D’autres grilles d’analyse du genre en média : Le test de Mecdel et le test Arom

Je voulais vous parler de ça depuis un moment parce que ça me trotte dans la tête et que j’ai lu un article sur Perdusa qui y faisait allusion, du coup j’y ai repensé, et du coup vouala.

Bonjour, donc. Je ne vous ferais pas l’offense de vous définir ici le test de Bechdel. Ou alors si ? Je ne sais jamais avec exactitude à quel point mon lectorat est ignorant de ces choses. Disons que si j’en crois les mot-clés utilisés par certains pour arriver ici, c’est quand même globalement pas brillant.

Donc, le test de Bechdel (lancé comme un style de gag dans un strip des années 80 dessiné par l’excellente Alison Bechdel dont vous devez impérativement au moins lire le Fun Home). C’est une proposition toute bête qu’on peut appliquer à n’importe quel média (même si au départ on parle de cinéma, rien n’est plus amusant que de l’appliquer aux jeux vidéo) :

SI

1) Deux femmes sont nommées
2) Ces deux femmes ont une interaction verbale entre elles
3) Cette interaction ne consiste pas à parler d’un homme

ALORS

L’oeuvre passe le test. Vous vous doutez bien / vous savez déjà qu’un nombre vraiment très très élevé d’œuvres ne passent pas ce test. Bien sûr, le test n’indique pas qu’un film soit ou non sexiste : un film historique dans un sous-marin, dans une prison pour hommes ou dans un monde ou toutes les femmes auraient disparu suite à un virus passerait pas le test sans que ça dise rien sur l’intention du créateur vis à vis des femmes. De même, un film où deux échappées des Marseillais à Ibiza parleraient de leurs nichons pendant 1h30, ça serait pas le top du top de la déconstruction des stéréotypes de genre. Simplement, que ça soit numériquement ou qualitativement, les femmes sont les grandes laissées pour compte du cinéma -et d’autres médias-, et c’est ce qu’illustre cette proposition toute bête. Vous seriez étonnés de savoir qu’une proportion importante de « films pour filles » ne passe d’ailleurs pas ce test (puisque dans de nombreuses comédies romantiques, il arrive que les personnages féminins ne parlent que d’hommes pendant deux heures).

Bon, tout ceci a déjà été débattu et redébattu alors je vous en fait pas des tartines. Stuffed into the fridge, tout ça. C’est pas du test de Bechdel dont je voudrais vous parler, c’est du nombre infinitésimal d’oeuvres qui passent le test de Bechdel inverséRendons à César et parlons de Test de MecdelOn va considérer qu’une oeuvre le passe si une seule de ces conditions est remplie :

1) Il n’y a pas deux hommes avec un nom dans l’oeuvre.
2) S’il y a deux hommes avec un nom, ils ne parlent pas ensemble
3) S’ils parlent ensemble, ils parlent d’une femme.
(si j’étais hardcore je rajouterai un 4 : le personnage principal n’est pas un homme, pour éviter le côté « hey 99% du cast est féminin, mais le héros est encore et toujours équipé d’une zigounette »).

Parfois, c’est de la triche.

 

Je me suis creusé souvent la tête pour essayer de lister les œuvres qui passeraient le test de Mecdel et qui ne soient pas My Little Pony (dont la plupart des épisodes passent le test, les poneys masculins étant peu nombreux, ne parlant que peu entre eux et très rarement d’autre chose que d’une ponette). Il y en a, et elles sont assez variées. Bayonetta, certains épisodes de Buffy ou la quasi intégralité de la série anglaise Call the Midwife dont je serai amené à vous reparler parce que c’est trop cool. Les jeux Science Girls, Bleed ou Gone Home, quelques romans de ma bibliothèque comme Moi qui n’ai pas connu les hommes , le film Sexmission ici chroniqué (ou dans mon souvenir les deux personnages ne parlent que de femmes entre eux), Boulevard de la Mort, probablement la plupart des épisodes de la série pour ado Awkward (le cast masculin n’interagit que très peu ensemble sauf pour parler de leurs copines). Peut-être Sex and The City, j’en sais trop rien.. Mais amusez-vous à repasser l’intégralité de ce que vous avez vu ces cinq dernières années, et constatez avec étonnement que presque jamais aucune oeuvre ne passe ce test. (nb : beaucoup de jeux vidéos le passent involontairement faute  de dialogues :))
Bien sûr, si on la joue hardcore et qu’on ajoute ma condition 4 (le protagoniste n’est pas un homme), ça exclut tout un tas d’autres œuvres (de type Harem) comme Love HinaY the Last Man ou de nombreux épisodes d’Adventure Time (vous ne m’en voudrez pas, mais je considère que Jake n’est pas « un homme », c’est un putain de clebs. Du coup de nombreux épisodes sans le Ice King doivent passer le test de Mecdel non-hardcore). Et bien sûr, tous les jeux de drague.

Par contre, Adventure Time ne passe ABSOLUMENT PAS le test Arom. A quasiment aucun putain de moment. Keep Scrolling

 

De la même manière que le test de Bechdel n’est pas une jauge de sexisme, le test de Mecdel ne l’est pas non plus (Duke Nukem passe haut la main le test -sauf la condition hardcore. A l’inverse, Portal aussi). C’est juste toujours étonnant de constater que les réflexes d’écriture de l’immense majorité de l’entertainment mondial vont faire pencher la balance d’un côté et pas de l’autre.


Encore plus rare, vous savez, est le test « Arom« . Rendons encore une fois à César : le nom est de moi mais il s’agit d’un postulat fait par Karnath, un ami à moi qui désormais vit près d’un marché Bio Amish et étudie des poissons dans le New Jersey (tout cela est un peu confus pour mon esprit littéraire et ma première année de DEUG en géographie mais bref, il fait de la science au loin).
Il s’agit de démontrer que l’Humanité entière est absolument accroc au couple, à la romance et à tout ce qui tourne autour, et qu’elle est quasiment incapable de produire en grand nombre des œuvres utilisant d’autres émotions humaines à l’exception de celle-ci.
En gros, son idée est la suivante :

-> Il n’y a AUCUNE oeuvre de fiction ou presque ne contenant pas AU MOINS un plot ou subplot romantique.

Si une oeuvre n’a aucun subplot romantique, elle passe le test Arom. Quasiment aucune oeuvre ne passe ce test. J’entends par là :
-> Aucun personnage même secondaire ne veut se mettre en couple avec un autre
-> Aucun personnage n’est amoureux dans le sens le plus large et le plus vaste possible (allez, disons que les bromances et les sismances ne comptent pas).
-> Aucune princesse/prince à sauver par un personnage sans aucune motivation vaguement sentimentale.
-> La motivation des personnages n’est pas de venger une relation romantique tuée ou disparue / de se remettre d’une rupture
-> Aucune scène d’amour (ni de sexe, ne trichez pas en me sortant 1000 pornos gonzos de votre chapeau) n’est présente ou évoquée.

Arom pour A-Romantique, donc. Quasiment aucune oeuvre vaguement scénarisée ne passe ce test, y compris dans les œuvres à la violence la plus extrême. Les jeux vidéo Warhammer 40 000 le passent souvent à peu près (Hotline Miami aussi, si je me souviens bien ainsi que de nombreux épisodes de Tomb Raider. La plupart des chapitres des Vacances de Jésus et Bouddha s’en sortent bien. Étrangement -pour une oeuvre japonaise se passant en milieu lycéen mixte- tout Natsume Yuujincho/Le Pacte des Yokai à l’exception de quelques mini histoires par-ci par là (Dark Souls ne le passe pas, par exemple, si on s’intéresse vaguement au scénar). Bien sûr, il y en a d’autres. Mais c’est vraiment l’aiguille dans la botte de foin, surtout au cinéma. trouvez moi un film de guerre le plus brutal qui soit ou aucun personnage ne pleurniche sur sa femme perdue, tiens. Good Night and Good Luck à vous. *wink*

Natsume Yuujincho : 4 saisons, un lycée, des lycéens de sexes divers, et aucun subplot romantique.

 

Tous vos contre-exemples et votre mauvaise foi délirante sont les bienvenus dans les commentaires, ou sur Facebook, ou sur Twitter, ou par mail (espèce de maniaque bizarre). Tout ceci est basé sur les oeuvres dont j’ai connaissance, et qui ot une tendance fâcheuse à ne recouper que très imparfaitement la superficie totale des créations de l’esprit humain.

P.S : De manière amusante, dans les milliers de livres de ma bibliothèque, j’ai trouvé UNE oeuvre qui passe le test de Bechdel, le test de Mecdel ET le test Arom, il s’agit du seinen manga Claymore (on peut un peu chipoter sur Arom, mais c’est vraiment, vraiment une oeuvre qui essaye très très fort de le passer).

Kontröl Qualitay #1

Bonjour à tous, comme vous l’aurez remarqué, je me suis remis à poster bien plus régulièrement sur ce site, après un coup de mou en fin d’année. Mais après tout, j’ai des tas de trucs à poster, il y a de gentils mécènes qui ont la bonté infinie de payer une modeste contribution pour l’hébergement du site (sans eux, ce site aurait beaucoup plus de liens image cassés, moins de nom de domaine et pas du tout de poissons chelous en tapisserie de fond), bref, pas besoin de prétexte, mais il faut que ce site vive parce que pour citer René Lévesque en ces temps de pluie de merde :

On verra bientôt que d’oser vivre, ce n’est pas la fin du monde. Juste d’un monde.

Aujourd’hui j’ai assez peu de choses faites main à vous mettre sous les yeux, alors j’inaugure une nouvelle rubrique qui devra être la rubrique du Week end tant que j’aurais quelque chose d’intéressant à y mettre, le Kontröl Qualitay, qui servira de dépotoir pour des choses bien croisées sur Internet, à partager en perdant son temps.

Toutes les chansons du top 10 country sont exactement les mêmes. C’est drôle et c’est flippant, un peu, quand même.

Dirty Biology, c’est presque comme un bisou indirect, puisqu’un de mes meilleurs amis est un ami du mec qui fait ça. Ça explique la biologie de manière intéressante (mais accurate), et c’est vraiment très bien.

Tu trouves que malgré les enchantements du magicien Gaben, tu payes encore tes jeux trop cher ? Tu es probablement une pince ou un sale pauvre, néanmoins Epic Bundle tient un compte précis et quotidien des offres de bundle de jeux, livres, films, logiciels… Y’a de tout, bien sûr, mais c’est probablement la meilleur façon de se constituer une bibliothèque de un million de jeux auxquels tu ne joueras jamais pour moin d’un demi-SMIC

Jehan le Brave, compte twitter officiel du Dauphin de France.

Une longue enquête sur le Headroom Hacker, responsable (toujours pas formellement identifié) d’un piratage bizarre et un peu creepy de la télé américaine dans les années 80.

Un blog passionnant et très documenté sur les Web Séries (passionnant même quand on s’en fout complètement des WS, à bien y réfléchir).

Legends of Localization, un site spécialisé dans l’analyse de la traduction des jeux vidéo. Comme pour le précédent, c’est vachement intéressant même si vous êtes non joueur mais que vous vous intéressez à la traduction en général.

A propos, vous ne saurez jamais assez de choses sur les Jeux Vidéo Polonais.

Récemment une polémique très violente (par rapport à la courtoisie habituelle du milieu, haha) a secoué la communauté des auteurs de SF en France, à propos d’une anthologie sur le luxe, domaine que les auteurs étaient tenus de présenter sous un jour positif. Beaucoup d’engueulades stériles, mais j’aime bien le billet de Charlotte Bousquet.

En parlant de SF, je trouve dommage que la figure du savant fou à la Desty Nova / Krieger soit un peu tombée en désuétude, comme si elle n’était pas infiniment supérieure au zombie. C’est sans doute parce qu’il y a déjà plein de savants fous dans la vraie réalité.

Autre figure désuette, cette du génie du mal, souffre du même problème. Quand un type arrive à bâtir des fortunes colossales avec un gargantuesque robinet à contenu merdique sur Internet, c’est presque la fiction qui se retrouve en décalage, avec ses histoires de méchants nuancés avec un passé compliqué et des daddy issues.

Là je dirais bien « Bon Week-End des Loulous », mais je trouve que ça serait un peu trop familier. De toutes façon c-c’est pas comme si je vous aimais où un t-truc du genre, b-bakas.

En bonus, vous vous promenez-dans la rue tranquillement la nuit, quand soudain une petite jamaïcaine à la voix anormalement suraiguë avec une coiffure en choucroute magique saute d’un buisson en vous gueulant que vous lui appartenez. Que faites vous ? Si vous choisissez d’appartenir à la créature, allez directement au chapitre 452, si vous décidez de la combattre, allez au 61 et si vous tentez de fuir, allez au chapitre 2.

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Ma dernière Parution

Monsieur Falcam vous n’avez vraiment honte de rien.

J’espère que vous rigolerez au moins 1% autant que moi. J’espère vraiment recevoir plein de refus pour des appels à texte dans les jours à venir pour pouvoir faire plein d’insultes dans le N°2.

Plus sérieusement, la très bonne nouvelle c’est que j’ai des projets qui avancent bien à ne plus savoir où les mettre, et la mauvaise, c’est que j’ai passé vraiment trop de temps à faire cette vidéo pour en parler, surtout en cliquant plein de fois sur le bout mp3 ou le robot dit « môdit qu’c’est ben bon ».

 

Des nouvelles du site et du compte Patreon

Salut à tous !

Le mois allant du 15 mai au 15 juin aura beaucoup été le mois du AHHHH J’AI PAS LE TEMPS.

On va dire que le mois allant du 15 juin au 20 juillet sera le mois du Ahhh, j’ai un peu plus de temps <3.

Je vais donc pouvoir recommencer à bien m’occuper de mon compte Patreon : http://www.patreon.com/Zalifalcam

Pour des infos sur Patreon et sur la démarche initiée sur ce site : Suivez le Guide.

Grâce au soutien gracieux et noble de beaucoup d’entre vous, j’ai pu dores et déjà récolter 38$ pour le site (transparence, quand tu nous tiens, mais c’est juste pour vous prouver que c’est pas pour devenir milliardaire). Tout ceci s’est donc traduit par l’achat d’un nom de domaine (moins de réclame, moins de soucis techniques) et d’un module pour virer définitivement la publicité. Si vous en croisez encore, merci de me le signaler ! 

J’ai déjà commencé à travailler activement sur les récompenses de mes inestimables mécènes.
Nous sommes à une poignée de dollars capitalistes américains de mon prochain objectif, d’ailleurs, qui serait de transformer, à la rentrée prochaine, la rubrique « Ça a l’air nul » en podcast vidéo (car vois tu, faire du montage me manque, et je vais récupérer environ 50H de temps mensuel en cessant d’autres activités chronophages).

Encore une fois, à part ça, je le dis et redis : merci beaucoup à ceux qui me font confiance pour continuer à mettre des conneries sur le Lancer de Galaxie du Dentifrice. Votre soutien a permis de rendre la visite plus chouette pour tout le monde, et ça ne va aller qu’en allant mieux.

Des bisoux.

Pour vous récompenser tous autant que vous êtes, y compris vous, lecteurs qui vous en foutez bien de mes histoires de Patreon, j’ai tapé « Creepy Unicorn » dans Google, et je n’ai, bien sûr, pas été déçu.

Vous : le bilan du mois de Mai.

Maintenant, à la fin du mois de mai, c’est stats-porn.

Merci à tous de fréquenter ce modeste site.

Vous avez été 2084 à visiter ce site, dont 1850 en France. Le reste vient surtout de Belgique, d’Espagne et des Pays-Bas. Dans les nationalités les plus bizarres : La République Démocratique du Congo, le Sri-Lanka et le Guyana fournissent chacun une connexion.

Les articles les plus populaires (hors Toto 30 ans et Bibliographie –qui a été mise à jour, au fait-) sont :

-> Encore et toujours ma review de l’Album d’Indila (320 clics)
-> Mon panorama de l’horrorcore français (130 clics)
-> Mon article sur ce que c’est qu’être Bibliothécaire. (113 clics)
-> Il y a trop de genres en Fantasy (publié hier ! 109 clics)
-> A noter que si on cumule toutes les vues de « Avrelle à la Porte de Baldur« , on obtient aussi un nombre de vues respectable (une 30 aine de clics par aventure)

Toi, lecteur, arrive ici :

-> Via les moteurs de recherche avant tout (585 visites)
-> Via Facebook (199 visites)
-> Via le site Merlan-Frit dont je fréquente le doux forum (56 visites)
-> Via Twitter (30 visites). Je devrais vraiment me mettre à Twitter, je sais. Mais j’ai rien à y dire.

Et enfin, les moteurs de recherche m’ont apporté tout un tas de gens aux recherches merveilleuses :

-> Dis camion pouetpouet
-> pamphlet samuel leveque (c’est moi <3)
-> regime indemnitaire d’un bibliothécaire territorial qui devient conservateur des bibliothéques (encore une fois, ça dépend de la ville ou tu travailles, mon petit. C’est elle qui fixe la prime indemnitaire).
-> porno Galaxie (je ne sais pas si clip4sale a déjà un fétiche pour le space-porn)
-> Devenir bibliothécaire à 40 ans (mauvaise idée)
-> bus ado second class (???)
-> Bite couille cul (indémodable)
-> Majorette porno (aheuuuu)
-> Bite au dentifrice (TOUS LES MOIS DEPUIS 2005 J’EN AI UN)

Du changement au-dessus et des bonnes nouvelles

 

Un petit article qui sert à rien pour annoncer de bonnes choses. Comme tu l’as remarqué dans ton navigateur, https://zalifalcam.wordpress.com est devenu http://zalifalcam.com. D’une part, c’est tellement plus smart, et d’autre part, tu as pu remarquer que la réclame avait disparu du site. Oui, parce que autant je suis très content que des gens aient de la réclame sur leur site, autant moi, bof, j’en ai pas vraiment besoin, et en plus, là, c’était la publicité de WordPress, qui rapportait de l’argent à WordPress. Je les aime bien, m’enfin.

La raison de ceci, c’est que quelques personnes (probablement bourrées) ont joué le jeu de soutenir ce site sur Patreon (toutes les explications ici). La contrepartie directe, c’est donc l’arrêt de la pub, d’une part, et le fait que je sois supposé me filmer en train de faire un salut de salaryman japonais, promis, ça arrive dès que je remets la main sur la batterie de mon caméscope. Merci à vous, les amis.

Dans un tout autre registre, autre truc qui sent un tout petit peu la win, ma nouvelle Entrée Secondaire va être publiée dans un recueil des éditions Lilo, si tout va bien avant l’été.

Heu… C’est tout.

S-Word Et Spectre Émotionnel

Edit : avec les liens hypertextes qui vont bien, c’est encore mieux.

Il y a un peu plus d’un an, je me suis retrouvé, un peu malgré moi, un peu par ma propre faute, au cœur d’une semaine de folie. C’était pas très longtemps après un article passif-agressif sur la forme, mais dont je souscrivais à l’essentiel du fond, sur le sexisme chez les geeks. Complètement ignorant de la virulence que le débat suscitait, j‘avais rédigé une réponse dont j’étais persuadé qu’elle ne serait pas lue par grand monde. Pour expliquer ce qui me dérangeait (un peu) dans l’article). Lue, elle l’a été. Elle l’a été environ 10 ou 15 000 fois. Mon record quotidien de consultation sur ce blog, c’est suite à cette réponse. Sur le long terme, Toto 30 ans a fait plus de lecteurs. Mais ma réponse à Mar_Lar, ça a tiré dans tous les sens pendant une journée.

Quand j’ai commencé à me voir cité par d’obscurs connards, ou foutu au pilori par des gens avec qui j’étais d’accord, j’ai réalisé, n’entrons pas dans les détails, que mon article était sans doute au moins aussi contestable que le sien sur la forme. Quand au fond, j’ai expliqué dans deux autres articles les deux jours suivants ma position, beaucoup plus en détail. Ma position qui était que si le sexisme prolifère autant dans les « communauté geek », c’est aussi parce que, économiquement parlant, les gros rentiers du click comme Jeuxvidéo.com n’ont pas la capacité, et n’ont pas l’intérêt économique à niveler par le haut.

Personne n’a lu les deuxième et troisièmes articles. Quand je dis personne, je veux dire cinq à six fois moins de personnes que ceux qui ont trollé mes commentaires, et ce malgré la présence des liens en haut du premier billet. Normal, on est sur Internet. Mais ce n’est pas grave. Occasionnellement, on m’en reparle encore, et je me contente de renvoyer sur les articles #2 et #3 (c’est sans doute mieux si vous lisez tout ça, surtout le 3, avant d’aller plus loin). Ils sont le reflet exact de ce que je pense encore : internet est assez grand pour qu’on laisse ceux qui veulent bouffer de la merde la bouffer entre eux, et assez vaste pour qu’on puisse se créer un ghetto de gens intelligents. C’est une position sinistre et désespérée, mais mon autre argument étant que le capitalisme tel qu’il est actuellement pratiqué sur le web encourage les comportements ignobles, je ne vois pas TROP comment j’arriverai à réviser ma position. Mes fils d’actu Facebook n’ont jamais été aussi beaux que depuis que j’en ai viré tous les gens qui ne me plaisaient pas.

Depuis, j’ai appris un tas de truc. J’ai appris que j’étais « féministe intersectionnel« . J’ai appris que dire que tout le monde, spécialement en France, était sexiste ou participait au sexisme (ce qui est ma position, vivant dans un milieu pro à 85% féminin et ultra-sexiste) était la certitude de dialogues de sourds mémorables. J’ai aussi appris qu’il était à peu près exclu d’avoir une conversation normale à ce sujet online, alors que je n’ai jamais rencontré la moindre once de problème « IRL ». Le climat est extrêmement tendu.

Ce n'est pas l'objet de cet article, mais voilà une image d'un vieux Batman qui parle assez bien de la manière dont la fiction structure, ou essaye de structurer la pensée. Depuis Zaïon.
Ce n’est pas l’objet de cet article, mais voilà une image d’un vieux Batman qui parle assez bien de la manière dont la fiction structure, ou essaye de structurer la pensée. Depuis Zaïon. Ca a un rapport avec ce que je dis plus bas.

Mais depuis un an, j’ai aussi appris que des groupuscules homophobes, accrochés aux stéréotypes de genre comme une mouche à sa merde, capables de menacer, tabasser, utiliser des enfants en tête de manif, menacer des intellectuels, étaient capable de faire descendre des centaines de milliers de personnes dans les rues, puis d’injecter des hoax dans la tête de parents consanguins pour leur faire croire que la grande Zaza allait venir masturber des bébés à la crèche. J’ai en fait appris une chose : mes concitoyens sont pour certains des demeurés liberticides, racistes et arriérés, et ça ne se limite pas à des connards mal élevés sur le Xbox Love Gold. Non pas que j’avais des illusions, hein. Mais je pensais qu’on en était plus là.

Et depuis, l’ambiance sexiste et hostile aux minorités (sexuelles ou non) ne s’est pas arrangée dans le cadre de mon travail. Encore une fois, majoritairement le fait de femmes entres elles (parce que dans ma branche, c’est difficile de faire autrement). Pour des raisons évidentes, vous ne m’en voudrez pas de ne pas détailler.

Et pourquoi je pensais qu’on en était plus là, au fait ? C’est suite à une lecture récente et à une conversation passablement bourré pendant un quiz sur les dessins animés des années 80 que j’ai vaguement compris pourquoi.

Revenons un peu sur la manière dont j’ai été élevé. Un papa un peu hippie d’un côté, et des femmes travailleuses et « fortes » de l’autre (ma maman et une tante). J’avais du côté paternel une conscience très à gauche, persuadée que la société doit tendre vers l’égalité des droits, et de l’autre la vision de femmes indépendantes au travail. Je ne me souviens pas qu’on m’ai appris autre chose que ça : les hommes et les femmes, et les autres, quelques soient leurs orientation sexuelles, doivent pouvoir faire ce qu’ils/elles veulent de leur vie. On m’a jamais empêché de regarder des trucs « pour les garçons » ni de regarder des trucs « pour les filles ». A titre d’exemple, j’ai lu des Shojo assez tôt, on m’a jamais fait chier avec ça. Et d’un autre côté, petit, j’étais au Club Musclor. Bon, bref, vous voyez le topo.

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Mais on ne m’aurait pas laissé faire ça, je pense.

Revenons sur ce quiz de dessin animé ringards (j’ai gagné haut la main car les mélodies sont très bien rangées dans ma tête et je regardais vraiment beaucoup la télé, y compris « les dessins animés pour fille »). En discutant avec un ami qui était dans la même team que moi, nous nous sommes rendus compte que la plupart des personnages féminins dont nous nous souvenions (nos personnages favoris, en fait) étaient des personnages extrêmement badass, indépendants, dans des œuvres où les hommes apparaissaient comme des guignols menés à la baguette (Orange Road, n’importe quoi par Rumiko Takahashi, Attacker You !…), voire des personnages absents. Ça correspondait d’une part au type de modèle de mon quotidien (une femme qui exerce une activité sans que ça soit remis en question), c’étaient souvent des personnages bien écrit, et en plus, c’était souvent plus intéressant à suivre. Parce que très tôt -je ne parle qu’en ce qui me concerne- j’ai préféré suivre les personnages féminins que masculin. Les incarner aussi, par le biais du jeu vidéo. Dès que ça a été possible, j’ai toujours trouvé ça plus intéressant. Shepard est une femme, pitié, arrêtez de prétendre  le contraire.
Il s’agit probablement d’une recherche d’altérité, ou d’une sensibilité artistique, je ne sais pas. Toujours est-il que mes « modèles féminins de fiction », incarnés, regardés ou lus (Mathilda quand j’étais petit, Thursday Next maintenant), correspondent souvent à ce Trope de la femme indépendante avec un métier. C’est, sans rire, ce qui m’a fait lâcher la fantasy « mainstream » assez vite (j’essaye de m’y remettre un peu, là…) Le nombre de personnages féminins ne se résumant pas à un simple trait de caractère ou à un archétype débile. C’était nettement moins marqué dans la SF, le Fantastique, voire la littérature blanche (sans déconner, hein, c’est au moins 40% de ce que je lis !).
Résumons ça comme ça : j’ai biberonné à l’égalité homme/femme. J’étais conscient que ce but était loin d’être atteint, mais je ne le vivais pas. Parce que, jusqu’à mon arrivée sur le marché du travail, je n’avais pas vraiment été confronté au sujet frontalement. Il me semblait absolument normal que mes connaissances filles fassent les études de leur choix, s’habillent comme elles le souhaite, couchent avec qui elle veulent. J’ai, en fait, été « bien élevé » de ce point de vue. Une fille ultra-sexy qui roule du cul a deux mètres de moi n’est pas une provocation (je dis pas que je regarde pas, hein), ni une incitation à quoi que ce soit. C’est juste une personne qui fait ce qu’elle veut et n’enfreint pas la loi. De mon point de vue, on pourrait tous vivre nus si on le souhaitait, et ceux qui seraient incapable de « se contenir » devraient nettoyer les égouts à la brosse à dents.
(j’ai une incapacité absolue à détecter les signaux sexuels, au fait. Si vous en avez après mon corps, merci de me l’écrire en recommandé en écrivant « NON IRONIQUE » en bas, souligné en rouge).
Je dois dire que, bien sûr, mes désillusions vont croissantes. Surtout depuis que j’ai fait la connaissance de tout un tas de gens qui ont vécu dans des pays nordiques, ou l’identité sexuelle des individus n’entre quasiment plus en ligne de compte dans la répartition sociale des rôles (ô surprise : ça fait 40 ans que c’est comme ça et LEURS SOCIETES SONT TOUJOURS DEBOUT). Les Français me semblent, du coup, être d’énormes douchebags. Je me demande bien ce que les étrangers en pensent.

Bon. Il y a peu, j’ai fait la lecture de ceci, j’en avais parlé, je crois :

Je ne reviens pas sur le contenu (c’est Chester Brown qui va aux putes, quoi), et surtout pas sur le débat de la prostitution en France (tempête de merde obligatoire). Mais j’ai longtemps réfléchi à une remarque d’un ami de Chester « Le Robot » Brown. « Ce type a un spectre émotionnel plus court que la moyenne ». Brown n’analyse pas du tout la question de la prostitution d’un point de vue émotionnel. Il le fait comme une sorte de machines à emboîter des arguments logiques, froids, bizarrement détaché de lui-même, dans une (troooop) longue annexe à son bouquin.

Je ne vais bien entendu pas jouer l’insupportable comédie du « JE SUIS ASPERGER AIMEZ MOI », j’ai trop de noblesse (et de respect pour les autistes) pour ça. Mais force est de constater que depuis que je suis gamin, j’ai un problème complètement récurrent (que je combats, rassurez-vous) : quand je pense avoir la bonne attitude, ou adopter le bon comportement, ou avoir fait connaissance d’un bien culturel, j’ai tendance à généraliser le modèle à mes pairs comparables. Les gens qui me ressemblent (mettons les Français) devraient probablement considérer que les hommes et les femmes sont parfaitement égaux, puisque c’est ce qu’on m’a enseigné, à moi. De la même manière, j’ai du mal (même si je le SAIS) à emmagasiner le fait que des gens « semblables » à moi ne regardent pas les mêmes séries TV, n’aient pas le même parcours individuel ou la même façon de réagir face à un problème.

Quand des centaines de milliers de personnes ont défilé pour assimiler les homosexuels à des pédophiles (oui parce que nous voilons pas la face, c’est de ça qu’il s’agit, sinon ils militeraient aussi ouvertement pour la suppression du divorce), je suis tombé sur le cul parce que :
1) Je pensais que ces gens étaient une sorte de fiction réduite à un groupuscule de gens que je ne verrais jamais, surtout pas sous mes fenêtres.
2) Je n’arrivais pas à comprendre comment on pouvait être contre le principe du mariage homosexuel (puisqu’on m’avait appris que les gays et les hétéros se valaient : aucune raison de discriminer les premiers, sauf à considérer qu’ils étaient moins compétents -inférieurs aux autres-).
Or, bon, tout un tas de gens ont été élevés dans une forme d’intolérance. J’imagine que c’est legit de militer pour que ça ne soit plus le cas. Moi, ça me rend plus confus qu’autre chose : comment peut-on encore penser que l’égalité des droits civiques va changer quoi que ce soit (de négatif comme de vraiment positif) quand on est pas directement concerné ? Tant que toutes les personnes impliquées sont ok ?
« huuu gnagnangna mais les bébés ils ont pas choisi d’être élevé par des juifomoilluminati« . Mais ta gueule, là encore, mon esprit se ferme. Tout ce que je vois, c’est que j’ai pas non plus choisi une famille monoparentalle hétérosexuelle, que mon pote d’enfance qui avait une famille nombreuse l’a pas choisie non plus, pas plus que celui qui avait des parents militaires et déménageait tout le temps, pas plus que celui qui était pauvre, pas plus que celui dont le père picolait. Je suis Lorrain de naissance.

Bref. Il en va de même pour l’égalité homme/femme. J’ai tellement peur d’être ambigu dans la vraie vie que dès qu’une personne de sexe féminin se trouve devant moi en situation professionnelle, je me la représente comme un pion froid et asexué que je traite comme mes autres pions froids et asexués. Je suis probablement le manager humain le moins à même de faire de l’innuendo sexuel que je connaisse. J’essaye (je n’y arrive probablement pas : remember, tout le monde est sexiste) de traiter tout le monde pareil.
Parce que bon, quand j’étais gamin, on me l’a collé dans le crâne (on a eu raison, je pense). Un homme et une femme devraient être payés pareil, avoir un enfant n’est pas une maladie, les pères devraient aussi prendre leurs congés, le genre d’une personne et son âge n’influent pas sur son recrutement, pas plus que la couleur de sa peau, etc. Par contre vos CV en Comic Sans, vous vous les gardez.
Et j’ai encore un mal incommensurable à comprendre les comportements de ceux pour qui ça ne va pas de soi. Ça me fige littéralement dans une incapacité à répondre du tac au tac (du moins ça a été le cas pendant longtemps). Mais c’est la même chose sur Internet, les propos de type « salope tavu » dès qu’une nana montre un bout de nichon, le slut-shaming, la pression des paires pour déclarer qu’untelle ou unetelle n’a pas le bon comportement social ou la bonne quantité de bébés, la lesbophobie, la biphobie ordinaire me plongent dans un état de sidération absolue, parce que je suis INCAPABLE DE LES COMPRENDRE.
Je me suis d’ailleurs (probablement instinctivement) adjoint un entourage restreint qui est plus ou moins clair sur ces questions. Tout simplement parce qu’un beauf ou un homophobe ne rentre pas vraiment dans le cercle de mes fréquentations envisageable. Ça serait vite le silence radio de ma part (tout trolling mis à part, je suis plus un « filtreur » qu’un « clasheur »).
A l’inverse, je ne souscris pas à la campagne récente de « Si tu croises une meuf le soir, change de trottoir » exactement pour les mêmes raisons. N’ayant jamais eu une attitude menaçante (je suis probablement beaucoup trop timide pour demander mon chemin à une inconnue dans la rue), je ne me vois pas adapter mon comportement à celui des terroristes (la drague de rue, du simple sifflement à l’agression, est pour moi une forme de terrorisme). Probablement que derrière tout ça, il y a mon incapacité à me mettre à la place des victimes.
Peut-être que moi aussi, j’ai un « spectre émotionnel trop court ». Ce n’est sans doute pas à moi de le dire.

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Je me sens un peu comme ça, en fait.

En fait, un an après ces trois articles, je me rends compte que je suis probablement incapable de parler de ces questions parce que je suis incapable de comprendre comment on peut considérer que les hommes et les femmes ne sont PAS égaux. Sauf à avoir été éduqué comme ça et à ne pas avoir remis une seconde en question cet enseignement.
Ou alors, c’est cette question de « privilèges ». Mais privilèges de quoi, de voir des meufs faire des gâteaux et de rester entre burnes musquées ? Pitié, c’est bon.
Même quand je ne considère la question que d’un point de vue technique et clinique, je me dis que la libération, l’égalité des droits et la sécurité des corps n’est de toutes façons que la société soit plus intéressante. Parce que la meuf de Orange Road qui jouait du Saxo, là, ou Lina Inverse elle vendent quand même un peu plus du rêve que les mères de Boule ou du Petit Nicolas. Qu’est-ce que t’as à gagner à conserver tes stéréotypes à la con ? Laisse les gens être comme ils ont envie, tu baiseras sans doute davantage au final. Et y’aura toujours des millions et des millions de personnes qui ressembleront à ton fantasme idéal.

J’ai raison de toutes façons alors vos gueules.

Cute Rat Musician

Confession Nocturne Taoïste

Nous sommes entrés dans l’âge de l’ignorance, disent les pessimistes (la théorie qui veut qu’à l’ère d’Internet, une information n’a besoin que d’être relayée pour devenir vraie).

Il n’y a pas plus de cons qu’avant, ils font juste plus de bruit, disent les optimistes.

Peu importe la moitié du verre qui est pleine, le fait est que les réseaux sociaux, qui se sont généralisés, ont favorisé un certain pourrissement du débat en quelques années.

On est passé d’une société de l’information ou le Troll était une désagréable exception à une société ou le Troll est le moyen d’expression naturel. Quel que soit le sujet, s’il est mené publiquement (aka dans ton journal Facebook ouvert aux quatre vents, par exemple), tu peux être absolument certain que toutes les raclures du monde vont donner leur avis (et te menacer, au besoin).

Quel que soit le sujet.

Alors voilà, je me suis rédigé, à ma propre intention et en me basant sur diverses expériences de l’année 2013, un guide pour ne pas devenir fou sur Internet à l’âge idiocratique.

 

1 MERCI DE NE PAS REPONDRE A CETTE PERSONNE MANIFESTEMENT STUPIDE.

Le temps est précieux. L’utiliser à pisser dans une rivière de merde n’est pas une preuve d’intelligence. Aller sur un forum de débiles pour leur dire qu’ils sont débiles ne les rendra pas intelligent. Eventuellement, ça me rendra plus bête.

C’est le commandement principal. L’évolution majeure du web a été de nous mettre spontanément et contre notre gré avec tout un tas de gens complètement cons. Mais ce n’est pas encore obligatoire de leur parler.

En fait, il faut tout faire pour ne pas leur parler. Ils donnent une image complètement déformée de la réalité, ils sont chronophages, indécrotables, nombreux, et ne méritent aucune considération.

2 OUI, IL Y A DES SUJETS PLUS IMPORTANTS QUE TA PETITION SUR LES BEBE CHATS OU JE SAIS PAS QUOI

Mais non, je ne vais pas (plus) te le faire remarquer. Ca ne sert à rien, si tu en es là, ce n’est pas à moi de faire ça.

De toutes façons, je ne sais pas trop comment calmer une foule en colère armée en permanence de fourches et de torches prête à se mobiliser pour absolument tout et n’importe quoi tant que c’est illustré par une vidéo choquante ou une BD rigolote.

Tes centres d’intérêts ne me regardent pas, mes centres d’intérêt ne te regardent pas. Sauf si on a une envie mutuelle de s’y intéresser, il ne faut pas désespérer Billancourt.

 

3 100% DU CONTENU PUBLIE SUR INTERNET EST OFFENSANT POUR QUELQU’UN. TANT PIS.

“John est un garçon, lol”. Pour les Radfem illuminées, c’est probablement une provocation. Pour le Salon Beige, c’est une provocation. Pour les filles qui s’appellent John, c’est une provocation. Pour les garçons qui s’appellent John, c’est une provocation (oui parce que pourquoi lol ?). Pour les gens qui s’appellent Jack, c’est une provocation.

Tout ce que je peux dire, faire, penser, être ou vivre est une blessure pour quelqu’un. Ma famille, mon statut social, mon quartier de résidence, ma  sexualité, mes fringues, mon travail, mes centre d’intérêt, le quartier ou je vis, mon salaire, mes meubles, la taille de ma baignoire, il y aura toujours quelqu’un pour être blessé, furieux, outré ou choqué. Même les gens qui pensent comme moi. Il y aura toujours qu’elqu’un pour me chier dans la bouche parce que je préfère tel T-RPG obscur à tel autre. Cette personne va se sentir obligé de me le dire. Même si elle-même n’a aucune connaissance du sujet en question. Ca n’a aucune espèce d’importance.

Les gens font juste ça “parce qu’ils peuvent”. Tant pis, je suis un professionnel de l’information, on m’a appris à ne pas prêter d’importance au Bruit (si ce n’est pour déterminer comment ne plus le faire apparaître à l’écran). Ca revient, au fond, à courir après un couillon qui nous insulte en pleine rue pour lui prouver qu’on vaut mieux que lui. C’est absurde.

A l’inverse, ce que je fais, dit ou pense (dans le cadre de la loi) ne devrait pas avoir la moindre importance à vos yeux. On ne se connait pas.

Ce qui importe, c’est que j’essaye d’être une bonne personne, et que je vais me coucher le soir en ayant fait mon possible. Absolument rien d’autre ne devrait compter à mes yeux, le % de gens qui sont d’accord avec moi n’ayant strictement aucune forme d’influence concrète sur ma vie.

4 LES COMMENTAIRES SUR YOUTUBE ET SUR LES SITES D’ACTUALITÉ NE SERVENT A RIEN, PAS LA PEINE D’Y CONSACRER DU TEMPS

Même si l’envie malsaine de les regarder est dure à réfréner, ils ne sont pas représentatifs des gens de la vraie vie. Quand on pense au degré de marginalité intellectuelle qu’il faut pour se créer un compte sur un site d’actu juste pour y étaler sa pensée brillante, sur tout les articles, tout le temps, en répétant toujours la même chose, je crois que ça vaut pas la peine que j’y mette les pieds tant que ça. Sans compter que c’est aussi le défouloir naturel de tout ce que les gens retiennent dans la réalité (parce que dans la réalité, personne ne dirait jamais à une nana “j’espère que tu vas crever” en face, parce qu’elle s’est teint les cheveux ou a fait un jeu sur la dépression).

Il faut faire le deuil de la démocratie sur un Internet ouvert, parce que la justice ne peut pas s’y exercer correctement (AMHO ce’est une des conditions nécessaire à l’exercice de la démocratie). La démocratie ne peut fonctionner qu’en un cercle restreint de personnes averties (comme en vrai ?) . Autrement dit, après validation de la part d’un modérateur.

De toutes façons, c’est le film qui m’intéresse, pas ce que tous les gogols qui sortent de la salle en ont pensé. Ca devrait être pareil pour tout.

Tartempion n’a pas besoin de valider ou d’invalider ce que je pense du dernier sketch de Kev Adams (note : je n’en pense rien car je ne regarde pas les sketches de Kev Adams, j’ai une très vague envie de le gifler quand je le vois). Pour ça, il y a Sens Critique, qui s’en sort très bien, et avec des modérateurs, et tout le monde est content.

5 REPONDRE AUX DEBILES MENTAUX EN LES INSULTANT, EN ARGUMENTANT OU EN LES IGNORANT AURA EXACTEMENT LE MEME RESULTAT : ILS RESTERONT DEBILES.

Alors j’ai coutume de répondre aux trolls et aux déplaisants “va manger un plein bol de bites”. En général, je me sens mieux après. Surtout s’ils insistent. 

On ne négocie pas avec la Planète Stupide.

6 PAS LA PEINE DE SOUFFRIR INUTILEMENT : VEROUILLAGE TOTAL DES PROFILS RESEAUX SOCIAUX ET DES ENDROITS FRÉQUENTÉS VIRTUELLEMENT.

Je vire systématiquement tous les gens qui partagent de la merde, les incultes crasseux, les hargneux du clavier, et ceux qui y passent manifestement le plus clair de leur temps. Je n’essaye d’argumenter qu’avec les gens qui m’intéressent, ou qui acceptent de débattre (échanger deux arguments sans insultes et sans hors sujet). Même s’ils ne sont pas d’accord.

Ne pas être d’accord et chier sur la table du débat sont deux choses très différentes. J’essaye de me limiter aux gens capable de rester dans la première partie du débat. D’où mon silence a peu près complet pendant Dieudonné et compagnie, merci bien le débat (HA HA J’AI FAIT LE SIGNE DE DANS TON CUL LOl vs La République a vaincu le Diable en Personne en annulant un spektak).

Je garde cependant un petit stock de débiles de côté parce que c’est rigolo. Oui je sais, c’est du stupid-porn, c’est malsain. Si ça se trouve, vous en faites partie avec vos posts débiles sur Facebook. Chacun ses déviances.

7 CE N’EST PAS IMPORTANT D’AVOIR UN AVIS SUR DES SUJETS. ENCORE MOINS D’EN FAIRE PART A DES GENS CONTRE LEUR GRE.

Ce n’est pas non plus une raison pour ne pas en avoir et pour ne pas sélectionner des sources diverses d’information sur des sujets intéressants. Par contre, se référer aux points 1, 3 et 4.

Il n’est pas nécessairement nécessaire de partager cet avis, surtout en terrain inconnu : les gens qui crient ce qu’ils pensent à des gens qu’ils ne connaissent pas et qui n’ont rien demandé aux arrêts de bus sont considérés comme des déséquilibrés. Il en va (devrait aller ?) de même sur Internet.

La plupart des sujets sont de toutes façons bien trop compliqués pour être résumés dans un contenu “Internet Friendly” (une vidéo de moins de 10 minutes ou un article de moins de 3000 signes, typiquement).

Tant pis pour les gens qui pensent le contraire.

Il est vraisemblable que de toutes façons, ils ne cherchent dans l’Internet qu’un biais de confirmation de ce qu’ils pensent déjà.

8 LE NIVEAU GLOBAL DE COMPREHENSION DE LA POPULATION DE CE QUI SE PASSE SUR INTERNET EST MÉDIOCRE, VOIRE NUL, ET JE DOIS TOUJOURS LE GARDER A L’ESPRIT.

Un français sur deux ne maîtrise pas du tout Internet, deux sur trois s’avouent mal à l’aise avec les ordinateurs. La minorité hyper connectée depuis longtemps au fait des pratiques de la netiquette, de la confidentialité, des règles de la politesse, ou du fait que quand tu insultes quelqu’un sur Internet tu n’es pas anonyme est en fait une toute petite minorité. Et au sein de cette minorité, il y a quand même des sales cons que ça n’arrête pas. La plupart des gens font n’importe quoi, et s’en contentent parfaitement. CE N’EST PAS LA PEINE DE LE LEUR DIRE, ILS S’EN FICHENT.

Des tas de gens ont enlevé leurs enfants de l’école publique parce qu’ils pensaient, manifestement sincèrement, que la Grande Zaza allait donner des cours de masturbation avec des peluches géantes à leurs enfants de maternelle, PARCE QU’ILS L’ONT LU SUR LEUR TÉLÉPHONE.

A ce niveau de connerie, qu’est-ce qu’on peut faire ? Un million d’articles (télé, internet, journaux, radio) leur ont expliqué les détails du truc, et ils continuent à se rouler par terre en pensant vraiment qu’un type au ministère est en train de préparer des threesomes à tentacule dans l’école Henri Dès du quartier et que les Bibliothécaires veulent transformer les enfants en travestis assexuels sans nom de famille élevés dans des kolkhozes. La réponse est simple : rien. On ne peut rien faire. Surtout ne pas perdre de temps avec ça, des gens plus patients que moi y dépenseront l’énergie que je n’ai pas là-dedans. Le mobile vulgus croira de toutes façons celui qui a dit la plus grosse connerie le plus fort et en dernier.

9 TOUT LE MONDE PARTAGE LES MEMES CHOSES EN MEME TEMPS, TOUT LE MONDE AIME LES MEMES CHOSES EN MEME TEMPS. TOUT LE MONDE DETESTE LES MEMES CHOSES EN MEME TEMPS. WHATEVER.

Peu importe. Si c’est bien, c’est bien, si c’est pas bien, tant pis. Bigard remplit des stades, alors les Bigards de l’Internet peuvent bien remplir des Youtubes. Ca ne limite absolument pas ni la quantité, ni la pertinence d’un million de ressources, de sites, de gens, de contenus qu’on peut trouver en ligne.

10 MON TEMPS EST PRÉCIEUX.

Et mon backlog de livres, BD, jeux et films et musiques en attente ne va pas se liquider tout seul !

 

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Et je ne l’ai toujours pas commencé. TEMPS. PRECIEUX.

 

Poésie (tranche de vie)

 

Bonjour aujourd’hui j’ai écrit un poème alors voilà. C’est comme un NaNoWriMo de blog. Quantité > Qualité, tout ça. C’est un lifestyle.

Le titre c’est LE CHAUFFAGE COLLECTIF

 

J’ai demandé les clés et il n’y avait pas de chauffage.

J’ai demandé à un plombier et il m’a dit que c’était la chaudière collective.

J’ai demandé au syndic, et il m’a dit que c’était le chauffagiste.

J’ai demandé au chauffagiste, qui m’a dit qu’ils viendraient.

 

J’ai demandé au syndic pourquoi ils ne sont pas venus, mais ils étaient venus.

J’ai demandé au chauffagiste pourquoi ils n’avaient rien fait.

J’ai demandé à un plombier, qui devait avoir accès à la chaufferie.

J’ai demandé les clés au syndic, et on m’a dit de demander au chauffagiste.

J’ai demandé au chauffagiste, et on m’a dit de demander au syndic.

J’ai demandé au syndic, et on m’a dit de demander au chauffagiste.

 

J’ai demandé au plombier qui est venu, et il m’a dit qu’il ne toucherait rien.

J’ai demandé au chauffagiste de venir, parce que c’était obligatoire.

J’ai demandé à d’autres plombiers, mais aucun n’accepta.

J’ai demandé au syndic pourquoi je n’avais pas de chauffage en novembre.

 

Ils ont demandé à un chauffagiste de venir.

Et m’ont dit de faire venir un plombier.

 

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Les dix meilleurs disques de 2012 (ne souffre aucune contestation).

Toute la journée, j’écoute et je trie de la musique dans des tableaux Calc. Ça fait partie de mon boulot, autant en tant que fonctionnaire musical qu’en tant que bénévole dans une radio locale.

En deux ans, ça m’a permis d’écouter une quantité invraisemblable de merde, ou du moins de trucs qui ne m’intéressaient ni de près ni de loin. Et ça m’a collé pas mal de grosses claques musicales dans la gueule.

Ça vaut ce que ça vaut, mais si je devais impérativement ne retenir que dix albums sortis l’an dernier (du genre « choisis en dix sinon la Terre explose »), voilà ce que je choisirais sans doute*:

(ce n’est aucunement un classement, juste un empilement)

Claire Diterzi – Le Salon des Refusées

Carrément Valabe, même si c’est sorti on janvier dernier (on va pas chipoter). Rien qu’à cause des embrouilles qu’elle a eu pour faire l’album avec les vierges effarouchées de la Villa Medicis, et parce que Claire Diterzi est mon argument massue à ceux qui prétendent qu’on ne peut rien faire avec la langue française à part des chansons yéyé et des folk-song de bistro engagée contre le méchant patronat qui veut même pas légaliser la ganja. IL Y A DE LA PUTAIN DE VIOLE DE GAMBE DANS CET ALBUM.

Keith Kouna – du plaisir et des bombes

Petite bombe sortie à la fin de l’année dernière que j’ai trouvée par hasard sur mon disque sur (merci de retenir les cyber-chiens de la police des Internets, cet album est absolument introuvable en France, même en streaming legal, à moins d’accepter de payer une grosse taxe bancaire pour avoir acheté des mp3 de basse qualité en dollars. S’il était dispo sur Spotify, je l’aurais déjà écouté un million de fois.)
C’est de la chanson québéquoise, désabusée et puissante, avec un timbre unique. Je ne connais personne qui fasse la même chose que lui. Sa voix va vous énerver, mais moi j’aime bien.

King Charles – Love Blood

Quand je dis que c’est pas un classement trié, c’est surtout parce que si ça l’était, il faudrait que je place ce disque des kilomètres au-dessus de tout ce que j’ai entendu cette année. J’ai eu la chance de le voir en concert en Angleterre, ou il emmène son electropop de Dandy aux frontière de l’Afrobeat et du Hard Rock. J’ai jamais rien vu ni d’entendu d’aussi intense.

Depapepe – Acoustic & Dining (qui s’est battu à mort avec l’album du TSPO pour être là à sa place)

Deux Japonais, deux guitares, pas de paroles, et c’est super cool.

The Diablo Swing Orchestra – Pandora’s Piñata

)

J’ai eu la chance de découvrir ce groupe sur Jamendo, ou ils avaient eu le bon goût de mettre leur debut album il y a quelques années. Résultat, je suis devenu un fan hardcore, et j’ai quasiment day one buyé leur troisième et excellent album. Le style assez unique de ces suédois, c’est une sorte de Swing Metal hallucinant, qui emprunte autant au Jazz des big band qu’à Black Sabbath. Chant féminin, mais garanti sans poupée habillé en meringue qui fait des vocalises.

Grimes – Visions

La encore, coup de pot, j’ai pu la voir en concert. C’était extrêmement vachement bien. Claire Boucher a beau avoir un nom à la con, elle est pétrie de talent. Voir cette meuf qui fait 20 kilos tout mouillé manier je ne sais combien de consoles de mixage en même temps, chanter et faire le show devant 6000 anglais bourré, c’était priceless. Là-encore, vois énervante mais je vous merde.

Random Recipe – Fold It ! Mold It !

Encore des canadiens… Ca doit être le truc le plus mainstream de la liste (j’ai découvert ça sur le Mouv, c’est pas non plus le dernier Shy’m, m’enfin). Quelque part entre la pop, la beatbox et le n’importe quoi généralisé. C’est pas très produit, un peu crado, mais j’y reviens sans cesse.

The Hives – lex Hives

MEILLEUR PUTAIN DE CONCERT DE 2012  (si vous voulez jouer à Où est Zali, je suis dans la foule dans la vidéo)

The Inpector Cluzo – The 2 Mousquetaires

Une sale réputation me précède : je n’aimerais pas les gens qui viennent du Sud. c’est totalement faux. J’ai un très bon ami qui vit au sud de la Loire. Que ça soit très clair, je n’ai un problème qu’avec un seul endroit dans le sud, et cet endroit s’appelle Marseille. Et je blâme plus le jeu que le joueur. Je suis sûr que séparés à la naissance de cet enfer à ciel ouvert, les gens de Marseille… Bref, tout ça pour dire que je n’ai aucun problème avec le Sud (je l’ai même épousé, ok ?)
The Inspector Cluzo vient de ces contrées exotiques (Lou Moun). Et je serais même près à aller les voir en concert dans le 1-3 tellement je les aime.
Meilleur clip du millénaire, aussi.

Anti-flag – The General Strike

PARCE QUE JE SUIS ÉNERVÉ CONTRE LA SOCIÉTÉ ET QUE J’AI ENVIE DE CRIER MA RAGE CONTRE LE CAPITALISME QUI HUILE LES ROUAGES DE LA FINANCE AVEC LE SANG DES PROLÉTAIRES PUTAIN.

(Et si j’ai droit à quelques fichiers sonores en plus sans que la Terre explose , tout ce qu’a fait Lemon Demon ces derniers mois.)

Commentaires : Le Canada est sur-représenté.. 3 Canadiens et 2 suédois. Je dois être influencé par la neige. Et j’ai viré un autre groupe suédois de la liste, en plus. Aucun album de rap, signe que je deviens vieux, sans doute, ou que je retourne à l’adolescence (d’où un album de punk). Ceci dit, j’ai quand même entendu quelques excellents disques de rap dans l’année, mais rien ne méritant d’être emporté sur une île déserte (avec tout mon respect pour Azealia Banks, mais une carrière bâtie autour de trois chansons et demie, même excellentes, c’est sans doute un peu faible).

Bonus : Les déceptions de l’année

Le Klub des Loosers – 2è album dont je me souviens plus du titre, sans doute un rapport avec des vagins : je vais replacer ma blague préférée « super album d’électro, dommage que Fuzzati rappe dessus ».
Garbage – Blood for Poppies : Nous nous sommes tant aimés. Après un certain nombre d’écoutes, il s’avère que Blood for Poppies n’est pas si mauvais que ça, mais pas terrible non plus.
The Joy Formidable – The wolf chaispasquoi : Mon amour du premier album est à la mesure de mon absolue indifférence pour le second (mais là encore, un truc à voir en concert absolument.)
Caravan Palace : Oui, ils ont sorti un album en 2012. Il a fallu que j’écrive ce billet pour m’en souvenir.
C2C : A peu près aussi oubliable dans une sono que mémorable sur scène.

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* Je précise que je me retrouve toujours un peu con quand on me demande quel style musical j’aime bien (une fille m’a un jour reproché vertement de ne pas avoir de réponse toute faite). Les gens aiment bien les cases, mais en ce qui me concerne, le jeudi c’est power metal et le dimanche c’est chanson française à texte. Je suis un pansexuel musical.