Russossu

21) Agenda 21

22) Sexo Grammaticus

23) Saxo d’Assaut (groupe de gangsta Jazz)

24) Poil (trop tard)

25) The Gender Theory

26) Dora The XXX Experience

27) Alain Batchoum

28) Anuspétain

28) Impôt par Capitation

29) Avion Rafale

30) DJ patate

31) Cuisine Romantique

32) Tarte au Concombre

33) Plancher Collant

34) Geindre

35) MC Seal Imperatriz

36) Remiremont Ville de Charbon

37) Bizzou

38) Jean-Louis Pute

39) Bite Boxe

40) Costa Gavroche

41) Permis de Chasse

42) Marcel Dukan

43) Quête King Cole

44) Taupe

45) MC Rose

46) Les Latins Crétins (chants paillards façon grégorien)

47) Peter, Paul, Mary, Crosby, Still, Nash, Young, Simon, Garfunkel and Oates

48) Bogue

49) Parti Radical de Gauche

50) Les K-Potes (cover band de K-Pop)

-Les suivants ont été suggérés par des gens biens)

51) One Direction

52) Les bitch boys

53) Clowns et cacahuètes

54) les Raides in the motte

55) les écolos cul’d’jattes

56) Güürtmjöllnøgar !

57) Éjaculation des lieux

58) LikorNPocalypS

59) Miley Tiphus

60) Cthulhu en pantoufles

61) Machine à traire.

62) On fait du poney en fermant les yeux

63) les Brownies Totalitaires.

64) La Trance d’en bas.

65) Cockcheese’ Kebab Orchestra.

66) Spunk II

67) Kick out the Roms. Et leur tube : Que deviennent, que deviennent les Valls de Vienne.

Voilà voilà… Faites vous plaiz si vous avez des idées. Je vais écrire un vrai article, maintenant.

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Et sinon, c’est comment, d’être bibliothécaire ? Tu te laisses pousser le chignon ?

Dans la foule de commentaires qui ont accompagné mon article, avec un tas de gens qui ne constituent pas mon lectorat habituel, il y avait un tas d’avis différents : ceux qui se sont reconnus dans mon truc, ceux qui ne s’y sont pas reconnus, quelques haters, un ou deux spammeurs sous coke de chez Soral, et une catégorie assez insolite mais répandue de gens qui avaient l’air absolument et totalement déconnecté de ce qui constitue la réalité (voire « l’utilité ») de mon métier de Bibliothécaire. C’est normal, il est pas très connu, ce métier (15% des gens pensent que c’est payant d’entrer dans une bibliothèque, et à la louche un usager sur 5 pense que nous sommes bénévoles).

Bon.

Il me semble utile de constituer un document (que personne ne lira jamais, c’est la loi du deuxième article après un clashbuzzlol) pour expliquer un peu l’ensemble de ce que « nous », bibliothécaires, faisons, en me basant sur les remarques des commentaires de l’article précédent.

Tiens et sinon pour répondre à une autre « objection » : je ne passe pas ma vie à geindre, en vrai, je suis très heureux. Ma situation actuelle (a part mon boulot ou j’en ai ma claque) est excellente. Youpi yop.

 I « Il faut faire des études pour être bibliothécaire ? »

La plupart des bibliothèques français sont employés par la fonction publique (mais ne sont pas tous fonctionnaires). Cela implique souvent, donc, la réussite d’un concours. Mais avant de passer les concours, il est à peu près essentiel de suivre une formation solide aux métiers du livre. Ce sont des formations souvent dispensées dans des IUT d’Information et communication (aka le pétrole du XXIè siècle) et par certaines facs (mais restons simples).

Le mien offrait un tronc généraliste aux bibliothécaires-libraires, mais d’autres s’occupent aussi d’archives, de documentation privée, d’administration informatique, d’édition, etc. Après le tronc commun, il y avait une partie plus spécialisée sur les bibliothèques.

Nous avons souvent une formation niveau Bac+2, qui peut être poussée à Bac+5 selon les spécialisations.

Le principal cliché qui me fait péter les plombs quand un noob m’envoie un CV, c’est « j’aime bien les livres » (donc embauchez moi). Moi j’aime bien le pain, ça tombe bien je vais envoyer mon CV a un tas de boulangeries.

Sans entrer trop dans les détails, depuis une vingtaine d’année, le métier s’est énormément spécialisé. L’offre éditoriale s’est énormément développée, les fonds patrimoniaux se sont beaucoup développés, nous devons faire de l’accueil, de l’accompagnement, des animations, et développer tout un tas de compétences (numérique, animations, programmation culturelle, ‘toshop). Deux postes en bibliothèques demandent des compétences souvent assez différentes (ma journée à a peu près 0% en commun avec un bibliothécaire en fonds patrimonial, par exemple). Et je n’entre même pas dans les histoires des Bibliothèques d’Etat (BU/BNF…) 🙂

Donc, je n’ai pas un métier de type « formation généraliste en sciences humaines », mais un métier, de fait, extrêmement technique (d’où les formations en Institut Universitaire de Technologie).

II « Tu suces la moelle des braves travailleurs du privé »

Parce que les fonctionnaires ne côtisent pas, c’est bien connu 😉 Mon employeur n’est pas l’Etat, mais la collectivité locale qui m’emploie. En résumant à l’extrême, disons que mon salaire n’est pas assumé par un ministère, mais par des impôts locaux (je coûte moins cher que l’entretien des pots de fleurs sur les ronds points). Et comme tout un chacun, mon salaire est composé d’un net, et d’un brut impliquant taxtes et charges. Mon employeur paye des charges patronales.

Faisons d’ailleurs un petit point « droits et devoirs » en revenant sur mon statut de fonctionnaire territorial. Le seul « droit » supplémentaire que j’ai par rapport à un « privé », c’est la sécurité relative de l’emploi : si jamais mon emploi était « détruit », on m’en fournirait un autre (si ce n’est ma collectivité, mon centre de gestion). Par contre, si jamais je démissionne, ou si je me mets en disponibilité, mon indemnité chômage sera de 0€ et même pas des poussières. Je pense que ça répond en partie à la question du « pourquoi tu ne deviens pas entrepreneur comme tout le monde ». Je n’ai ni capital, ni filet de sécurité, par contre, j’ai la certitude d’être payé le mois prochain. Y’a des plusse et des moinsse, donc.

III »Pourquoi as-tu fait des études « sans débouchés » ?

Autant je peux comprendre qu’on dise ça de la filière édition (qui repose sur l’utilisation massive et assez douteuse de stagiaires) ou de la filière librairie (mal en point, et aux salaires misérables), autant la filière bibliothèque se porte « relativement » bien, du moins pas plus mal que le reste de la fonction publique territoriale. La raison en est simple : il y a beaucoup de bibliothèques en France (environ 8300 bibliothèques municipales employant au moins 1 professionnel), et un personnel vieillissant, donc pas mal d’offres (même si tous les postes ne sont pas remplacés).

Peu d’élèves sont formés chaque année (quelques dizaines), et les filières DUT sont sélectives (c’est la différence avec une Fac), et ont pas mal de passerelles pour poursuivre sur autre chose (exemple : une licence ou un master en documentation professionnelle). En fait, la plupart de mes camarades de promo ont trouvé du travail. Bien sûr, les bibliothèques sont réparties un peu partout en France, contrairement aux IUT… Donc, ce travail implique de la mobilité.

Avec les interco, qui ont permis une mutualisation de moyens importante, beaucoup de communautés de communes ont pu ouvrir des bibliothèques avec un ou plusieurs professionnels. Ces établissements (campagnes, montagne, etc.) ont souvent du mal à recruter… Si vous êtes prêts à devenir la Dame de Haute-Savoie… Par contre si vous voulez bosser dans les 10 bornes autour de chez votre maman, c’est cramé (oui, je sais, Ben et Bob The Bob qui lisez cet article, vous, vous avez réussi, mais moi je trouvais pas de taf en Lorraine, na !).

Je vais en fait vous donner quelques exemples concrets : le site Biblioemploi recence les besoins contractuels (vous pouvez y postuler sans concours) en bibliothèque, et offrent des dizaines de postes par mois (5 offres aujourd’hui, huit hier…). Comparez avec les sites sur les emplois de documentalistes ou dans l’édition…

Sinon, un des sites de référence (il y en a d’autres, mais bref) sur l’emploi dans les bibliothèques municipales, la Gazette des Communes propose une cinquantaine de postes d’Adjoint du Patrimoine (la catégorie C, à laquelle on peut accéder sans concours). C’est sans doute moins que le nombre de serveurs dont la France à besoin, mais au regard des gens qui ont une formation en Bibliothèque, c’est pas tant que ça. Avec juste votre diplôme en poche, vous pouvez tout à fait vous retrouver « directeur » d’une bibliothèque de village…

Bon, un des trucs à intégrer, c’est que si vous voulez bosser durablement et pour un salaire pas trop dégueu en bibliothèque, vous avez quand même tout intérêt à passer des concours (dont le nombre de postes ne va pas croissant, mais ça reste tout à fait possible). Sinon, bienvenue à précaire-land. Même remarque pour les examens internes.

Les restrictions budgétaires dans les collectivités impliquant quand même, dans certaines villes, un recours massif aux contrats, aux dégradations de postes (A+ qui devient magiquement A, A qui devient B…), etc. J’ai une collègue qui a ainsi passé plus de deux ans sur des contrats, à changer de postes tous les trimestres, payé au SMIC+1 centime, alors que la bibliothèque avait des offres à pourvoir.

Ah, et je ne l’ai pas précisé assez : c’est une filière ou il est devenu quasiment impossible de rentrer sans formation professionnelle solide (ou alors, il faut coucher avec le maire) en passant par une filière sélective.

Sinon, filière à éviter si vous n’aimez pas le travail sur écran, si vous êtes incapable de faire de la manutention et si vous appréhendez de vous retrouver face à tous les dingues de la ville, séparés d’eux par une simple table en bois.

IV « Les bibliothèques vont fermer a cause des ebooks hurr durr »

Bon, c’est difficile de discuter avec des gens qui n’ont visiblement pas mis les pieds dans une bibliothèque depuis 1951, mais essayons quand même.

Sur la question des e-books (qui représentent un bon 2% du marché Français), la plupart des établissements, ont ou vont, c’est plus ou moins rapide (administration !), s’emparer de la question. Des centaines de bibliothèques prêtent des liseuses et des tablettes, et ce sont des services qui marchent au taquet. Parce que c’st cher, compliqué à utiliser, et que les gens sont curieux autour de ce support. Pourquoi n’en prêterions-nous pas ?

Mais croire que mon travail est simplement réduit à faire « bip bip bip » sur des documents, c’est de la connerie en barre (mais no offense, on est sur Internet, les gens y seront stupides tant qu’un virus ne leur lira pas leur commentaire à voix haute). C’est juste la partie la plus chiante et la moins intéressante de mon travail : les agents qui pensent que c’est leur coeur de métier ont à mon sens une estime de leur métier assez basse.

Soyons honnête : le nombre de prêts en bibliothèque à globalement reculé ces dix dernières années. Mais étrangement, pas le nombre de « fréquentants », situé avec une louche géante entre 20 et 25% des gens. Le « taux d’inscrits » est de 18% des français (ça fait quand même 11 millions de cartes qui se baladent !), mais nous travaillons aussi pour tout un tas de gens qui ne sont pas inscrits dans nos établissements. Je ne vais pas rentrer dans des détails qui n’intéressent pas trop le grand public, mais voici un panel non exhaustif des services proposés bon gré mal gré par les bibliothèques françaises (on a inventé le terme de médiathèque, puis de « Troisième Lieu », moi j’aime bien parler de « Couteausuisse-othèque ») :

  • Lecture de la presse et de documents sur place (on est aidés, il est vrai, par le vieillissement de la population)
  • Conseil, accompagnement, médiation pour tout un tas de choses (recherche d’emploi, rédaction de CV, orientation d’étudiants, cours informatique, autoformation et j’en passe). Ainsi, je dispense chaque mois une formation (quasiment pleine à chaque fois) sur la musique en ligne. Pour éviter que papy-mamy ne se fasse arnaquer par un « pur » site.
  • Selection thématiques de tout un tas de documents que votre grande surface culturelle ou votre marchand de « produits culturels » ne vous mettra jamais en avant. En fait, soyons prétentieux, tout un tas d’éditeurs crèveraient purement et simplement sans nous. En plus, on est même la pour vous accompagner et vous conseiller (et on adore quand vous nous posez la question !)
  • Accueil de classes. De milliers et de milliers de classes partout en France. Et de centres aérés, et d’assistantes maternelles, et de handicapés, et de etc etc. Si vous vous demandez ce qu’on fait quand on est fermés au public, c’est souvent une partie de la réponse. Pour beaucoup plus de gamins que ce que vous pensez, c’est la seule sortie de type culturel, voire leur seul contact avec la culture, envisageable.
  • Innovations technologiques. Vous qui trollez dans le net n’en avez pas conscience, mais 50% des français ne savent même pas allumer un ordinateur. Oui, un sur deux. L’effort de médiation et d’accompagnement est monumental, et fait partie de nos missions d’accès à la culture.
  • Mise à disposition d’espace de travails, photocopieurs, toilettes, tables, lampes, prises électriques, wifi… Bon, c’est un peu chiant pour le personnel, mais au fond, vous connaissez beaucoup d’endroit qui soient calmes, gratuits, chauffés et propres, dans une ville ? (en plus c’est payé par vos impôts, vous avez tout à fait raison de venir y bosser !)
  • Mise à disposition, parfois, de Fonds patrimoniaux. Beaucoup plus utilisés et consultés que vous ne le pensez, par tout un tas de curieux, fouineurs, chercheurs, journalistes, archivistes, spécialistes des vieilles choses en tout genre. C’est un secteur paradoxalement en plein boom.
  • Programmation culturelle, avec la même remarque que pour nos acquisitions : nous pouvons nous « permettre », n’ayant pas d’impératif de rentabilité, de programmer tout un tas de choses intéressantes mais « pas rentables ». Comment dire… Le libraire du coin n’a pas forcément intérêt à faire venir un auteur relativement pointu sur une question économique complexe, parce que les frais engendrés ne lui seront sans doute pas compensés par le nombre de livres vendus. Nous ne sommes pas dans la même logique (et pour cause, nous ne faisons pas le même métier). Nos « objectifs » à nous, c’est plutôt de faire venir un maximum de public pour que cette programmation ne se fasse pas dans le vide (ça dépend souvent de la manière dont est organisée la comm’ dans la collectivité….)
  • Espace détente/convivialité. La plupart des établissements récents proposent sous diverses forme des espaces (souvent pleins du matin au soir) d’écoute de musique, de détente, d’écrans pour visionner des films, de machines à cafés voire de bars intégrés à l’établissement, d’espace jeux-vidéo, de ressources numériques, etc.
  • Nous sommes souvent le « cybercafé » le moins cher de la ville.
  • Je serais de mauvaise grâce, j’ajouterais : garderie, assistante sociale, centre aéré pour impotents, crèche de secours, bureau des plaintes, magiciens (« je cherche un travail dans l’ébénisterie sur trampoline, si vous n’avez rien à me prêter sur le champ, j’écris au maire pour me plaindre ») et confessionnal.
  • Services à domicile et/ou dans des structures extérieures (maisons de retraites, hôpitaux…)
  • Et plus vous allez vers des territoires à la pyramide des âges à base faible, plus vous verrez aussi que vous serez la seule personne à qui viennent parler tout un tas de gens isolés.

Si vous voulez en savoir plus sur notre monde merveilleux, allez ici : http://www.observatoirelecturepublique.fr/observatoire_de_la_lecture_publique_web/FR/syntheses_annuelles.awp il y a un long rapport plein de chiffres pour occuper vos longues soirées de vacances !

V « De quoi tu te plains sale fonctionnaire avec ton double SMIC »

Je ne me plains pas de mon double SMIC (si vous avez lu ça quelque part dans l’article, j’aimerais bien savoir où). S’il me posait un problème, je ferais manager dans le privé. Mon salaire, relativement modeste pour un cadre moyen (1500€ base + 400 primes), est compensé par une sécurité relative, et des conditions de congés plutôt favorable (travaillant un peu plus que 35H, j’ai pas mal de RTT et, en gros, entre 8 et 9 semaines de congés par an). Ceci dit, ayant bossé également dans des structures ou les cadres faisaient 50H/semaine, tout ce que j’ai pu constater, c’est leur productivité de merde (vous pouvez vous lâcher, si vous voulez troller sur celle-là).

Tiens, ça me permet de refaire le point sur les salaires en bibliothèques (assez faibles pour la fonction publique, mais élevés par rapport aux autres Métiers du Livre)

Agent de Catégorie C : Entre 1430€ brut (40 centimes au dessus du SMIC) et 1991€ brut (en fin de carrière, en ayant passé tous les examins interne à la Cat C)-> Les agents de catéogie C représentent 60 à 65% du personnel. Dans les villes de moins de 5000 habitants, ils peuvent être directeur d’établissement (et ils le sont souvent, et parfois à temps partiel).

Agent de Catégorie B : Entre 1453€ et 2602€ brut. -> Les agents de cat B représentent 30% du personnel.

Agents de Catégoie A (moi…) : Entre 1615€ et 3046€ > 8% du personnel environ. A noter que dans cette catégorie (jusqu’à nouvel ordre) on « plafonne » au bout de 30 ans, d’où une tendance à la perte de pouvoir d’achat dans les 15-20 dernières années d’activité.

Agents de Catégorie A+ : Entre 1861 et et 4458€> 1 ou 2% du personnel, il s’agit des Conservateurs du patrimoine (les directeurs de très grands établissements, pour faire simple). Oui, ces salauds de fonctionnaires peuvent gérer un établissement de 2, 3, 10 millions d’euros avec 1500€ net en poche en début de carière, quelle bande de vampires !

Contractuels : En général, le salaire minimum correspondant à leur grade, souvent sans aucune forme de prime. Exception pour les consultants, chargés de mission, etc, mais il y en a assez peu en bibliothèque.

A tout ceci s’ajoutent donc des primes (prime de management, de technicité, NBI, régime indemnitaire, transport, blablabla), qui peuvent aller de 0 à l’infini selon la collectivité ou vous travaillez. En ce qui me concerne, j’ai déjà eu du 0€, du 50€ et, actuellement, du 400€. C’est un peu la loterie. Certaines de ces primes peuvent être obligatoire (par exemple si vous travaillez en région parisienne, ou en ZEP…)

Sinon, notre point d’indice est gelé depuis 4 ans (soit 8% de pouvoir d’achat en moins, quelque chose comme ça.)

N’hésitez pas à me reprendre si j’ai dit une connerie !

 VI « De quoi tu te plains sale fonctionnaire tu fais que boire des cafés dans une bibliothèque de quartier »

Va chier dans ta caisse, mais revenons quand même sur quelques « inconvénients » du métier (les avantages, on l’a vu, sont un travail intéressant, pas mal de congés et la sécurité de l’emploi une fois le concours passé) :

  • Les maladies professionnelles. Je ne connais pas de bibliothécaire de plus de 50 ans qui n’aient pas le dos en bouillie et les articulations en miette, spécialement dans tout ce qui a trait aux sections jeunesses. Mais c’est un problème assez généralisé à la fonction publique : mauvais matériel, mauvaises postures, plusieurs tonnes de documents soulenés chaque année, etc. Ajoutez à ça un environnement assez bruyant (si, si) et un travail continu sur écran.
  • Lourdeur extrême de l’administration. C’est un cliché, mais à une époque ou nos métiers doivent évoluer extrêmement rapidement, cette pesanteur extrême est un handicap quotidien qui peut être synonyme de découragement, dépression, voire renoncement.
  • Globalement, des horaires de merde. Nous ne sommes ni une préfecture ni une mairie de quartier, aussi les bibliothèques ont des horaires qui s’adaptent (enfin, bon, parfois…) au public reçu. Ca veut dire : travail le « soir » (rarement après 20h quand même) et le samedi (ici, j’ai du pot, je n’en fais qu’un sur deux, mais c’est au prix d’horaires extrêmement bizarres et peu pratiques). Voire, le dimanche (c’est pas une tendance lourde, mais c’est une tendance). C’est tout à fait normal que ça soit comme ça (vous imaginez une bibliothèque fermée le samedi ou après 16h ?), mais il faut en avoir conscience avant de rejoindre la famiglia.
  • Le public. Ca a l’air con, mais dans un service public, vous verrez toutes sortes de gens. Ca va de la gentille maman qui t’offre des chocolats parce que tu lui a trouvé le DVD qu’elle cherchait au taré qui parle tout seul et qui pue en passant par les ados qui baisent dans les toilettes, les râleurs nés qui écrivent au cabinet du maire pour chaque amende de 15c, les violents, les toxicos, les clodos qui dorment sous les tables, les « je te rends cette BD de chez Soleil avec les pages collées », les relous, les qui parlent pas français et j’en passe. Moi, que ces gens aient accès à un espace de lecture publique, ça me va tout à fait, c’est même très bien. Mais, faisons honneur à la réthorique des fachos : c’est une très bonne plongée dans le « pays réel ». J’ai déjà été la cible d’agressions, et la plupart de mes collègues également. Ca aussi, mieux vaut être au jus avant d’arriver la bouche en coeur en pensant que vous n’aurez face à vous que des chérubins fans de Oui-Oui. Tout ceci demande en fait l’acquisition de tout un tas de compétences de la gestion des publics difficile, gestion possible mais parfois extrêmement éprouvante.
VII « ce n’est pas un travail utile »

Dissertez, vous avez 7 heures 🙂
(vous avez le droit de citer des « travaux utiles »).

Toto, Trente Ans… (AH BAH NON EN FAIT)

Toto, Trente Ans…

Salut les copains et à l’année prochaine, allongés sur la pelouse on regarde le soleil.

Bon, l’article ayant été lu environ 150 000 fois (mais je soupçonne mes stalkers de l’avoir lu plein de fois), je le supprime temporairement. Si vous êtes un vrai dur de l’Internet, vous saurez comment faire si vous êtes dingue au point de vouloir le retrouver.

Sinon, vous aurez bientôt le plaisir de le voir édité (amendé et retravaillé) dans un petit pamphlet qui sortira aux merveilleuses éditions du Tripode pour une somme modique.

Sinon, j’ai quinze articles en chantier, mais ça, c’est pas bien.

Des bisous. Je laisse vos commentaires pour le côté surréaliste.

Dix albums de merde à écouter en slip en attendant la fin du monde.

Suite à mon article de l’autre jour sur les dix meilleurs albums de 2012, je voudrais quand même m’excuser : ce n’est pas dans mes habitudes de mettre autant de trucs de bon goût dans un article. Aussi, je tiens à compléter cette liste par dix albums de merde pas trop médiatisés et relativement récents que vous pouvez écouter en slip en attendant la fin du monde.

Craignos : La face B de la Nouvelle scène de France

Une anthologie bien immonde, qui, comme son nom l’indique, est un recueil de chansons craignos. Des tubes aussi monumentaux que « j’ai fait caca » ou « les hémorroïdes ». Les artistes s’appellent Jean-Pierre Fromage, Robot Caca ou Béton Plastic. L’ensemble forme malgré tout une flaque de vomi relativement homogène. Derrière le machin (bien entendu un canular) se cache en fait un artiste, dont la trajectoire professionnelle est un peu compliquée à suivre.

Les Joualliers – Gravitational Pull

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Je ne vais pas faire semblent de ne pas aimer cet album, je l’aime énormément. J’ai du l’écouter tellement j’ai du en user les mp3. Mais c’est quand même bien de la merde (ou, disons, du nanar volontaire). Entre le gangsta rap blanc québéquois approximatif, le dégueulis de dubstep à la hache et des sujets aussi essentiels que le No Homo ou les Putes Robot, les Joualliers livrent une belle bouse à réécouter pendant les longues soirées de la fin de cet hiver de chiotte. C’est gratuit.

Romain Ughetto – De l’autre côté

Pas encore d’album, mais déjà assez de singles pour remplir une fosse septique. Romain Ughetto, tellement u-ghetto qu’il a fait un feat avec l’Algerino, c’est Kyo à lui tout seul, atototune à la Nono le Petit Robot en plus, c’est de la détresse en sweet à capuche, c’est 400 000 culottes Petit Bateau souillées sur Youtube, et c’est aussi un sacré litron de boudin pressé joyeusement par Universal, pour nous rappeler un peu que le mieux disant culturel n’est pas mort.

Michel l’Ingénieur Informaticien – One merde

Alors là, on va reconnaître les vieux de la vieille. En 1996, un demeuré commence à faire de la musique dans son salon. Proto Didier-Super déguisé en geek (comprenez chauve, pervers et autiste, c’était pas glamour dans l’imaginaire de l’époque), Michel gueule des gros mots dans un répertoire mi-Arthur mi-Michael Youn. Enorme Meme français de l’année 1999, sa chanson « Ingénieur Informaticien » a bien pété les couilles de tout le monde pendant un moment. Michel a vendu des centaines de milliers d’albums, et continue en 2012 d’en faire profiter les veaux qui continuent de penser que dire « caca » sur un disque c’est le top de l’irrévérence et que ça va enfin repousser les barrières électrifiées de la bienpensances parisienne.

Nicki Minaj – Pink Friday Reloaded

J’ai souvent entendu pas mal de conneries sur Nicki Minaj, comme quoi elle serait la relève du hip-hop féminin (qui allait très bien, merci pour lui), qu’elle serait irrévérencieuse, ou talentueuse, ou que son look serait au top de la provoc. J’ai lu des trucs étrangement élogieux de la part de journalistes musicaux (entendez : payés pour ça) sur Minaj.
Peu de ces gens ont vraiment du écouter du Nicki Minaj. Parce que soyons sérieux, si on oublie l’argument débile du « personne ne semble l’avoir fait avant donc c’est bien », qui en plus est faux (Trinidad et la Barbade, je vois pas bien la différence, nous ayant déjà abreuvé de Foxy Browns et de Rihannas…), Nicki Minaj, c’est vraiment de la merde en barre. Textes crados mais peu inspirés, physique tellement caricatural qu’on dirait une poupée gonflable vendue à la sauvette dans les égouts de Pigalle, productions à chier, je défie quiconque d’écouter Pink Friday sans ragequit en quelques minutes.

Chameleon Circuit – Still Got Legs

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Vous aimez la musique pas top ? vous aimez Doctor Who ? Chameleon Circuit est là pour répondre à tous vos besoins.
Ce groupe anglais ne produit qu’une seule chose : des chansons ayant pour thème Doctor Who. Et c’est pas franchement génial. A part quelques titres qui surnagent un peu comme leur tube absolu « Exterminate regenerate« , et encore, plus parce que c’est catchy que parce que c’est vraiment bien, Chameleon Circuit produit un brouet sonore immonde à base d’autotune, de ballades insupportables et d’un manque de charisme terrifiant comme un Dalek dans ta salle de bains. Mais c’est toujours mieux que le dernier Aerosmith.

The Offspring – Days Go By

Pretty fat for a white guy. Eh oui, au cas ou ça vous aurait échappé, les Offspring existent encore. gros, les cheveux blancs, un peu amollis par le poids des ans, on commence à se rendre compte au fil des plages à la fois mollassonnes et peu inventives que le groupe a été fondé en 1984, et que le punk-rap, ça demande une énergie que Dexter Holland a du laisser dans la piscine de Pretty Fly il y a une bonne dizaine d’années. Le tout n’est pas complètement dégueulasse, mais laisse un goût de pisse dans les oreilles.

Luca Turilli’s Rhapsody – Ascending

J’adore les histoires de groupes de Metal qui se foutent sur la gueule, parce que j’imagine bien un juge républicain encroûté devoir plancher pour savoir qui a le droit de s’appeler Saxon pour jouer devant une bande de motards avinés. Georges RR Martin avait bien résumé cette ambiance dégueue dans Armageddon Rag en 83. Bon, Luca Turilli n’a pas trop fait d’esclandres en se barrant de Rhapsody of Fire, le kitschissime groupe de power métal Italien, ambiance spaghetti et chasse du troll. Mais ça ne l’a pas empêché de créer un groupe, La Rhapsodie de Luca Turilli, pour faire exactement la même chose en aussi ringue.
Un album plein de blip blip, de longs riffs pas ultra carrés, de chant prétentieux bourré de trémolos, et d’histoires pour endormir les petits et les grands qui causent de sujets aussi variés qu’Atlantis, Excalibur, l’Enfer de Dante ou du Choc des Titans. Avec l’accent du pizzaïolo des Simpson.

Passpo – One World

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Je vous parlais d’un excellent  groupe de guitare nippon l’autre jour, Depapepe. Mais n’oublions pas que le Japon est avant tout le laboratoire des enfers des savants fous de chez Universal, EMi et compagnie. Et une des locomotives d’Universal en ce moment au pays des lycéennes emmurées vivantes par des stalkers est le groupe d’idols Passpo, qui regroupe à peu près tout ce que la scène jpop peut faire d’inécoutable, d’horripilant et de formaté pour plaire aux coubarbus puceaux obèses de 40 ans locataires permanents dans des hôtels capsules sentant le musc (varia : aux petites connes déguisées en Misamisa à la Chibi Japan).

Atomik Harmonik – Tractor polka

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Mouvement musical Slovène injustement méconnu, malgré de larges succès médiatiques dans le Sud de l’Autriche et les Alpes Bavaroises*, le Turbo-Folk mérite tout à fait d’accompagner votre soirée ratée. le concept ? Des prostiputes, des beaufs avec des accordéons, des airs traditionnels remixés par Crazy-Frog, et c’est parti la musette sous exta, hantée par Pascal Sevran.
Atomik Harmonik est un des piliers du Turbo Folk, et livre à chaque clip une débauche de boobs, de bouses, et de boom-boom. Vous allez vous couchez moins cons.

* Ce que je raconte est authentique, et je suis assez fier de dire que j’ai découvert tout ceci dans une revue scientifique d’ethnologie.

Du Gonzo en Prime-Time (article sûr pour le travail)

Je ne regarde pas beaucoup la télévision. Je ne vais même pas avoir l’hypocrisie de vous dire que je regarde Arte parce que c’est bien et que toutes les autres chaînes c’est de la merde, parce qu’en vrai, je regarde pas beaucoup la télévision du tout. Dix minutes le matin, pour voir la gueule de Léon Mercadet, vingt minutes le midi pendant que je fais cuire mes pâtes, parfois un tout petit peu le soir, mais globalement, je suis assez loin des 4H que le français moyen est supposé passer devant son écran (de télé). Je ne vois pas bien comment je pourrais passer autant de temps sur Steam si je m’abrutissais chaque soir devant Cyril Hanouna hilare en train de passer des vidéos de chats qui font du trampoline avec une estampille « Buzzlol.com ».

Je ne condamne pas franchement les programmes de télé. Mais il y a trop de trucs que je ne supporte pas, à commencer par la publicité, le ton hystérique du chroniqueur lambda, l’incapacité à développer la moindre forme de pensée, ou la complaisance globalisée de la classe politique avec une forme d’interview basée sur le vide. A la rigueur, la seule chose qui me révolte vraiment au plus profond de moi sont les programmes types « Les Ch’tis à Las Vegas ». Je suis a peu près persuadé qu’un jour, on regardera ce type de programme avec les mêmes yeux qu’on regarde les zoo humains des années folles. Barreaux en moins, caméra en plus, c’est exactement la même chose. Mais peu importe, chacun fait ce qu’il veut, tant qu’il ne me colle pas le nez dessus en me demandant d’aimer.

J’ai un manque d’affinité tout particulier avec M6, ses séries basées sur des blagues carambar et des histoires de Toto, son orientation ménagère demeurée et ses cinquante mille émissions basées sur la bouffe et l’apologie de la lutte capitalistique.

Depuis, j’ai regardé un épisode de Norbert et Jean le Défi. J’ai compris que j’avais raté une donnée essentielle de mon analyse : M6 (ou 6ter, ou W9, je sais pas, chipotons pas) fait du Porno.

Je n’ai pas une culture porn très étendue, n’étant qu’un consommateur occasionnel, et relativement regardant sur la marchandise (je m’étends pas, ça ne vous intéresse pas) Mais ayant grandi avec Internet, ne nous leurrons pas, j’ai vu plus de filles nues en .jpeg et en .mp4 qu’il n’y en a eu de réelles dans mon lit. Je sais donc reconnaître un bon vieux gonzo dégueulasse des familles qu’en j’en vois un. Norbert et Jean, si c’est pas du gonzo, moi je suis l’Inspecteur Gadget.

Norbert et Jean, c’est deux super potes. Il y a un gentil avec les cheveux ébouriffés, un peu faussement angélique à la James Deen (mais qui sait mettre la main à la pâte, avec un doigté exemplaire), et un beauf faussement méchant, avec des rouflaquettes, un peu comme un taré sorti d’un truc dégueu de Bangbros, type humour dégueu-potache et zigounette sous le tablier. Bien sûr, ils sont malgré tout super potes, à la limite du combat d’épée, et toutes l’émission est sous-tendue par un homo-érotisme pas franchement refoulé pour plaire à la ménagère qui lisait du yaoi il y a dix ans et qui est passée au mommy porn. Ne me demandez pas qui est Norbert et qui est Jean, comme si j’en savais quoi que ce soit.

Nobert et Jean reçoivent à chaque épisode un défi culinaire en vidéo. Dans un décor plus ou moins bourgeois, ou issu de l’imaginaire populaire (pavillon de banlieue, cantine, chalet…), une télspectatrice (parfois, c’est un mec, ou une famille, il en faut pour toutes les bourses) enregistre une vidéo défi. Les deux cuistots se pointent chez la dame telle le livreur de pizza pervers qui a fait un trou au milieu du carton, et passent une heure à cuisiner. A la fin, le défi est gagné (faire bouffer une famille pour pas cher, faire aimer la cervelle de mouton à des enfants caprcicieux, faire bouffer un truc qui ressemble à de la viande à des vegans avec leur approbation, enfin, vous voyez le trip). Entre temps, on aura eu quatre bonne grosses coupures pubs pour des couche, de la lessives, du savon qui rajeunit que même ton mari il te reconnait plus et des serviettes hygiéniques aussi absorbantes que le Sahel contrarié par El Niño.

Alors bon, deux types dans une cuisine qui font cuire des beignets, ça manque un peu de dramaturgie, donc, il y a énormément de mise en scène. Et c’est là qu’on sent que les mecs qui font ce truc là ont une cuisine dans une main, et youporn dans l’autre.

Un gonzo, comment ça marche (en très gros) ? Comme il faut limiter au maximum les fioritures et tenir entre 20 et 50 minutes avec quand même pas grand chose, la mise en scène, en général peu convainquante, implique un lieu, si possible un lieu avec des canapés et des lits ou équivalents. Un protagoniste féminin est exposé sur le lit. On va la mettre un peu en scène, lui poser quelques questions (varia : elle va balancer quelques banalités du genre « j’aime bien donner des cours particulier tiens voila mon élève entrez oups ma jupe »), histoire de cerner la dame. Puis les pénis vont arriver. Après plus ou moins de temps passé à tourner autour du pot en fonction de la patte du studio, on en arrive au coeur du délit : un enchaînement rapide et filmé sous toutes les coutures de trucs que vous ne pouvez pas faire à la maison (parce que c’est physiquement impossible pour un humain normal, pas si intéressant que ça à essayer en vrai, non souhaité par un des partenaires, ou physiquement dangereux, enfin, c’est pas les raisons qui manquent), avec tout le monde qui jouit (ou fait semblant) à la fin, avec fréquente dégustation de secrétions diverses pour la dame qui reçoit. Et des tas de pubs tout autour.

Norbert et Jean, ça marche pareil, sauf qu’ils ont remplacé tout ce qui impliquait de voir des penny et des boobs par de la bouffe.

Dans l’épisode que j’ai regardé (mais j’étais déjà tombé sur des bouts d’autres, ça marche toujours un peu pareil), Norbert et Jean sont appelés par Jennifer, une riche bourgeoise qui a rien de mieux à foutre que faire un club de gâteaux chez elle avec ses autres copines pétées de thune. Jennifer, trop maquillée dans son intérieur très « je souris mais je suis morte à l’intérieur », leur lance le défi de venir dans sa cuisine créer des gâteaux salés qui doivent ressembler à des gâteaux sucrés (une tarte au citron qui est en fait au saumon, mais qui ressemble à une tarte au citron, vous voyez le truc ?). Les deux gaillards entrent donc en force, multipliant les allusions graveleuses pour le méchant, les sourires calins pour le gentil, et tout le monde va se mettre à presser des pâtes, à décortiquer des crevettes au ralenti, à afficher des sourires délirants, à faire jaillir des nappages, le tout finissant dans une dégustation organsmique des plats confectionnés (et qu’au passage vous n’avez aucune chance de réussir à reproduire chez vous) par toutes les copines qui attendent dans le salon.

Comme j’aime bien illustrer par des images ma mauvaise foi relative, nous allons donc comparer graphiquement ce qui se passe chez Jennifer et ce qui se passe dans le gonzo moyen. Tout ceci est sûr pour le travail, ne vous en faites pas.

Les deux programmes comparés seront donc « Norbert et Jean démoulent des cakes salés chez Jennifer, 32 ans » et « Rent Party ! » mettant en scène la jolie Taurus chez Burning Angel.com*

Etape 1 : One room, three people.

Taurus a un problème : elle ne peut pas payer son loyer (pas cool, en plus c’est son colocataire qui doit bosser et tout). Mais elle n’est pas inquiète, quand elle reçoit la visite du propriétaire, car elle affronte toujours ce genre de situation avec un calme olympien.

Pendant ce temps, Jennifer s’ennuie dans sa cuisine. Elle ne sait plus comment surprendre ses amies du club de pâtisserie. dans les deux cas, on nous passe quelques plans des deux mecs qui vont passer à la casserole (ho ho ho).

Salut, tout le monde se fout un peu de ce que je raconte et moi aussi, mais c'est une histoire de loyer gratuit."
Salut, tout le monde se fout un peu de ce que je raconte et moi aussi, mais c’est une histoire de loyer gratuit. »
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Certaines pièces de son intérieur sont du porno japonais interdit à elles toutes seules.
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(au passage « HAHAHA Ton coloc paye ta part de loyer et il ne le sait même pas, ce gros benêt », ce qui est une péripétie beaucoup plus drôle et dans l’esprit des vieux pornos libertaires que les blagues graveleuses et macho M6 touch)
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Norbert, Jean, qui peut le dire ?

Rapidement, l’incipit achevé, on rentre dans le vif du sujet : il va falloir pénétrer dans l’appartement, tâter le terrain et pétrir des trucs. Ca passe dans les deux cas par des vêtements qui s’envolent dans la joie, accompagnés de blagues vaseuses, de zooms et d’angles de caméras plus performatifs qu’artistiques.

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(je pense qu’à une certaine époque, j’aurais encore préféré payer mon loyer comme ça que de risquer le quasi procès avec Foncia, mon Employeur et la Banque de France. Vivement qu’on puisse voyager dans les mondes à dos de Boson pour que je sache ce qui était le pire).
"J'ai le boudoir humide (SIC)"
« J’ai le boudoir humide (SIC) »
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Tout le monde est réuni, on peut commencer à se foutre à poil.
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Tout le monde est réuni, on peut commencer à se foutre à poil.

Etape 2 : Cooking Mama

Très rapidement, le colocataire de Taurus et le propriétaire de leur appart (bien plus joli que celui de Jennifer, non ?) trouvent un terrain d’entente. Après quelques échanges assez-vif, ils décident d’explorer leur différence à coup de high-five et de doubles blowjobs dans la joie. No homo.
pendant ce temps, Norbert et Jean manient leurs spatules, échangent de folles techniques de décortiquage de crevettes (avec gros-plan et multi angles), le tout autour d’une Jennifer qui se pâme, et qui peine un peu à trouver sa place dans ce duel de battoirs virils (ne vous en faites pas, elle n’est pas en reste).

"Woops, can't show this in a librarian blog"
« Woops, can’t show this in a librarian blog »
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m6 films les ingrédients un peu comme Joanna Angel filme la teub de ses acteurs. En gros plan, souvent, avec des types qui font des grosses blagues derrière. Celles de M6 ont tendance à être moins fun.
Essayez de faire ça sans vous casser la gueule, renverser le canapé, en restant concentré.
Essayez de faire ça sans vous casser la gueule ni renverser le canapé, en restant concentré.
Hahahaha ! (a part ça, comme pour le porn, on te montre surtout des plats que tu as très peu de chances de refaire chez toi, ne serait-ce que parce que tu n'as pas le TEMPS"
Hahahaha SPLORTCH ! (a part ça, comme pour le porn, on te montre surtout des trucs que tu as très peu de chances de refaire chez toi, ne serait-ce que parce que tu n’as pas le TEMPS)

Les figures imposées s’enchaînent dans les deux vidéos, avec une Taurus qui ne masque pas son enthousiasme contractuel à coup de cris de mélodiste lyrique et une Jennifer qui glousse de plus en plus fort aux attentions culinaires et à la drague peu subtile des deux cuistots.
La réal de M6 veut cependant trop en faire, mélangeant les effets de manche, les ralentis, les flash-back, là ou Burning Angel se contente d’un poli mais complet tour des figures imposées du trio.
Dans les deux vidéos, un tas de trucs complètement impossible et hasardeux sont tentés sous l’oeil d’une caméra qui en redemande, mais comme c’est du cinéma, à la fin, ça finit toujours bien (les choux montent, la crème arrête d’être acide, tout rentre dans les bons orifices, on festoie, et Assurancetourix est attaché à l’arbre).

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Un moment de flottement qui se traduit assez bien par la gueule de l’acteur de droite (angle impossible), le fait que Taurus doive se relever parce qu’elle bouffait ses propres cheveux, et le fait qu’on ne voit plus du tout le deuxième mec.
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C’est le drame, les choux n’ont pas pris on dirait « des couilles molles » (sic). Les invités ne pourront pas déguster blablabla (violons, musique dramatique, publicité).
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Heureusement, un tabouret (kudasai) vient tout arranger, et c’est reparti pour 5 minutes de folie.
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Toute la nourriture est bien cuite, les charlottes sont bien démoulées, vite vite « des câlins  de l’allégresse ! » (sic).  Puis, une scène ou les deux mâles vont soulever tout à tour Jennifer (pour la peser. classe !) On a entre temps eu droit à des dizaines de gros plan de mains masculines et féminines faisant dégorger des tubes de crème sur des pâtes.

Etape 3 : Il est temps de passer à table.

Après une heure de tripotage de crustacés en gros plan, nos chefs font tester leurs recettes à une assemblée de bourgeoises imbuvables, dont, après un instant de surprise, on verra les traits s’illuminer d’une jouissance intense des papilles, pendant que les deux chefs se congratulent dans une pièce voisine, avec de nouveaux moments intenses de Guy Love improbable.
Taurus, quand à elle, après avoir littéralement (oui oui) bouffé le chèque du loyer de son proprio**, elle se délectera comme il se doit de la lactance des deux bonhommes. Comme d’habitude dans ce moment toujours complètement absurde du porno contemporain, elle aura l’air de trouva ça hyper bon, ce qui est aussi étrange que les filles des pubs de café qui ont des trips de LSD au moindre nespresso (parce que bon, on peut aimer le goût du frtuoe, mais on ne fera croire à personne que ça met quiconque en transe, sauf dans le forum adéquat de doctissimo).

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Le suspense est à son comble !
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Quel sera le verdict ?

Il y a une petite différence finale dans ce pattern similaire : si la fin de la video de BA il y a un simple fadout sans fioritures, celle de M6 vire au grand n’importe quoi, avec applaudissements et le méchant cuistot qui finit par se jeter comme un morfale sur un de ses plats, ce qui, confronté à tout le reste, est assez perturbant.

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Jusqu’à la lie.
La fille adore. Les deux cuistots se font des accolades sensuelles en coulisse.
La fille adore. Les deux cuistots se font des accolades sensuelles en coulisse.

Et puisqu’on en est au bilan, je dirais que confronté aux deux choix, il me semble que les deux expériences se valent. Le porno était un peu moins macho, avec un discours assez anarco-zinzin derrière et une réalisation très pro, mais dans Norbert et Jean, il y avait plus de rebondissements malgré une réalisation too much et à la ramasse.

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« Maintenant que mes ustensiles ont bien été manipulés, je vais pouvoir m’occuper de cet affreux masque hanté dans mon dos ».

(Au passage : je ne regarderais plus jamais de porno sans qu’il y ait le moindre but érotique derrière, parce que c’est vraiment, mais alors vraiment trop chiant. Et Norbert et Jean, c’est mal barré pour que je m’en retape un aussi).

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Si vous ne pouvez pas le dévoir, cet article aura atteint son but.

* Seul site porno de tout l’Internet auquel je ferais une pub sans relâche et assumée jusqu’à sa mort.

** A mi chemin entre du porn-wtf et un discours-sous tendu à base de faites l’amour pas le capital.