Quelques considérations sur les DLC de Fallout New Vegas.

Considération N°1 : si ça ne vous intéresse pas et que vous ne voulez pas de spoiler, ou que vous vous en foutez de Fallout New Vegas, prenez la baise extérieure. Sinon, bah vous pouvez écouter des chansons de la fin du monde.

Considération N°2 : Tout le DLC existant sur Terre devrait ressembler, au minimum, au plus mauvais DLC de Fallout New Vegas (gâchis : Honest Hearts).

Considération  N°3 : Néanmoins, bien que chaque DLC soit au minimum pas mal (ils offrent tous plus d’heure de jeu qu’un FPS blockbuster moyen, ils sont tous plutôt bien écrits, et apportent tous un plus par rapport au jeu à la vanille), c’est comme si chacun d’entre eux avait un défaut super chiant, et différent du DLC précédent. Dans l’ordre : Dead Money a un combat final complètement nul (et buggé, mais c’est Fallout, hein, on ne relève même plus), Honest Hearts sous-exploite complètement son personnage principal, Old World Blues est aussi vaste que globalement chiant (VA LA CHERCHE UN TRUC REVIENS REPARS RECHERCHE UN TRUC REPARS REVIENS HURRR) et Lonesome Road est un couloir assez pénible à traverser qui n’a absolument aucun autre intérêt que son écriture géniale.

Considération N°3-bis : Par contre, chacun a un truc complètement immanquable. Dead Money a une ambiance et des personnages extraordinaires (même Elijah, si on oublie le combat final). Honest Hearts est vraiment très beau et apporte des perks de compagnons originaux, Old World Blues est extrêmement drôle (comme j’avais pas ri depuis longtemps dans un jeu vidéo), Lonesome Road présente tout simplement une des confrontations les mieux écrites de toute l’histoire du jeu vidéo.

Considération N°4 : un DLC ne devrait jamais, mais alors jamais être un bout du jeu originel retiré pour faire du fric (SUP EZIO CHAPITRES 11 12 13, SUP COURTIER DE L’OMBRE, PUTAIN). Ici, c’est le cas. Ne pas faire les DLC n’enlève strictement rien au jeu originel, les faire apportent énormément sur le BG des personnages, sur certain points de la trame de fond, voir sur le bestiaire (après tout, on sait tous depuis 15 ans d’ou viennent les supermutants, alors que ces putains de Cazadores, hein ?).

c_est_la_fin_du_monde_demo.mp3

Considération N°5 : Ces DLC, à de très rares passages près (brouillard de Dead Money, Zerg Rush des tunneliers vers la fin de Lonesome Road…), sont trop faciles. Ou plutôt : ils font monter beaucoup trop vite le compteur d’XP. Les faire trop tôt dans le jeu transforme rapidos le joueur en monstre immortel bardé d’armes qui peuvent tuer n’importe qui en dix secondes. C’est limite un peu étrange de défourailler des nids de deathclaw en cinq seconde sans utiliser le VATS.

Considération N°6 : Ce qui fait tenir Fallout, et qui le rend tellement plus intéressant qu’un Eldershit, c’est définitivement son écriture et son univers. Très concrètement, SI FALLOUT EST BIEN, C’EST PARCE QUE CE QU’ON Y FAIT A DE VRAIES CONSEQUENCES SUR L’INTRIGUE -parce que sinon, autant dire qu’il a exactement les mêmes défauts que tout les RPG occidentaux : des Fetch quest, et des promenades-.

Considération N°7 : La variété des possibilités offertes pour finir les DLC est immense. Le travail d’écriture derrière est absolument monumental, encore plus que dans la vanille. Je m’explique. Dans le jeu de base, si 5 fins très différentes étaient offertes, avec moult manières d’y parvenir, globalement, la fin impliquait de faire toujours à peu près la même chose (Nellis, la BoS, etc.). Par contre, certain des DLC de New Vegas proposent des résolutions extrêmement différentes les unes des autres qui leur offriraient presque ce qui est impensable dans plus de 83% du DLC existant sur Terre : de la rejouabilité. C’est surtout particulièrement frappant pour Dead Money et pour Old World Blues. La trame est là, bien présente, mais le DLC de New Vegas arrive à produire ce qu’extrêmement peu de jeux sont parvenus à instiller à un joueur : la sensation de décider de quelque chose.

Considération N°8 : Globalement, les jeux occidentaux se “vantent” d’avoir pour singularité par rapport aux JRPG de proposer des mondes ouverts, une liberté d’action et, si j’ose dire, l’effacement des programmeurs devant les possibilités offertes par l’univers. Mais, de même que le côté plus écrit et plus dirigiste des JRPg se transforme souvent en visite bavarde sur rails emmerdants, le RPG US finit souvent par proposer une expérience abyssale de vide qui se résume à une expérience à la fois interchangeable et clonée d’un joueur à l’autre. Bref, l’illusion peine à prendre, parce que le joueur est mal, voir pas intégré au plan des scénaristes. Fallout New Vegas (contrairement à son médiocre prédécesseur) arrive à faire prendre conscience au joueur qu’il a une place dans le monde, et que cette place peut être au choix petite (finalement, si on choisit le side House/Legion/NCR, on ne reste qu’un courrier, un peu mercenaire) ou grande (le Yes-Man…). Les DLC poussent encore plus loin cette expérience, en offrant une expérience individualisée intense et peu dirigiste (je parle des dialogues et des choix, pas des tunnels…) au joueur.


(ce n’est pas un intrus)

Considération N°9 : La seule vraie question qui demeure (moins maintenant qu’il y a une version ultimate machin, m’enfin…) c’est “suis-je prêt à payer  4×10€ pour du bon DLC, et donc 4-5×4 heures de jeu ?”. Bon, pour ma part je dirais que c’est toujours mieux que payer 800 points microsoft pour qu’Ezio Auditore fasse un tour de deltaplane, mais c’est un vrai enjeu économique, et chasipasquoi, oh et puis merde j’ai plus rien à ajouter sur le DLC de New vegas, si ce n’est que OH PUTAIN C4ETAIT TELLEMENT MIEUX QUE OPERATION ANCHORAGE PUTAIN PUTAIN CUL BITE COUILLE !!!!!!1!!!!111~

Considération Bonus : Patrouiller dans le Mojave ça donne parfois envie qu’ils déclenchent un bel hiver nucléaire.

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Communication Politique : Peut mieux faire, Cher Leader.

Nicolas, mon bon Nicolas, tu as un sacré problème de Docteurquitourne. Tu devrais sans doute t’inspirer de Borgen, la série dans laquelle le premier ministre sortant (expulsé par une sorte de Bayrou en Jupons), un libéral comme toi, se fait virer après avoir bêtement tapé dans la caisse pour faire plaisir à son épouse attardée. Cette série montre l’avantage d’avoir un bon communiquant quand on est un politique un peu à la ramasse.

Manifestement, ce n’est pas ton cas. Tu as volé un slogan a Giscard (oui, oui, le président-accordéoniste de la françafrique reconverti en pervers-pépère touchant sa petite plume rabougrie sur une hypothétique liaison avec une princesse morte), et tu as posé, mal détouré, devant une image de la Mer bordant un pays malade que ton gouvernement contribue à achever à coup de pieds dans le flanc. Il n’y manque que le yacht de Bolloré pour que le fiasco soit complet. Et puis voilà, la France Morte, La France Molle, la Francfort, tout ça tout ça.

Sérieusement, ça craint. Nicolas, le Think Tank CNS, dont je suis l’unique membre parce que le reste de l’Humanité n’y sera jamais invitée a quelques solutions pour toi. D’autres solutions s’offraient à toi. En voici 10, parce que je suis particulièrement sympa et que je bosse gratos pour les causes perdues .

#10 : La proximité avec les élus locaux et les gens en même temps. Sarkozy, le candidat démerde.

333 francs cfa mille heures sous un logiciel de dessin vectoriel de la nasa.

Avantages : N’a pas du coûter très cher , police type Cheezburger Network qui plaira aux geeks, soutenu par plein de gens en même temps, adresse en.com qui suggère que tu es une entreprise et ça fait très sérieux.
Inconvénients : Message peu clair, soutenu par le Pété lol, Les couleurs évoquent un peu un drapeau de république bananière.

#9 :  Sarkozy, ça rime avec Sexy et Fais moi mal Johnny.

Avantages : un côté Suave, un remède à la crise, le drapeau français et les cheveux blonds susceptibles de ramener l’électorat d’extrême-droite.
Inconvénients : Un peu pupute, soutenu par le Pépé lol, programme économique à préciser.

#8 VOTE POUR MOI OU TREPASSE, SARKOZY OVERLORD 2012.

 Avantages : Inspire la crainte, relancer l’économie par une Bonne Guerre, personne ne lit vraiment le cyrillique.
Inconvénients : Peut choquer ces tapettes de démocrates, Fillon n’est pas très en valeur sur cette photo, l’Ours Stoner en bas de l’affiche.

#7 Un président Vintage, Le Président qu’il faut à la Vieille France.

 

Avantages : Un côté rétro très MadMen, le mot “intrépide”, les mots soulignés clarifient le message.
Inconvénients : Passerait mieux en Impact ou en Comic Sans, le mot Jamais va effrayer les centristes, qu’est-ce que c’est que cette cravate ?

#6 : Les référendums c’est super cool, Sarkozy, le bibiscite tous les jours comme si vous étiez vraiment en Suisse !

Avantages : Limpide, Les référendums sont assez trendy, un mode d’emploi est fourni, pas de fausse promesse.
Inconvénients : Le ministère de l’Intérieur n’est pas super populaire, un chouilla autoritaire, un peu égocentrique, confusion sur le candidat-président

#5 : Sarkozy Roi des Rois d’Afrique, Five More Years !

Avantages : Des tas de slogans partout : trouvez celui qui vous plaît, les oreilles d’âne c’est potache et sympa, un côté Fat Albert dans les proportions de la photo.
Inconvénients : On se croirait sur BFM Business, un président ne peut pas porter de casquette, UDPS = UDF+PS ?

 #4 : Votez Sarkozy, c’est la meilleure façon de vous débarasser de Sarkozy !

Avantages : Peut fonctionner sur un malentendu, un côté Guy Môquet, 3 francs c’est pas cher
Inconvénients : Peut inquiéter les plus frileux, pas à l’abri d’un retour des char russes, qualité d’impression laissant un peu à désirer.

#3 : Seul Sarkozy peut mener le peuple à la révolution !

Avantages : Couleurs qui peuvent attirer un électorat girly, la modestie dans la taille du nom du candidat, le Name Dropping.
Inconvénients : Un peu catégorique, pas assez centré sur les problèmes de la France, la porte de Versailles c’est vachement bourgeois quand même.

#2 : Pittura Infamante

Avantages : Art populaire italien médiéval pour faire plaisir à Carla, la présence d’un démon attirera l’attention des rôlistes, perspective renversante.
Inconvénients : La graphie laisse à désirer, le blason n’est pas spécialement républicain, un style un peu désuet. 

#1 : C’est dans les vieux pots qu’on apprend à faire la grimace. Sarkozy’s Endeless 8 2012.

Avantages : Ça a déjà fonctionné, le fonds windows 95 plus rassurant que la mer Egée, un beau message d’espoir.
Inconvénients : Old, Ensemble tout devient poussif/posthume/pénible, le nuage a droite de sa tête ressemble un peu à un zizi éthéré.

Il est encore temps de changer de graphiste, Nicolas. On s’appelle et on se fait une bouffe.

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Le Confriterie de l’Acieï : un plan pour la paix en Syrie.

Par Zali L. Falcam, bac+5 en Prix Nobel de la Paix, Université de Stockholm*.

Inutile de faire de grands moulinets liminaires, en Syrie, c’est une sacrée tempête de merde. Un dictateur à moustache, comme dans les films des années 80, martyrise son peuple avec une brutalité qui ferait passer Satan et Nyarlathotep pour Casimir et Hippolyte. La communauté internationale est impuissante à trouver une solution, bien que diverses possibilités s’offrent à elle (lancer de BHL, invocation d’Eons, reformer la Horde d’Or et la lancer à l’assaut de la Syrie)
Or, dans le même temps, l’Europe se noie dans les pires difficultés économiques à cause de broutilles spéculatives et de finances publiques gérées comme un mélange de Sim City et d’un kit du petit chimiste. Les petits pays, comme le Portugal ou la Belgique, ne peuvent s’en sortir que par un bon coup de fouet économique (aka une bonne guerre).
Et enfin, nous n’avons jamais été aussi proche de la singularité technologique (ou de la fin du monde, mais je suis un transhumaniste des plus optimiste). Il nous reste juste un ou deux détails à régler, comme le stockage de l’énergie via des Bobines de Tesla, ou l’immortalité via des Bobines de Tesla, ou n’importe quel autre problème pouvant être résolu par des Bobines de Tesla.

FUTUR

Une seule conclusion s’impose DONC pour rétablir l’ordre dans cette bonne vieille Syrie : il est temps pour le Royaume de Belgique de renverser Bachar El Assad.

GUERRE BELGO-TYRANOSYRIENNE : L4ARGUMENTAIRE

Bien. Qu’est-ce que la Syrie ? Essentiellement un gros tas de désert, avec quelques villes au milieu. La plupart des Syriens (au moins 99,5%) interrogés nous déclarent “je préfère être riche et heureux en ville que pauvre et malade dans le désert”. En gros, toute la merdouille à droite de la carte ne sert strictement à rien à l’immense majorité des Syriens. Au pire, disons que le peu de pétrole qu’ils ont sera bientôt crâmé, et qu’à ce moment là, ce gros tas de sable, hors côte et Euphrate, ne servira plus à rien.
Ensuite, qu’est-ce que l’armée Syrienne ? Pas grand chose au regard d’une armée moderne et flamboyante équipée par Thalès et compagnie-vous-méritez-bien-d’la-France-monsieur-Falcam. Si j’en crois la Bible Universelle et Incontestable du Savoir, l’armée Syrienne est essentiellement composée de vieux chars pourris des années 60 achetés à Bakou (lol), de pick-ups moisis, de quelques milliers de combattants mal payés et moyennement motivés, d’une poignée de corvettes et d’avions rétrofuturistes typés art-déco dont je ne parierais pas sur la capacité à décoller. OUAIS BON, PAS GRAND CHOSE QUOI. Surtout à une époque ou la technologie est tellement poussée qu’elle rend tout Zerg Rush impossible : vingt tas de bois à roulette ne compenseront jamais la puissance majestueuse d’un Eurofighter-monsieur-Falcam-vous-êtes-un-Socialtraître.

L’Armée Belge, quand à elle, peut compter sur la foi immense d’un peuple en son Roy, sur environ 40 000 bonshommes actifs, et sur la conviction que 3000 ou 4000 réservistes c’est bien assez pour garder ce pays qui n’a aucune chance d’être envahi par la plupart de ses voisins, et où les terroristes ne se pressent pas de venir faire sauter les baraques à frittes. L’armée de terre est moderne, équipée de fourgonnettes Iveco et de Pistolets Americains. L’armée de l’air est pleine d’avions pointus avec marqués “US AIR FORCE SUCE MA BITE” dessus, comme des Starfighters ou des F16, ce qui me semble mieux que les tuyaux à hélice de l’oncle Bachar. La marine laisse un peu à désirer avec ses dix navires, dont à peine trois destinés au combat, mais mon plan implique de toutes façons de passer par la Terre (j’ai fait plein de jeux de stratégie dans ma vie : les combats avec des bateaux, c’est toujours foireux).
Si toutes les forces de la Belgique étaient jetées dans une guerre totale pour renverser le dictateur, il serait envoyé aux quatre vents en moins de temps qu’il n’en faut pour dire “Hazwee“. En avant, donc, mort au tyran et vive le Roy.

Il va de soi que la vocation de la Belgique n’est pas d’occuper un territoire composé de plein de communautés différentes, ou d’administrer des villes mal foutues, regardez comment ils s’en sortent avec trois communautés et Charleroi pour comprendre mon propos. De toutes façons, laissons Damas aux Syriens, cette ville est quasiment entièrement composée d’éclats d’obus et vieux taxis (pareil pour Homs, Alep, et tout ces machins). Par contre, plutôt que de choisir de sottement monnayer en termes bêtement financiers cette histoire de libération de l’oppression, la Belgique pourrait négocier l’annexion à sa couronne de toute l’immense région désertique pour y installer l’une ou l’autre de ces fameuses communautés qui n’arrivent pas à vivre ensemble (l’heureux élu le serait par la méthode du petit papier dans un chapeau, dite Méthode Saint-Falcam).
Pourquoi, me direz-vous ?

Souvenez-vous du paragraphe précédent, ou de celui d’avant, ou je parlais de singularité technologique. Une immense armée, quelques très bons scientifiques embarqués, une communauté opérationnelle (les Belges ont d’excellentes universités, pas vrai ?). Un peu d’irrigation pour les champs de Houblon, le Tigre est là pour ça, un peu de patates pour les frites (ça pousse partout ces machins là), une grosse barricade électrifiée, et HOP, on a une communauté autonome qui ne demande plus qu’à vivre son utopie belgo-technologique. Pendant ce temps, la partie urbanisée de la Syrie peut vivre dans la joie de la social-démocratie, La communauté restant en Belgique n’a plus aucun problème de cohabitation et peut relancer son économie en se reconstruisant une armée ex-nihilo.

DONC BON

* Ils sont décernés à Oslo, n’est-ce pas ?

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83% des français pensent que Claude Guéant a accidentellement son cerveau (histoire vraie).

Je n’ai rien écrit pendant des mois parce que j’avais pas envie.*

Les déclarations de notre vigoureux ministre des Chaussettes à Clous et du Banania(tm) n’ont qu’un seul et unique défaut : en voulant trop explicitement s’en prendre aux plus bruns d’entre nous (arabes, turcs, perses, grands brûlés, etc.)**, il oublie un peu de préciser ce qu’il entend par ce mot merveilleux de Civilisation. Le rétropédalage foireux tenté par les plus timorés du Patri Unique pour expliquer de manière pudique que le mon monsieur G. visait en réalités des systèmes politiques (arabes), des moments d’histoire (arabe) ou des doctrines sociales (musulamanes) ne peut dissimuler cette vérité accrochée comme un pou de bon sens dans les cheveux sales des fact-checkers communistes : c’est bien de Civilisation qu’il parlait. Il l’a dit et redit, arrêtez de l’emmerder, il est fier, il est beau, il est grand, et surtout c’est un monsieur très triste et très vieux qui va bientôt perdre son travail, et il ne faut pas contrarier les personnes isolées et vieilles et tristes, sinon après ça fait de la maltraitance et des faits divers.

Si j’en crois le sociologue Sid Meier, récemment revenu sur ses positions dans un ouvrage controversé, une civilisation se distingue par une religion, diverses réglettes sociales, une unité militaire unique, des merveilles du monde, et un dirigeant immortel marqué par deux traits de personnalité et une tendance à déclarer la guerre quand on fonde une ville près de ses frontières. La définition ne manque pas de brio, mais à mon sens elle manque de quantification. Comme le dirait mon bon ami Karnath, la seule raison d’être des scientifiques est de décrire et de classer chaque objet selon des échelles de valeur (srsmt, à quoi bon, sinon ? Pour inventer des Ipads, y’a du monde, mais dès qu’il s’agit de faire des trucs cools comme des Robots Géants ou une machine à transformer le CO² en nourriture d’astronaute, y’a plus personne).

Je n’ai pas d’idée particulière pour classer les civilisations en fonction de critères incontestables. A mon avis, les critères politiques sont absurdes (trop instable, trop aléatoire, trop indexé sur le coût des matières premières), les critères sociaux sont trop relatifs (passer neuf heures d’affilée devant un écran à tenter de serrer de la cyber-goth sur Adopte un Mec vous semble une victoire sociale par rapport à vos ancêtres ? Ils dansaient le jazz dans des caves en baisant des poulettes, messieurs, et même en foirant leur jeunesse, ils pouvaient finir cadres à la samaritaine). Il reste donc les deux seules armes dont le chercheur moderne et rigoureux est doté : le google fight et le nombre de caractère de la page Wikipedia. Il est évident que si personne ne parle de vous sur le seul moteur de recherche existant encore (Bing est un complot du gouvernement pour vous égarer, et les autres sont probablement des manipulations gauchistes chantres de l’Internet décentralisé***).

Wikipedia définit 8 groupes de civilisation. Je propose donc de les faire s’affronter avec la métholodolgie suivante :

Round 1 : Google Fight
Round 2 : Match de Caractères
Round 3 : Au besoin, décision arbitrale.

GROUPE 1 du CHAMPIONAT DE CIVILISATION  : AMERIQUE.

Oh l'mec !

Match 1 : Civilisations Nord Américaines (représentés par les Inuits) vs Civilisation Mesoamericaines (représentés par les Olmèques).

Round 1 : Google Fight !
Avec 96 000 réponses contre 77 000, Les Inuits terrassent leurs adversaires !
Round 2 :Match de Caractères
103 000 caractères sur la page Wiki des Inuits, contre 24 000 pour les Olmèques.

Vainqueur : Les Inuits (en même temps, c’est bien normal, les Inuits ont leur propre Etat, et ces cons d’Olmèques sont déjà tous morts !).

L'art Inuit regarde ton âme la nuit, et la mange.

Match 2 : Civilisations Andines (Incas) Contre Civilisations Sud Américaines (Kayapos). Je plains ces derniers.

Round1 : Les Incas étrillent les Kayapos ! C’est Super efficace (un million de références contre 2 700).

Round 2 : Aïe ! Moins d’une demi-page de texte pour les Kayapos, qui déclarent forfait dès le début de la deuxième mi-temps. Fallait construire plus de pyramides au lieu de pleurnicher contre les barrages, les mecs !

FINALE Américaine : Incas contre Inuits !

Cette fois ci, ce sera aux Inuits de s’incliner face à la puissance Inca en Round 1 ! Ceci dit, la page des Inuits étant plus longue, c’est à l’arbitre de déclarer quelle civilisation sera la meilleure.

ET CE SERONT LES INUITS  ! Les Incas ont été tués par des microbes et par deux cent espagnols en slip. Certes, le destin de chômeur-fumeur de hache-poivront des eskimos n’est pas fameux, mais eux au moins, ils sont dans le Zeitgeist !

Civilisation garantie sans NT1 !

J’ai une flemme absolument dantesque de procéder aux matchs suivants sur les groupes Europe méditerranéenne, Europe Barbare, Afrique, Proche Orient, Asie Continentale, extrême orient et Asie Méridionale.

Mais maintenant que vous avez la méthodo, n’hésitez pas à continuer cet indispensable classement moral du développement humain.

* Explication drôle à insérer ici.

** Ou aux français de souches, je ne sais pas. Que penser d’une civilisation ayant enfanté Nadine Morano ? In b4 civilisation lorraine, je bote en touche.

*** La chose qui menace le plus la civilisation telle que nous la connaissons étant un Internet libre et déconcentré.

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Ju-Jitsu, Zombies et Extincteurs.

Tout est mieux avec des afros.

Replaçons le contexte dans lequel j’ai vu “Tokyo Zombie (.hdtv.taz.copiedesauvegarde)”. J’étais en formation (j’ai un vrai travail en dehors du Lancer de Galaxie du Dentifrice), dans les brumes de Dunkerque, dans une froide et impersonnelle chambre de résidence étudiante, sur un lit dur avec des couvertures qui grattent avec toute la tuyauterie du bâtiment glougloutant jour et nuit au dessus. N’ayant ni internet ni tenue de rechange et pour tout jeu vidéo que le seul et affreux Dissidia 012, j’ai décidé de regarder un film de zombies underground sur Monsieur Awesome mon EeePc chéri et ses 9″ d’écran. Tout était donc réuni pour que je passe un moment aussi intense qu’une nuit de noce multipliée par le Grand Soir.

Tout l'humour japonais dans une coquille de noix

Assez étrangement, j’ai beaucoup aimé ce film, tiré d’un vague seinen parodique qui a d’ailleurs du paraître en France, et après tout pourquoi pas, on publie vraiment n’importe quoi. Cependant, il faut directement tordre le cou à vos attentes délirantes : malgré son synopsis (deux chômeurs assassins se battent contre des zombies ressuscités par le mélange chimique d’une montagne d’ordure), Tokyo Zombie n’est pas une sorte de Japanese Shaun Of The Dead, mais un film humoristique sur le Ju-Jitsu, et c’est curieusement à peu près tout. Tout le reste n’est qu’un enrobage un peu vain de gags poussifs où, il est vrai, pointent de temps à autre quelques zombies (mais ça pourrait être à peu près n’importe quoi d’autre tant le fond du propos n’a strictement rien à voir avec un film de morts-vivants).

Ceci est un Zombie.

ceci est également un zombie. Très D-I-Y. Passons.

Donc. Au coeur de Tokyo a poussé une montagne d’ordure, le Black Fuji, déchetterie à ciel ouvert née de la négligence des Tokyoïdes qui jettent tout et n’importe quoi, surtout des cadavres. Le film ayant un propos et une subtilité limités, la blague des gens jetant des cadavres dans le Black Fuji est infligée quatre ou cinq fois dans le premier quart d’heure.
Fujio (coupe afro) et Mitsuo (faux crâne chauve le plus mal fait de l’histoire du cinéma) sont employés dans une usine d’extincteurs, mais ne travaillent jamais, préférant s’initier à la nobre et virile pratique du Ju-jitsu dont Mitsuo se proclame grand maître. En fait de Ju-Jitsu, il s’agit plutôt d’une étrange lutte homo-érotique poussive filmée en silence et longuement. Humour japonais-desu. Se faisant engueuler une fois de trop par leur chef, ils le tuent à coup d’extincteurs et partent l’enterrer dans le Black Fuji. Oui, Tokyo Zombie ne prend pas spécialement de gants et ne s’embarrasse d’aucune fioriture narrative. De toutes façons, après quelques péripéties classiques de film de zombie rigolol (morsure-penis), le film oublie complètement cet axe pour prendre une toute autre direction : Mitsuo, persuadé qu’il est mourant (en fait, il a la chiasse ou un truc du genre) dit à Fujio de gagner la Russie “le pays des vrais hommes et des arts-maritaux” pour s’endurcir. Puis, bien entendu, il se fait mordre par un zombie. On en est à peu près à un tiers du film, le reste étant une sorte de shônen bizarre post-apocalyptique entre Tank Girl et Mad Max 3. Tout ceci est entrecoupé de gags extrêmement étranges, lents et pince-sans-rire sur la pédophilie (le sujet a l’air de beaucoup amuser les réalisateurs, et toujours avec un goût excellent), le cancer et les boissons gazeuses, occasion rêvée pour un petit coup de placement de produit.

"HUM C'EST BON LE CALPIS ET EN PLUS C'EST PAS CHER, HUMMMM C'EST BON REGARDE L'ETIQUETTE PENDANT PLUS DE QUINZE SECONDES EN PLAN SERRE MIAM MIAM GLOU GLOU"

La deuxième partie du film se passe 5 ans plus tard : Tokyo a été engloutie par les zombies, à l’exception d’un quartier huppé protégé par un grand mur, où “les riches” (jouées par de vieilles putes, un homosexuel et un handicapé) organisent des combats à mort entre des zombies et des pauvres. Grâce à sa maîtrise du Ju-Jitsu homo-érotique, Fujio est devenu Fujio-Pon, le champion de l’arène faîte en tôle de récup. Hélas, il est tellement fort que les combats ne durent que quelques secondes, ce qui mécontente fortement le public. Bien entendu, l’adversaire suprême de Fujio sera Mitsuo qui, même sous forme de zombie (spoiler : en vrai, c’est toujours un humain oh mon dieu je suis tellement badass de vous gâcher Tokyo Zombie) a gardé ses compétences en Ju-Jitsu (oui parce que dans Tokyo Zombie, les Zombies sont capable de faire des prises d’arts martiaux. Mais ils ne courent pas). Tout ceci sur fond de révolution prolétaire effroyablement indolente, où cette micro-soiété s’effondre avec trois pétards et deux allumettes (et une bande de motards spécialisés dans le placement de produit éhonté). A la fin, après quelques pantalonnades placées un peu n’importe comment et dans n’importe quel ordre (sans oublier quelques blagues franchement homophobes qui sonnent assez curieusement tant le cinquantième degré finit par être illisible), Fujio, sa femme et sa fille (j’ai oublié de les mentionner, tellement de charisme négatif) se barrent sur une moto tunée vers la Russie tant promise avec sa neige, sa virilité et ses champions de Ju-Jitsu. Fin d’une heure quarante du film de zombie le moins consacré aux zombies jamais.

Bisou ?

La question qui me taraude est : qu’est-ce que j’ai bien pu aimer là-dedans ? Le jeu d’acteur, pas complètement à la ramasse, n’est pas non plus formidable (ça varie du correct au “JE SUIS UN FIGURANT COMIQUE DANS UN FILM A PETIT BUDGET JAPONAIS LOOOOOOOL”), la réalisation est carrément à la rue et les effets spéciaux laissent à penser que leur responsable confond le sang et la sauce aux airelles à la bouillie de pixels. Absolument rien d’autre n’est objectivement bien dans ce film, à part une chanson de fin extrêmement épique. Pourtant, rien à dire, ça marche et sa se regarde d’une traite, sans jamais s’emmerder.

Les effets spéciaux sentent bon la pâte à modeler et Windows Movie Maker.

Au départ, je me disais que c’était sans doute du au fait que j’étais naze et que la débilité (à tous les sens du terme) du propos convenait bien à mon état d’esprit. Deux semaines plus tard, je me dis que c’est autre chose qui m’a plu dans ce film.
Tokyo Zombie est un film qui réussit à ne parler de rien de manière ridiculement cocasse. Il n’y a jamais aucun enjeu, où plutôt ces enjeux sont hiérarchisés de manière complètement aléatoire (La maîtrise du Ju-Jitsu s’avérant mille fois plus importante que le fait d’éclater le crâne de son patron), et il en va de même pour tous les éléments du film. L’invasion de Zombies elle-même semble n’intéresser ni les habitants de la ville, ni les héros, ni le réalisateur, capable de passer par contre plusieurs minutes en plan-séquence à faire déclamer un texte pas drôle du tout à Mitsuo pour dire qu’il a un cancer généralisé (ce qui s’avérera faux quelques secondes plus tard). Tout est à l’avenant : Tokyo Zombie est un film ou dès que l’ennui pointe le bout de son nez, le réalisateur nous mets le nez dans une nouvelle bizarrerie, un nouveau tableau de guingois ou une nouvelle blague sur un type qui joue au golf avec la tête de sa mère. Le temps qu’on se demande où le type veut en venir, on est déjà ailleurs, en train de se demander si la prochaine scène sera queer, kitsch, incompréhensible ou “spectaculaire” (comprenez : avec des maquettes en mousse qui explosent).

Lors de la non-spectaculaire attaque finale contre la ville des riches, les motards n'oublieront pas de demander où les riches cachent tout ce bon Calpis, hummm c'est bon le calpis ça rend accro !

Bien sûr, Tokyo Zombie est un tout petit film. Mais un tout petit film tellement étrange et différent de tout ce qu’on pourrait en attendre, et pétri d’un mauvais goût si complètement assumé qu’il en devient relativement sympatique. C’est un objet bancal qui ne va nulle part et se cogne aux murs en faisant “Boing boing”. Je ne sais pas pour vous, mais moi, je pourrais regarder ça toute la journée 1H40 En divx faut pas déconner quand même.

Ceci était un message de la Fédération Japonaise de Ju-Jitsu

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Les 99 problèmes de la musique française #2 : Le rappeur dans la Zermi

[introduction, photos de petits tamanoirs en train de faire des trucs mignons].
L’Auteur de cet article aime le rap est est pénétré par la streetcred de plusieurs départements comme le 57, le 54, le 44, le 41, le 78, et le numéro complémentaire, le 75 (11è arrondissement. Si vous croisez un quartier plein de bourgeois-bohèmes, d’indiens et de crêperies cacher, vous êtes sans doute pas loin de mon ancien appart).

Le Rappeur dans la Zermi

Né dans le deux-trois, on m'a pas laissé le choix, je suis né dans le deux-trois, et dans les rues d'Aubusson, faut garder ton blouson

Il n’a pas toujours été comme ça. Rejetons des tristes années 80, le RdZ naît dans l’ombre des tours de la Défense, dans les ordures du Quartier Nord de Marseille, ou dans va savoir ce qu’ils peuvent bien avoir comme banlieue pourrie à Lyon. Issu de grande-parents primo-arrivants, vivant dans des HLM insalubres avec une famille nombreuse avec pour toute perspective le MacDo, les cours de Skate-graffiti de la MJC et une certaine forme de racisme mou, le RdZ n’a pas eu une enfance formidable. Dans les ruines de son collège, il comprend (peut-être un peu plus vite que les autres) que seules trois ou quatre choses peuvent le sortir d’un destin de vendeur de hachis ou de franchisé de boutique de téléphone : les internats d’excellence (mais il n’est pas spécialement excellent), le foot professionnel (mais il a deux pieds gauche), un coup de bol, ou le rap.
Parce que le Rap, ça, il grandit dedans. Tout le temps. Dans la stéréo de la bagnole tunée du connard d’en bas. Dans les mauvaises émissions des années 90. Dans les radios de jeunes que si tu les écoutes pas, on te pète la gueule à la récré.
Peu travailleur (sinon, il aurait rejoint les internats d’excellence pour faire partie des 5% d’administrateurs du lumpenproletariat en étant issu), il ne va pas jusqu’à se forger une solide culture du rap et du hip-hop en général. Il comprend que c’est la soupe qui remplit l’estomac, alors il écoute de la soupe. Il s’imprègne de soupe, il devient lui-même de la soupe.
Pourquoi avoir un bon DJ quand on peut avoir une boîte à Poum-Poum-Tchac ? Pourquoi s’intéresser à des courants musicaux novateurs quand on a MTV ? Pourquoi s’emmerder à avoir une partie chantée et un groupe en béton quand on peut sampler n’importe quoi n’importe comment ? Pourquoi écrire de bonnes paroles quand les majors préfèrent promouvoir les rimes en -er et les phrases toutes faites du genre “Issu du même tissu social de la galère”. Alors Le Rappeur dans la Zermi fait ce que le système attend de lui : de la merde qui ressemble à du mauvais rap américain, sauf que le mauvais rap américain il a le mérite de se faire dans l’enfer urbain des ghettis* de Chicago, ce qui a un peu plus de crédibilité que “La Cité des Pâquerettes de Fleurin-sur-Yvette”.
Dans les années 2000, malgré l’attitude “Jsuis une racaille tavu”, le costume à l’avenant, les progrès de l’autotune et plusieurs chansons qui constatent avec des termes appuyés que les membres de la maréchaussée ont une certaine tendance à pratiquer le coït avec leurs génitrices, le succès ne prend pas. Le RdZ vivotte en vendant ses CD-R 5€ sur les marchés de Clichy, au milieu de centaines d’autres RdZ qui vendent leurs CD-R 5€. Cependant, le destin va brutalement lui sourire.
Après une soirée “putes et farines”, la direction d’une radio de pastiche de rap et quelques producteurs paniqués de voir que les maxi-compiles de l’été ne se vendent plus décident d’aller pêcher quelques nouvelles racailles de dancefloor. Ils descendent dans une MJC piochée au hasard dans un chapeau et cochent un peu pour rigoler quelques noms sur une liste de pseudonymes rigolos comme Afroman AutentiK, DJ Toxik ou MC Pousse-0-Crim : ils seront les stars de l’année sur la Radio N°1 chez les jeunes, avec ventes de galettes à la clé, et concerts juteux, d’autant plus qu’une publicité totalement gratuite leur sera assurée par le Ministère de l’Intérieur et des associations qui estiment que quand même les Gros Mots ça suffit maintenant. Notre RdZ se retrouve brutalement “Nouveau Phénomène du Hip-Hop français” et se met en quelques semaines à avoir plein de pognon en continuant pourtant à faire de la merde. Mais il l’avait pressenti : la merde est un bon tremplin pour en sortir (de la merde. Vous suivez ? Je reprend).
Tout s’enchaîne assez vite : nouvelles versions d’Autotune, nouveaux textes écrits par des tâcherons employés dans les CM1-CM2 par des producteurs aux abois, concerts de plus en plus juteux et interviews ou les propos embrouillés de notre rappeur qui n’a pas été préparé à ce qu’on lui pose la moindre question essayent tant bien que mal de faire passer quelques messages conscients (Les injustices ça me rend pas content, le respect c’est cool tavu ?).
Tout fonctionne bien pour le RdZ. Sa prose remplit les ondes comme  la chair à saucisse remplit un chien obèse, des sommes d’argent arrivent plutôt régulièrement sur un compte en banque qu’il vide mal (comme tous les nouveaux riches) en produits chers et inutiles, là ou chaque financier durable sait qu’il convient d’investir à long terme sur des produits rapportant 1 ou 2% par an mais non victimes de spéculations, comme l’avoine ou le froment. Rien de grave ne peut lui arriver, à part un désamour brutal du rap (il ne sait faire que ça) qui lui couperait les vivres en attente d’un revival.
Mais le soir, au fond de son lit, en serrant une grognasse vedette d’un jour d’un clip de R’n'B d’une part et un nounours rose d’autre part, il ne peut s’empêcher de pleurer, quand il sait que jamais il ne sera cité dans un magasine sérieux pour cadres moyens comme les Inrocks dans un article sur les rappeurs intelligents, sur ces fils d’immigrés qui ont réussi, ou sur le retour d’un hip-hop jazzy-festif-conscient. A jamais, il restera ce type concon dont le seul apport à l’histoire de l’art sera d’avoir enfoncé le clou hélas trop présent dans l’esprit de la plupart des gens que le rap, a fortiori françoué, c’est de la merde et c’est pour ça que je le dis haut et fort pour toi lectorat, le Rappeur dans la Zermi est Nuisible à la Musique Française.

Quelques exemples : 113, Sexxion d’Assaut, Nessbeal, Booba, Sefyu…

Alignement : Neutre Strict, en bon druide regardant le monde autour de lui sans jamais y apporter la moindre modification, se laissant bercer par le flot de l’ordre établi.

Notre prochaine leçon se portera sur la figure tragique de la Chanteuse à Prénom.

*Vous réalisez maintenant que ghetto au pluriel a un formidable potentiel.

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Les 99 problèmes de la musique française. #1 Les vieux connards

Les intros, c’est nul. C’est terriblement liminaire.Vous n’avez pas besoin de savoir que j’aime la musique francophone, ni que je suis maso. Vous n’avez pas besoin de savoir que mon travail me donne une science immense qui écrase la votre en matière de musique hexagonale PENIS PENIS PENIS.

Bien, ceci étant, la musique française (j’ai pas dit francophone, remarquez bien), c’est de la merde en barre de croûte. Comme 99% des choses, d’ailleurs. A propos de 99, à mon sens, il y a au moins 99 problèmes cruciaux qui empêchent la musique française d’être leader mondial à la place de Justin Bieber, des Black Eyed Peas et de tous ces hipsters londoniens de merde qui font des ballades ironiques avec de la reverbe.
Il va de soi que je ne traiterait pas l’ensemble du problème, ça serait extrêmement ambitieux et fatiguant. Je n’aime pas non plus les transitions

Problème N°1 : Le Vieux Connard

Je coeur Hadopi

Age : Plus de 60
Situation professionnelle : pété de thune
Signe distinctif : Se prétend presque toujours de gauche, est toujours de droite.
Profil : Le Vieux Connard, VC pour les intimes a commencé à chanter quelque part autour des barricades de 68. Alors adolescent, dans une période où tout était possible, il a, par le hasard d’une rencontre dans un cercle hippie, rencontré un impresario et un parolier (en général Etienne Roda-Gil) et enregistré une galette, comme un million d’autres tâcherons par mois. Coup de pot, Le VC, qui était encore un Jeune Hippie, tape dans l’oeil de l’ORTF, de Léon Zitrone et de Salut les Copains. En quelques disques et quelques reprises de succès rock/folk américain, le VC devient une superstar. Il se marie avec une pop star, crée des associations, et expérimente la drogue et les cols pelle-à-tarte dans les années 70. Ses concerts son pleins, il remplit des stades, parfois, même, on reprend quelques unes de ses chansons à l’étranger.
Puis arrivent les années 80, celles du fric facile, du disco puis de la dance. Des grandes radios périphériques, le Vieux Connard se met à passer sur Chérie FM, puis sur Nostalgie. Dans ses concerts, on ne danse plus : le cheveux grisonne, puis disparaît. Des chanteurs plus jeunes et plus beaux reprennent ses succès vieux de vingt ans. On apprend ses textes en cours de musique, entre deux séances de tortures à la flûte à bec. Le Vieux Connard s’aigrit.
Dans les années 2000, la sortie d’un nouvel album du Vieux Connard mêle dans les esprits des critiques indifférence et vague respect. Il ne fait plus la une des magazines, et pour sa promotion doit se contenter de Ruquier, Stephane Bern et Télé 7 Jours. Les ventes, comme celles de tout le monde, s’effritent. Ce n’est même plus la musique des parents, mais celle des grands-parents. Dans les esprits, le flou commence à apparaître : il est mort ou il est vivant, celui-là ? On ne sait plus. De Nostalgie, le VC glisse doucement vers France Bleu et Radio Vatican. Alors, réaction naturelle de post hippie devenu millionnaire libéral, le chanteur populaire devient un beau jour un Vieux Connard. Plus personne ne l’invite ? Qu’à cela ne tienne, il co-animera un radio-crochet sur M6. Son avis sur le téléchargement ? On était quand même pas si mal que ça en quarante. Les jeunes de maintenant ? Ils n’ont plus de rêve, ils ne font que regarder du porno sur les réseaux sociaux. Les jeunes artistes ? Aucun talent à cause des ordinateurs (sauf ceux avec qui il fait encore des duos poussifs). Sarkozy ? Les journalistes le caricaturent beaucoup vous savez et d’ailleurs il m’a remis la Légion d’Honneur.
Le Vieux Connard, qui précède de peu le connard mort, assis sur ses millions et ses problèmes d’impôts ne soutien qu’une cause à part celle du fric et de la Major pour qui il est en service commandé : celle des Enfoirés, le spactacle misérabilisto-catonpâte ou il ira pousser la chansonnette avec des nains et des sportifs au profit d’une association pour laquelle il ne donnera jamais un de ses sous enterrés dans une banque d’affaire des Samoa Américaines. Pas plus qu’il ne donnera ses avances sur droits d’auteur pour son livre d’entretien consensuel sur sa vie de merde rédigé par un tâcheron stagiaire d’une boîte à imprimer de la merde.
Parfois, le Vieux Connard peut s’essayer au théâtre ou au cinéma, voire à la littérature, mais je préfère ne pas en parler, ça fait pleurer le petit Jésus.
Le Vieux Connard est nuisible à la musique.
Quelques vieux connards célèbres : Maxime Le Forestier, Pierre Perret, Michel Sardou, Julien Clerc, Michel Jonasz, Hugues Aufray…
Alignement D&D, Putain : Loyal Mauvais.

La prochaine fois pour notre seconde leçon, nous parlerons du Rappeur dans la Zermi.

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